Aline GroËme
30 Août 2004
Port Louis — Beyond Borders. C'est au-delà des frontières que la troisième édition de l'International Writers' Conference a décidé d'aller. Un cap atteint non sans remous, pour remettre en question le rôle des auteurs dans la société contemporaine.
L'événement, organisé par la Mauritian Writers' Association et présidé par Shakuntala Hawoldar, frappait fort dès l'ouverture. Invité à faire le discours principal, Mohamed Vayid devait critiquer l'intervention armée des États-Unis et la Grande-Bretagne en Irak. Réaction immédiate dans l'assistance : le Dr Marjorie Harrison, Public affairs officer à l'ambassade des Etats-Unis et David Snoxell, le Haut commissaire britannique, devaient quitter la salle du conseil de la mairie de Port-Louis.
Sollicitée pour une réaction, la chargée des relations publiques à l'ambassade américaine devait déclarer : "J'étais venue pour assister à un événement littéraire, pas à un discours politique." Face à l'incident, Shakuntala Hawoldar devait dire, "Vous avez vu un exemple de démocratie. Les ambassadeurs forment partie d'un système, alors que l'association est apolitique. Notre tribune était ouverte aux auteurs pas seulement ceux qui écrivent de la fiction. Il est donc sain qu'ils expriment leur opinion. Nos parrains -dont ces deux ambassades- ont toujours été généreux. Ils ont eux-mêmes choisit de se faire représenter par des auteurs qui ne font pas partie de l'establishment, à l'instar de Julia Darling qui refuse d'être sous l'oeil critique et impérieux des tendances londoniennes et qui cherche sa propre voie. Les auteurs ne sont pas asservis au temps. Les ambassadeurs vont et viennent."
Sollicitée pour une réaction, la chargée des relations publiques à l'ambassade américaine devait déclarer : "J'étais venue pour assister à un événement littéraire, pas à un discours politique." Face à l'incident, Shakuntala Hawoldar devait dire, "Vous avez vu un exemple de démocratie. Les ambassadeurs forment partie d'un système, alors que l'association est apolitique. Notre tribune était ouverte aux auteurs pas seulement ceux qui écrivent de la fiction. Il est donc sain qu'ils expriment leur opinion. Nos parrains -dont ces deux ambassades- ont toujours été généreux. Ils ont eux-mêmes choisit de se faire représenter par des auteurs qui ne font pas partie de l'establishment, à l'instar de Julia Darling qui refuse d'être sous l'oeil critique et impérieux des tendances londoniennes et qui cherche sa propre voie. Les auteurs ne sont pas asservis au temps. Les ambassadeurs vont et viennent."
Lancement d'un nouveau projet
Par ailleurs, Ahmad Sulliman, le directeur des Éditions Le Printemps, devait annoncer la création du Le Printemps Award, prix annuel qui récompensera la meilleure pièce de théâtre en anglais. L'heureux gagnant devra faire parti de l'un des 14 pays de la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC). Ce prix dont la première édition sera en 2004-2005, s'élève à Rs 100 000.
Des intervenants venus de l'Inde, d'Afrique du Sud, de Grande Bretagne et de Maurice entre autres, ont pris part aux échanges durant les trois jours de conférence. Trois jours à crier, à murmurer, à dire que l'écriture est une arme contre l'indifférence, un moyen de déployer ses ailes, de se délivrer des chaînes de la modernité et de la banalité de l'existence.
La quatrième édition de l'International Writers' Conference est prévue à Londres vers avril - mai 2005. " Encore une fois, nous aborderons le multiculturalisme", devait indiquer Shakuntala Hawoldar. "Nous aurons la chance de vivre des expériences d'écrivains de langue anglaise vivant en Amérique du Sud, au Sénégal et au Burundi. La francophonie et l'anglophilie sont deux concepts morts. Elles ont été tuées par le processus d'américanisation de la culture. Tous les types d'écrits ont leur place à Maurice, peut importe de quel "phone" ils sont."
AMBIANCE
Atmosphère : Intello in petto
Une salle de conseil en rouge et bois. Espace feutré où cerveaux et plumes ont chauffé et se sont frottés les uns aux autres trois jours durant, provoquant étincelles et réactions.
Et puis, arrive le moment où les écrivains se lâchent, enlèvent discrètement leurs chaussures. Plus que quelques minutes et imperceptiblement, ils s'assoupissent. La main qui notait il y a quelques instants encore, une phrase, une pensée suscitée par l'intervenant au micro, s'arrête d'écrire. Elle devient lourde, comme une mouche qui se serait pris les pattes dans du sirop.
Les paupières luttent contre une chape de plomb. Sans pitié, elle s'abat sur l'auditoire, terrassée par la voix monocorde qui ne veut plus lâcher le micro. Clin d'oeil complice entre « Madam Chair » et une « fidèle » dans l'auditoire. Ce regard signifie, « Oui je sais, il a dépassé le temps de parole. Encore quelques minutes et je lui coupe le sifflet. »
On s'abîme dans la contemplation du lustre de la salle de conseil. Sans bruit, le portable de l'un des intervenants attendant patiemment son tour, sonne. Il répond avec grimaces et haussements d'épaules, tout en consultant ostensiblement sa montre.
Dans l'assistance, les carnets de notes se remplissent de spirales, de petits dessins qui ne ressemblent à rien. Ils auraient fait le bonheur d'un oeil freudien. Pour les nôtres, ils traduisent tout bonnement l'ennui. Celui qui se cache derrière l'air pénétré qu'il est de circonstance d'afficher.
On cherche une position plus confortable sur la banquette. On y croise ses jambes à la façon d'un fakir, histoire de jeter un sort à ces intervenants à qui l'on voudrait dire qu'il faudrait alimenter le débat avec autre chose qu'une longue énumération. La liste, qui cherche à impressionner l'auditeur avec la masse de connaissance, finit par assommer. Heureusement que « Madam Chair » a la grâce de trouver que c'est un « mélange édifiant de la perspective scientifique et de la sensibilité littéraire. »
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2004 L'Express. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.