Klb
30 Août 2004
Kinshasa — Contrairement aux années précédentes, le Mouvement du 17 mai (M17) a choisi le Carrefour des jeunes à Matonge pour commémorer, samedi dernier, le 6è anniversaire de la Résistance de la population kinoise contre l'agression. L'occasion a été donnée au patron de ce parti, Augustin Kikukama Binsamba, d'effectuer pour ainsi dire sa rentrée politique, après plusieurs mois de silence.
Devant une foule compacte des membres de son parti venus de toutes les communes de la capitale, le secrétaire général du M17 a pris le micro pour adresser le message de son parti à l'occasion de ce qu'il est convenu d'appeler "les trois glorieuses journées" des 26, 27 et 28 août 1998. Journées historiques durant lesquelles la population de Kinshasa en général, et du district de Tshangu en particulier s'était mobilisée comme un seul homme faisant preuve d'un patriotisme suprême et d'une résistance avérée et sans précédent pour neutraliser les agresseurs.
Les faiblesses d'un accord
Après avoir rappelé les péripéties de la victoire de la population sur ses agresseurs, le N°1 du M17 s'est ensuite appesanti sur les sujets brûlants d'actualité pour réfléchir à haute voix et exprimer la position de son parti face à l'un ou l'autre sujet. Il en est ainsi de la question sensible de la nationalité, dont le projet de loi est en discussion à l'assemblée nationale. Pour le M17, seule un parlement élu par le peuple est habilité à traiter de cette question. Le contraire est une pure distraction qui risque d'être source d'autres malheurs pour le pays.
Il y a aussi le projet de loi d'amnistie sur lequel le patron du M17 s'est prononcé, estimant que les gens qui ont commis les crimes de toutes sortes ne doivent pas rester impunis.
Sur la suspension de la participation du RCD aux institutions de la transition, décidée par Azarias Ruberwa, le M17 considère que les attitudes et les agissements de l'ex-mouvement rebelle de Goma prouvent à suffisance les limites et les faiblesses de l'Acoord Global et inclusif, lesquelles ont des conséquences directes sur la transition, prévient Kikukama.
Selon le secrétaire général du M17, ces faiblesses se manifestent notamment par le fait que cet accord ne prévoit pas des pistes de sortie lorsqu'une composante suspend sa participation ou se retire des institutions de la transition.
Le Mouvement du 17 mai estime que ces faiblesses constituent un élément de taille souvent exploité par le Rwanda en vue de porter un frein au processus en cours dans notre pays. Tel a été le cas dans l'affaire major Kasongo pour laquelle le RCD avait menacé de suspendre sa participation aux institutions de la république, a rappelé Augustin Kikukama pour qui le processus en cours dans notre pays issu de l'accord de Sun City n'est pas une panacée en soit mais un moyen qui doit conduire le peuple congolais vers les élections. Car, a expliqué le patron du M17 à ses militants, le plus important aujourd'hui n'est nullement le fait de vouloir sauver la transition, mais plutôt la République démocratique du Congo, "notre chère patrie". Au peuple d'être vigilant, a conclu le chef du M17, non sans avoir rappelé des mots chers à Laurent-Désiré Kabila: "mettre le peuple au premier plan; ne jamais trahir la RDC; la patrie ou la mort".
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