H. Hanachi
31 Août 2004
La Basilique était comble, sourde le jour de clôture du festival World de Tabarka. C'était attendu, prévu. Une soirée comme un signe de séparation entre l'été qui quitte et la rentrée qui montre le bout de son nez. Ambiance.
En première partie, le public était invité à découvrir le monde tzigane hongrois, la troupe, la New Trend Gypsy Band ne connaît pas le public tunisien, mais les Gypsy ont une idée ferme, à raison, c'est qu'ils mettent de l'ambiance même à un enterrement, et à Tabarka le public était plutôt à la fête.
Musiques tziganes au départ
Deux violons, une guitare, un piano, une percussion et les notes commencent à fuser et à se disperser dans l'atmosphère. Le groupe a joué des morceaux très connus, La Danse hongroise de Brahms, La danse du sabre, des danses du folklore hongrois (zardas) et un morceau que ceux qui ont fréquenté les boîtes ou restaurants tziganes connaissent : Alouette. Très entraînante, la musique des Gypsy a beaucoup séduit ceux qui ignoraient ses origines, ses arcanes, son implantation et ses quelques petits secrets.
Ceux qui ont fréquenté les compositions telles qu'Alouette et autres airs du monde tzigane hongrois en russe, ou encore ceux de Django Reinhardh (le groupe en a joué un morceau) ne pouvaient pas participer (par des encouragements). On a beaucoup regretté l'absence du cymbahum (un instrument essentiel) dans la musique tzigane. Pata Zoltan, le violoniste nous dit que la raison est «c'est lourd à transporter, avion ». Le groupe a réussi à transmettre l'âme de son peuple aux Tunisiens.
Les Magic Platters : une présence remarquable
Le grand spectacle de clôture était mené par le groupe Magic Platters, un quatuor américain mené par la chanteuse Ella Wood. Qui ne se souvient des légendaires Platters? Leur histoire est longue à reprendre, mais elle vaut la peine d'être relatée : leur premier enregistrement a fait le tour de la planète : Only you, un énorme succès et un hit mondial qui perdure.
Une nouvelle formation toujours des Platters (qui signifie «disque» en argot américain) sous la houlette de Buck Ram. En résumé, le nom Platters devient The Magic Platters et est assuré par le groupe venu à Tabarka. Don Mc Collum (voix solo), Robert Walker (chanteur) à la voix rocailleuse et d'un dynamisme hors norme, Jamel Lamar (voix et basse comme venue de l'Au-delà) et une présence sur scène remarquable. Ils ont chanté, incité le public à réagir, à se lever, à bouger, à gesticuler, à se remuer, à s'éclater sur des standards archi-connus : The great Pretender, Sex Machine, When a man
La nostalgie reste une carte payante et gagnante.
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