Mahmoud Mamart
2 Septembre 2004
Alors que les spéculations vont bon train sur l'avenir immédiat du Front des forces socialistes que préside M. Hocine Aït Ahmed, pris en étau entre les partisans de l'ancien premier secrétaire national M. Ahmed Djeddaï et les inconditionnels du fondateur du FFS, le parti compte esquisser les «lignes directrices d'un projet social» comme réponse à la régression sociale en Algérie, et qui seront développées l'espace d'une conférence-débat qu'animera M. Mohand Amokrane Cherifi, l'un des conseillers de M. Aït Ahmed et expert auprès des organisations internationales, demain à la maison de jeunes Hassan Hassani de Bouzaréah (Alger).
Selon les informations fournies par le premier secrétaire par intérim M. Ali Laskri, M. Cherifi analysera les causes multiples des maux qui rongent le corps social en Algérie, tels le chômage, l'exclusion, le suicide, la criminalité, etc., en évoquant l'absence d'une politique économique et sociale ayant pour finalité le bien-être de tous les Algériens, selon ses dires. Etant coordinateur de l'Alliance mondiale des villes contre la pauvreté, un réseau international du programme des Nations unies pour le développement, le conférencier, selon le FFS, parlera des réformes sociales «hardies» à entreprendre, afin d'espérer un avenir meilleur. «Devant les difficultés quotidiennes croissantes des Algériens», un «diagnostic de la détérioration des conditions sociales de la population pour apporter les réponses appropriées pouvant constituer un projet social pour l'Algérie», souligne M. Laskri. Le FFS rappelle qu'il y a une année, Mohand Amokrane Cherifi, invité par le parti, avait exposé son expérience nationale et internationale dans le domaine de l'économie. «Après avoir dressé un constat de la situation, il a esquissé un projet de développement alternatif et rassembleur pour l'Algérie», ajoute également le texte du premier secrétaire par intérim du FFS.
Intervenant au moment où le parti vit une crise interne sans précédent, le FFS compte, par le biais de cette activité partisane, desserrer l'étau et laisser s'opérer la décantation à l'intérieur du parti, même si les questions qui «fâchent» ne peuvent indéfiniment être reportées. Ayant connu des dissidences périodiques qui ont affaibli le parti depuis l'ouverture démocratique issue des événements d'octobre 1988, une autre dissidence achèvera à coup sûr une formation politique atypique ayant formé l'essentiel de l'élite démocratique en Algérie. Fait révélateur de l'état de déliquescence atteint par le parti, des militants n'hésitent plus à s'en prendre à Aït Ahmed, accusé tantôt de sénilité politique, tantôt d'autoritaire et vivant loin des réalités algériennes. Des accusations que réfutent les partisans de Da L'ho, comme aimaient à l'appeler affectueusement les militants, en évoquant des tentatives de «normalisation» du parti par la grâce de certains cadres ayant réussi au fil des temps à opérer une véritable OPA sur les structures du parti.
D'après les adeptes d'une telle vision, la participation du FFS aux élections locales d'octobre 2002 n'est qu'un épisode de cette machination qui, à terme, viserait à offrir au pouvoir l'un des irréductibles partis d'opposition algériens. Cela dit, si certaines voix continuent à soutenir mordicus que le FFS, à l'instar des autres formations politiques nationales, subit à son tour les effets de l'onde de choc du 8 avril dernier, et de ce fait, ne pouvant échapper à la «normalisation autoritaire» en cours dans le pays et touchant divers secteurs politiques, économiques, médiatiques et autres, d'autres estiment, par contre, à l'instar de cadres en rupture de ban depuis belle lurette, que les maux du FFS ont commencé lorsqu'il s'était départi de sa ligne stratégique connue sous le fameux slogan «ni Etat policier ni république intégriste», cher au parti au début des années 90. Une voie remise en cause lors de la signature du contrat de Rome, lorsque le parti a réussi «l'exploit» de signer en même temps avec les adeptes de l'Etat policier et ceux de la république intégriste, résume un dissident.
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