La Presse (Tunis)

Tunisie: Enseignement supérieur - Rendement interne des établissements : cap sur la qualité

M.g.

1 Septembre 2004


Près de 250.000 étudiants régulièrement inscrits dans les établissements universitaires publics ont passé les examens de passage ou de fin d'études en juillet 2004.

172.684 candidats très exactement ont passé le cap des épreuves avec succès, ce qui correspond à un taux de réussite moyen de 69,19%, soit près de trois quarts de points de plus par rapport aux résultats enregistrés en juillet 2003 (68,41%).

A en juger par les données quantitatives rendues publiques par l'administration de tutelle, la palme revient aux étudiants en ingéniorat qui réalisent un record de réussite supérieur à 90%. Une performance somme toute prévisible, au regard du rigoureux écrémage des postulants à ce genre de filières aussi bien techniques que longues.

Les filières courtes, elles, ont enregistré en juillet 2004 un taux de réussite très conséquent (83,63%) confirmant de la sorte la motivation des étudiants orientés à ce genre de filières, en raison de la forte employabilité que celles-ci recèlent (voir pour plus de détails le tableau comparatif des résultats par spécialité et par filière).

Pour ce qui est des étudiants doctorants, le taux de réussite enregistré à ce niveau avancé d'études en juillet 2004 est estimé à 62,6%. Ce qui, en valeur absolue correspond à 2.381 étudiants parvenus à franchir l'ultime ligne d'arrivée des études universitaires.

Concernant les étudiants cartouchards, la moisson est nettement moins généreuse, en raison sans doute du statut bien particulier des candidats qui renouent avec les études universitaires suite à une longue période d'interruption ou qui sont plus simplement empêtrés dans les contraintes de la vie active, ce qui les rend moins disponibles.

Ils n'ont pas cependant tous démérité puisque le taux de réussite enregistré au sein de la population estudiantine des cartouchards a atteint 38,6%.

D'autre part, l'administration de tutelle a établi un palmarès, non encore rendu public, et qui établit un classement de l'ensemble des établissements universitaires du pays, en fonction du critère du taux de réussite des étudiants.

Mais chacun mesure les limites de ces données quantatives livrées en vrac, dès lors qu'elles ne sont pas accompagnées d'un regard analytique plus large, intégrant les autres paramètres à l'origine de ces résultats.

Or, c'est précisément dans cette optique qu'une commission nationale d'évaluation regroupant des professionnels, des gestionnaires et des experts est constituée au sein du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie.

Elle propose aux comités d'évaluation interne implantés dans les divers établissements universitaires de décrire, d'analyser et d'apprécier leurs rendements internes, autant quantitatifs que qualitatifs.

Une grille d'évaluation en cinq critères est élaborée et vise à modéliser le fonctionnement des institutions universitaires en mesurant l'employabilité des étudiants sortants et leur capacité à créer des entreprises, le rendement interne (taux de passage, de redoublement et de déperdition), l'innovation pédagogique, la production scientifique et le partenariat interne et international.

A partir du croisement de ces cinq paramètres, les établissements ayant choisi d'adhérer à cette opération d'évaluation facultative sont invités à rédiger un rapport d'une vingtaine de pages comprenant une partie descriptive, un volet analytique ainsi qu'un projet d'établissement fédérateur visant à améliorer leur rendement.

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Concrètement et selon les propres termes des responsables institutionnels chargés de piloter ce programme d'évaluation : «Il s'agit là de proposer un plan de développement de l'établissement, en vue d'améliorer ses performances par rapport à chacun des critères de l'évaluation et en premier lieu celui de l'insertion professionnelle des diplômés».

Le rapport en question doit par conséquent prospecter des pistes d'amélioration et indiquer la stratégie et les objectifs, les moyens à mettre en oeuvre qui relèvent de l'établissement et définir les ressources sollicitées afin d'atteindre ces objectifs.

De la sorte, la démarche d'évaluation retenue a fait clairement le choix de privilégier la dimension quantitative, sans pour autant négliger la qualité. Un recentrage qui est loin d'être anodin et dont étudiants, enseignants et entreprises finiront par récolter les dividendes.

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