Augustin Kouyo (envoyé spécial à Yamoussoukro)
31 Août 2004
Le président Gbagbo a achevé ses vacances à Yamoussoukro par une visite sur le chantier de construction de la Maison des députés, dimanche dernier. Arrivé sur les lieux aux environs de 19 heures, le président Gbagbo a reçu un accueil chaleureux de la part des ouvriers ivoiriens et chinois qui, avertis à l'avance de cette visite, étaient rangés dans une discipline parfaite, arborant chacun leur casque de travail.
Après les avoir salués, le Président s'est directement rendu sur le chantier proprement dit. En empruntant des escaliers de fortune, toute la délégation présidentielle composée du service de sécurité dirigé par le colonel Ahouman, du conseiller spécial Voho Sahi, du chef de cabinet Kouyo Téa Narcisse et du gouverneur du District de Yamoussoukro, N'Dri Apollinaire, s'est retrouvée sur une plate-forme où s'entremêlent fer à béton et tuyaux de toutes sortes. Un peu plus loin, l'espace est morcelé en des blocs rectangulaires. Les responsables chinois expliquent au Président qu'il s'agit de futures chambres du premier étage de l'immeuble qui comptera cinq étages. Tout le monde comprend que les choses évoluent assez vite. Le président Gbagbo est visiblement heureux. "Je ne vais pas revenir ici avant deux mois, même si je viens à Yamoussoukro", apprend-il aux responsables du chantier. C'est qu'il souhaite ardemment qu'à sa prochaine visite, l'immeuble ait véritablement pris forme.
Retour à l'entrée principale du chantier où les ouvriers ivoiriens attendent sagement dans un ordre parfait. Deux d'entre eux avancent vers le Président. "Monsieur le Président, commence l'un d'eux qui se désigne comme porte-parole, vous avez toujours tenu parole ; vous nous avez confié à nos frères chinois. Ils s'occupent normalement de nous". Rappelant l'adage chinois qui dit qu'il vaut mieux apprendre à pêcher à un enfant plutôt que de lui donner du poisson, il dira ceci : "Effectivement, ils nous apprennent à pêcher; au sortir de ce chantier, tout le monde ici présent pourra se débrouiller dans la vie". Avant de conclure en ces termes : "Les mots nous manquent pour vous dire merci, Monsieur le Président".
Répondant à ces propos, le Président a tenu d'abord à remercier les Chinois. "Je compte sur eux", a-t-il dit. Il rappellera, ensuite, que toute la politique de coopération entre la Côte d'Ivoire et la Chine a été décidée lors de la visite qu'il a entreprise en Chine en avril 2002. "Ils sont venus, ils sont en train de faire le travail", constate-t-il avec une pointe de fierté.
Le Président Gbagbo indiquera, par la suite, qu'il compte déployer tous les moyens pour que, malgré la crise, les jeunes Ivoiriens apprennent un métier et trouvent un emploi. C'est pourquoi il n'a pas du tout aimé les agitations qui ont failli paralyser le chantier il y a quelque temps et qui sont le fait des ouvriers ivoiriens. "Ce n'est pas le moment de venir faire des palabres avec les Chinois ; ça ne m'a pas plu. Si je disais que j'ai été content, je vous mentirais", a-t-il indiqué. Le président Gbagbo expliquera aux ouvriers ivoiriens qu'ils ont la chance d'apprendre aux côtés des Chinois. Il leur demandera donc de se contenter d'apprendre parce que, plus tard, ils seront demandés partout où d'autres chantiers seront ouverts après la guerre. "Après la crise, il y aura beaucoup de boulot, beaucoup de constructions à faire et à refaire ; vous qui avez déjà appris le métier, c'est de vous qu'on aura besoin sur tous les chantiers", a-t-il conseillé.
Avant de se retirer, le président Gbagbo a remis la somme de trois millions de francs aux ouvriers ivoiriens, à la grande joie de ces derniers. Ce qui donne à penser qu'ils ont également bien pigé les conseils du Président.
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