Karim Mariami
1 Septembre 2004
La Chambre des représentants reprend demain ses activités, avant même l'ouverture officielle de la session, le deuxième vendredi du mois d'octobre, marquée tous les ans par la présidence de S.M le Roi.
Deux rendez-vous qui concernent la Royal Air Maroc (RAM), sont à l'ordre du jour de deux commissions parlementaires. Le premier, prévu aujourd'hui, a lieu au sein de la commission de l'intérieur, de la décentralisation et des infrastructures.
Les membres de la commission invitent le directeur général de la RAM, en présence du ministre de tutelle: (l'Equipement et les Transports) à une explication sur la situation générale de la compagnie aérienne publique, notamment à propos du conflit intervenu entre la direction et les pilotes et qui a donné lieu à une grève du 27 mai au 6 juin, et qui a occasionné une perte sèche d'au moins 15 millions de dirhams sans compter le coût en image et en dégradation du climat au sein de l'entreprise.
Cette explication avait été demandée par les représentants au lendemain du mouvement de grève et programmée une première fois pour le 5 juillet, avant son report sur demande du gouvernement, puisque M. Karim Ghaleb, le ministre de tutelle, ne pouvait pas assister à cette réunion tel que le prévoit la loi.
Pourquoi n'a-t-on pas pu éviter ce conflit coûteux pour la compagnie nationale? Qu'est-ce qui est à l'origine de ce bras de fer entre les pilotes et la direction? Quelle est la situation des rapports avec les salariés au sein de l'entreprise? Ce sont là quelques-unes des questions qui nécessitent des explications et qui ont tenu en haleine tous les observateurs pendant toute la durée du conflit.
Des questions et des problèmes qu'il faut d'autant plus résoudre que la RAM, en tant que compagnie nationale, évolue actuellement au sein d'un secteur d'activité en crise de plus en plus aiguë au niveau mondial, notamment depuis le tremblement de terre qu'a été le 11 septembre et qui a largement sinistré cette activité en provoquant des faillites en chaîne de compagnies aériennes de grande renommée internationale.
L'autre rendez-vous à l'ordre du jour de la Chambre des représentants et toujours au sujet de la RAM, est la réunion programmée pour le 14 septembre prochain au sein de la commission des finances et du développement économique.
Là encore, M. Mohamed Berrada est invité à présenter un rapport sur la gestion financière de la compagnie.
Une rencontre qui a pour toile de fond aussi les pertes suscitées par la grève des pilotes intervenue pendant la période de haute saison touristique qui constitue pour la compagnie un moment de grande activité et des ressources financières importantes, eu égard aux déficits que connaît l'activité du transport aérien et les temps difficiles pour l'ensemble des entreprises de ce secteur dans le monde.
La RAM est une entreprise qui présente des facettes quelque peu contradictoires.
D'une part, elle paraît avoir pu résister à la crise de 2001, avec le plan de redressement (le contrat-programme) adopté par le gouvernement à l'époque.
De l'autre, les prix pratiqués par le RAM et l'image de l'entreprise qui a continué à vivre sur le même train de vie d'avant septembre 2001, suscitent chez les observateurs une certaine inquiétude. Dans quelle mesure la compagnie nationale pourra-t-elle continuer à résister à la concurrence d'autant plus rude que les temps sont difficile pour tous les transporteurs?
N'y a-t-il pas risque de voir s'accentuer la crise à l'avenir si les différents problèmes que connaît la RAM ne sont pas posés et résolus aujourd'hui?
Les interrogations sont multiples et ont parfois été posées en des termes pas forcément rationnels. Et il serait opportun de les poser aujourd'hui, et de manière transparente, loin de la démagogie et des préoccupations corporatistes. Mais dans le sens de l'amélioration de la santé de la RAM.
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