Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: RENAPI : l'ADGA a chassé l'ADG de son bureau depuis mai 2003 dans l'indifférence totale de la tutelle

Tshiaba

31 Août 2004


Kinshasa — L'Administrateur directeur général de la RENAPI ( Régie nationale d'approvisionnement et d'imprimerie) a été chassé de son bureau de travail par son Administrateur directeur général adjoint avec l'aide d'un groupe de syndicalistes de son obédience, indique au Phare M. Martin Ngualo, sous-directeur de l'Audit, qui évoque un conflit opposant les deux hommes.

A la base de ce conflit, il souligne que l'ADG de la Renapi a constaté, lors de sa nomination, qu'il y avait trop de fournisseurs à payer à travers la caisse de cette régie. Il a alors demandé au service d'audit-maison de certifier toutes ces dettes avant de les payer. Ce fut chose faite.

L'incroyable est alors arrivé. En effet, le rapport d'audit indique que l'ADGA, naguère président du comité de gestion provisoire, s'était compromis dans plusieurs dossiers des fournisseurs. Notamment en surfacturant plusieurs achats effectués par lui-même.

Fort logiquement, l'ADG a décidé de payer seulement les créances réelles. C'est-à-dire les dettes certifiées par le service d'audit. Et c'est là que les Romains s'empoignèrent. Car, selon notre interlocuteur, ainsi mis à nu, l'ADGA, par ailleurs ancien de la Renapi, aurait convaincu une partie du personnel de chasser son titulaire sans autre forme de procès. C'était au mois de mai 2003.

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Quinze mois après, le 27 août 2004, l'infortuné ADG a décidé de reprendre du service sur insistance de certains agents et syndicalistes. Mais c'était sans compter avec la hargne de l'ADGA dont les troupes ont à nouveau voulu le chasser. Il s'en est alors suivi une bagarre rangée entre les deux groupes. Car, à ce jour, les 9 syndicats présents à la Renapi restent divisés entre les deux plus hauts responsables. Cela devant une indifférence totale de la tutelle gouvernementale. Cette dernière était composée en mai 2003 par les ministères des Finances et Budget et du Portefeuille qui n'ont jamais réagi devant cette situation insolite.

Aujourd'hui, les agents de la Renapi qui veulent rester dans la légalité accusent la nouvelle tutelle du ministère du Budget de rester indifférente devant ce conflit qui foule aux pieds la loi de 1978 qui régit les entreprises publiques, l'Accord Global et Inclusif, la Constitution de transition qui régissent le portefeuille de l'État durant cette période d'apprentissage de la démocratie. Au gouvernement de transition de prendre les mesures qui s'imposent pour remettre l'ordre dans cette entreprise qui va à la dérive . Car, personne,quel qu'il soit, n'est au-dessus des lois.

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