Mohamed Ouanezar
2 Septembre 2004
Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Nouredine Yazid Zerhouni, a estimé que «l'Etat a introduit des mécanismes nouveaux dans la désignation et le mouvement des hauts commis de l'Etat, ainsi qu'au niveau de la gestion des collectivités locales».
Répondant aux questions des journalistes en marge de l'installation du nouveau wali d'Oran, le ministre de l'Intérieur n'a pas manqué de fustiger les élus locaux d'Oran, quant à leurs défaillances dans la gestion locale, notamment en ce qui concerne l'hygiène et la propreté publique dans la ville. «Je me souviens du temps où Oran était l'une des plus belles capitales du bassin méditerranéen», dira-t-il au sujet de l'état actuel de l'hygiène et la dégradation du cadre de vie dans la capitale de l'Ouest. «C'est honteux et c'est indigne pour une ville comme Oran», fustigera-t-il les élus locaux de la ville. Mettant en garde les élus quant à leur gestion actuelle, il dira en substance : «Pour les élections de 2007, probablement nombre d'entre-vous, présenteront de nouveau leur candidature. Seul le bilan de chacun devra compter alors.» Il leur rappelle les 54 camions affectés au service d'hygiène de la commune d'Oran pour le nettoyage de la ville, «mais force est de constater que ces services sont défaillants».
Au sujet de l'implication de la société civile dans la gestion locale, le ministre a rappelé «le rôle primordial du citoyen dans la gestion locale». A une question de la Tribune relative à la nouveauté dans les nouvelles orientations concernant l'association des comités de quartiers et des syndics d'immeubles dans la gestion des communes et des grandes villes, Zerhouni rapportera qu'il existe «un projet de révision du code communal qui devra prendre en charge ces aspects, mais il existe aussi dans la mouture actuelle des dispositions qui recommandent aux conseils communaux d'associer les comités de quartiers et autres représentants de la société civile et des citoyens concernés par tel ou tel projet». En effet, le ministre a annoncé que «cette participation devra être codifiée et normalisée, en contrepartie d'une contribution active de ces comités», a-t-il ajouté faisant allusion «à la nécessité pour ces comités de quartiers de fonctionner avec des contrats-programmes comportant des projets bien ficelés».
Au chapitre de la gestion des wilayas, le ministre a rappelé que «la décentralisation a déjà été mise en branle depuis un certain temps, cependant, le plus important c'est d'organiser le contrôle au niveau central», a-t-il dit. Il rappellera à cet effet qu'il avait «entamé un cycle de rencontres avec les élus des communes de plus de 100 000 habitants, qui a été interrompu à cause de l'élection présidentielle». «La réforme fiscale et financière locale reste le chantier principal de notre ministère», a confié le ministre. Au sujet des cas avérés d'implication de certains hauts commis de l'Etat dans les scandales de l'ex-El Khalifa Bank, Zerhouni a rappelé que «c'est la justice qui instruit ce dossier en toute souveraineté et nous ne sommes pas de ceux qui couvriront ces personnages, mais nous ne sommes pas aussi de ceux qui cautionneront la hogra».
Lors de son allocution à l'occasion de l'installation du nouveau wali, le ministre a positivé les réalisations de l'ex-wali en faisant un rappel des ouvrages effectués dans le chef-lieu de la wilaya, dont le projet du groupement d'assainissement d'Oran, avec notamment la réalisation de 28 km de canalisations et des galeries souterraines, ainsi que «la résolution du problème de l'AEP à travers le lancement du projet de MAO». Le ministre a affirmé qu'en l'espace de «quatre années, ce sont 16 000 logements qui ont été réalisés et distribués, et 16 000 autres qui sont en cours, le projet de relogement des habitants du quartier Les Planteurs, avec 2 000 logements des 9 000 qui seront prêts au début de l'année 2005». La réfection de 33 immeubles vétustes, la réalisation du plus grand CHU référentiel du pays, la mise en valeur de plus de 11 000 ha de terres agricoles, le lancement du projet de réalisation d'une station de dessalement d'eau de mer à Arzew avec un budget de 360 milliards de dinars et une station d'épuration des eaux usées dotée d'une enveloppe de 3 milliards de dinars.
Au niveau de l'enseignement supérieur et du secondaire, ce sont 5 000 places pédagogiques et 5 000 lits d'hébergement qui ont été créés, 4 lycées et 10 CEM réalisés en l'espace de quatre années. Au niveau de la lutte contre le taux élevé du chômage, le ministre a rappelé qu'en l'espace «d'un mandat, ce sont 71 000 postes d'emploi qui ont été créés à l'échelle de toute la wilaya, sans compter ceux non comptabilisés». L'ex-wali d'Oran, pour sa part, a estimé qu'en «l'espace de cinq années à la tête de la wilaya, le plus gros du chantier était la réhabilitation de l'autorité de l'Etat, la moralisation de la vie publique et la guerre lancée contre les groupuscules d'intérêt qui contrôlaient la wilaya». Pour sa part, le nouveau wali d'Oran, Zoukh Abdelkader a demandé «l'aide, toute l'aide de tous les responsables et des élus locaux pour remettre sur pied la wilaya».
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