Donat Suffo
1 Septembre 2004
Malgré l'interdiction des manifestations par le préfet de la Mezam ce lundi 30 août, Fru Ndi et ses militants étaient au rendez-vous à Liberty square.
«Si justice n'est pas rendue à partir du meurtre de John Nkonteh, alors je déclare la guerre au Cameroun ». John Fru Ndi leader du Sdf a crevé le micro au très mythique Liberty square lundi dernier, 30 août 2004. Il est environ 11h 15min, malgré l'interdiction de toute manifestation à Bamenda par le préfet Sandji Robertson Tado de la Mezam. Le chairman du principal parti de l'opposition camerounaise a ainsi bravé les interdits du chef de terre, lus sur les antennes de la Crtv Bamenda depuis samedi 28 août. Pour John Fru Ndi, ce n'est pas un hasard si les autorités ont pris la décision d'interdire la manifestation de ce jour. « Elles ont constaté elles-mêmes votre sortie massive vendredi dernier dans ces rues; afin de décrier la tyrannie de Doh » dit-il au public. Il ne fait aucun doute, reconnaît le chairman, que, ces administrateurs sont à la recherche d'une quelconque nomination à des postes ministériels : d'où cet arrêté du chef de terre pour qui a affirme John Fru Ndi, « sa nomination à la préfecture de la Mezam est une compensation à la fraude électorale organisée par ce dernier à Furu Awa lors des élections couplées de Juin 2002 où il était sous préfet. »
Aux forces de l'ordre le leader du Sdf dira : « Je ne suis pas ici pour opposer une résistance aux gendarmes, ils ont été instruits pour m'empêcher de marcher ; je les comprends. Si jamais j'arrive au pouvoir demain, ils vont faire de même. Ils sont là pour exécuter des ordres ». Une déclaration qui a soulevé une valse d'ovation.
On aurait dû assister à un bras de fer entre le leader du parti du 26 mai 1990 et les forces du maintien de l'ordre. Heureusement comme l'a si bien remarqué Fru Ndi, celles-ci, ont acquis une maturité d'esprit depuis les années de braise. A contrario, Fru Ndi trouve paradoxal que certains jeunes bien encadrés par les forces de l'ordre « manifestent contre les marches de la Coalition » à Yaoundé alors que, pour une cause juste, l'informatisation du processus électoral, « ces mêmes éléments du maintien de l'ordre, empêchent des leaders de l'opposition de descendre dans les rues ». Cette sortie du chairman à Liberty square lundi dernier, loin d'être un bras de fer avec les autorités de la ville, était plutôt un rendez-vous accordé à ses militants depuis la manif du « vendredi noir ». Il promettait revenir à cet endroit ce jour annoncer la décision du Nec quant à la tournure que prendra les protestations suite à l'assassinat de John Nkonteh, président du district électoral de Balikumbat.
A ce sujet, le Nec est resté dans la logique du parti à savoir « l'arrestation du Fon de Balikumbat, responsable de l'assassinat de John Nkonteh ». En mettant fin aux marches initiées depuis une semaine à Bamenda, en vue de marquer leur désapprobation face à ce meurtre, un de trop, le leader du Sdf a laissé entendre que le combat va se poursuivre sur le plan politique et principalement à Yaoundé, siège des institutions. Son président de district électoral étant décédé parce qu'il se battait pour une société libre et véritablement démocratique où la transparence électorale devrait être la règle, Fru Ndi a observé que cette transparence passe nécessairement par l'informatisation du processus électoral au Cameroun. Ce que la Coalition revendique depuis un certain temps. Il a rassuré ses militants sur la détermination de la Cnrr à aller jusqu'au bout. Avant d'y arriver, il invite la population en âge de voter, à se faire inscrire sur les listes électorales.
Saisissant cette occasion, il a annoncé publiquement la tenue de la Convention extraordinaire d'investiture du candidat de son parti pour la présidentielle, le 11 Septembre prochain à Bamenda. C'est le moment pour « vous de choisir celui qui vous représentera au sein de la coalition dans l'optique de la désignation du candidat unique de l'opposition », a-t-il indiqué. Last but not the least, il a demandé à la population de collaborer avec les forces de l'ordre pour combattre le grand banditisme dans la province.
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