Chaker Belhadj
1 Septembre 2004
Après ce que le monde de la natation a vécu comme surprises, émotions, révélations et records durant les huit journées de compétition où toutes les parties ont retenu leur souffle aussi bien durant les éliminatoires, demi-finales ou finales, on peut affirmer aujourd'hui que le podium olympique est de plus en plus difficile à atteindre d'une olympiade à une autre en comparaison avec les autres sports inscrits au programme olympique.
En natation, les cinq continents : américain, l'Océanie, principalement l'Australie, l'Asie avec le Japon et la Chine, l'Europe et les individualités africaines évoluant aux USA sont bien compétitifs à l'échelle olympique. 20 pays furent médaillés à Athènes contre 18 à Sydney, de nouvelles nations ont conquis pour la première fois de leur histoire un podium olympique; il s'agit du Zimbabwe : 1 or, 1 argent et 1 bronze pour Kirsty Coventry, de la Croatie avec la médaille d'argent de Draganja sur 50m NL et du nageur du Trinidad et Tobago Bovell médaille de bronze sur 200m 4 nages. Ce trio, comme Oussama Mellouli, étudie et se prépare dans les universités américaines depuis 2 ou 3 ans avec la seule différence que leur préparation a été menée aux USA jusqu'à la veille des JO avant de rejoindre, avec leur encadrement américain, Athènes une dizaine de jours avant le coup d'envoi des JO.
Le système universitaire américain produit un grand nombre de médailles olympiques
La natation américaine a une fois de plus maintenu sa suprématie malgré la jeunesse de son effectif en remportant 28 podiums et 12 titres olympiques. En plus de Michael Phelps qui, à lui seul, a remporté huit médailles dont cinq en or dans les épreuves individuelles et de relais, on a pu voir aussi les meilleurs nageurs universitaires américains qui participent annuellement aux Ncaa briller à Athènes à l'instar de Natalie Coughlin (5 médailles) , Peirsol (3 médailles d'or), Crocker et Hansen (3 médailles), Lochte (2 médailles) et Vendt le médaille d'argent du 400m 4nages.
Les 97 podiums olympiques décernés à Athènes sont revenus aux plus doués et mieux préparés mais également ceux dont l'encadrement n'a rien laissé au hasard depuis le démarrage de la préparation olympique en 2001, car à ce niveau là, ce sont souvent les détails qui font la différence entre médaillés, finalistes ou demi-finalistes.
On reviendra au millième de seconde pour départager les nageurs
A Sydney, on disait déjà qu'il sera bien difficile aux nageurs de faire mieux sur le plan chronométrique lors des prochaines olympiades surtout après l'intensification de la lutte contre le dopage menée aussi bien par la Fina que l'AMA , l'exemple du nageur tunisien Oussama Mellouli qu'on connaît bien est édifiant, quand on sait que depuis qu'il a accédé il y a une année à l'élite mondiale sur 400m 4nages, il a subi à Los Angeles où il est installé depuis deux saisons pas moins de cinq contrôles inopinés.
Malgré ces contrôles et les limites humaines, tous les podiums d'Athènes, à l'exception du 50 m NL dames, ont été acquis avec des performances supérieures et une concurrence encore plus soutenue, au point que l'accès aux podiums, finales et demi-finales dans certaines épreuves s'est fait avec une marge des plus réduites : 1, 2 ou 3 centièmes de seconde et il n'est pas exclu qu'un jour viendra où pour départager les uns et les autres, on aura recours de nouveau au millième de seconde.
Dans ce contexte que peut-on attendre des nageurs tunisiens aux Jeux olympiques ? Pas grand-chose avant l'installation de Oussama Mellouli à Los Angeles le 21 août 2002. Mais à compter de cette date les ambitions de ce sport sont devenues grandes et Oussama Mellouli n'a jamais été aussi proche du rêve, surtout après sa finale du 400m 4nages, il était capable de rééditer sa grande performance des finales universitaires en bassin de 25m dont la conversion en bassin olympique donne 4'12"21 et même mieux en tenant compte de la réduction du nombre des virages à effectuer en bassin de 50 m .Ce fut suffisant pour briguer un podium mais c'est son compagnon d'entraînement à Los Angeles Eric Vendt 2e en 4'11"81 qui, contre toute attente, revient de très loin pour prendre la place tant convoitée par Mellouli qui termine cinquième en 4'14"49, à plus de deux secondes du podium . Au terme de cette course, Mellouli s'explique : "Je n'arrive pas à retrouver toutes mes sensations des finales universitaires Ncaa 2004 ni celles des championnats de France 2003 où j'ai été en meilleure forme".
Sur 200m 4 nages et 1.500m NL, la réaction du nageur tunisien fut salutaire; même en l'absence de finales, il a réussi à améliorer comme sur 400m 4nages son record d'Afrique en 2'01"11 , se classant 9e a deux centièmes de seconde de la huitième place de finaliste. Une fois de plus, la chance lui a tourné le dos, même si ses ambitions dans cette épreuve se limitait a la finale olympique. Pour conclure son aventure olympique, Mellouli a participé à l'épreuve du 1.500m NL, il s'est classé premier de sa série et 14e sur 34 participants, réussissant à pulvériser le record de Tunisie d'un peu mois de 17 secondes en 15 18"98 .
Bien que satisfait de sa prestation, Oussama Mellouli dissimule mal sa déception, surtout en observant des tribunes la réussite de tous ses coéquipiers à Los Angeles et ses principaux adversaires américains ou étrangers aux championnats universitaires Ncaa.
La natation tunisienne a été également représentée à Athènes par un second nageur, Anouar Bennaceur, qui lui aussi a mené tout seul sa préparation à Tunis et surtout à Sarcelles. En plus, il fut informé trois semaines avant le coup d'envoi des JO de la confirmation de sa participation... Que demander de ce jeune dans ces conditions ? Il s'est contenté d'améliorer son meilleur temps 2004 sur 200m NL en 1'54"69 ( 50e sur 59 participants) tout en restant loin de son record personnel de 2003 (1'54"40).
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