2 Septembre 2004
Longtemps considérée comme le passage obligé du parfait militant, la formation idéologique est devenue le talon d'Achille des partis politiques. L'agonie des idéologies est, peut-être, passée par là.
Les anciens s'enorgueillissaient de réciter par coeur des passages entiers de grands classiques. Ils passaient des nuits blanches à discuter de la place d'une virgule du Capital. Marx, Engels ou Machiavel ont bercé leur jeunesse. Les nouvelles générations semblent un peu à la traîne par rapport à ce phénomène. Par paresse ou par réalisme, ils ont choisi le raccourci. Prêchant une idéologie sans en maîtriser les ressorts et les concepts, ils ne manifestent plus le même engouement pour la formation. Ce qui explique la faiblesse de leur niveau de connaissance idéologique.
Pour autant, les cadres partisans n'entendent pas baisser les bras pour cautionner ce déclin. Le Parti socialiste, un des pionniers dans le domaine, maintient, peu ou prou, sa vocation d'encadrement idéologique de ses membres. Un encadrement qui se fait à travers plusieurs canaux. Il s'agit, d'abord de l'École du parti dont la mission est, essentiellement, axée sur la formation idéologique. Il s'agit ensuite de l'Université populaire de l'École du Parti socialiste (Upecs). Même si l'une et l'autre gardent la même mission d'encadrement des militants, il reste que la seconde est plus centrée sur la formation académique. Encore qu'avant de devenir une université du Parti socialiste, l'Upecs qui s'appelait Université populaire africaine transcendait le cadre sénégalais pour intéresser des pays africains, dont les militants étaient envoyés à Dakar pour faire leurs humanités politiques.
Plus récemment, cette structure qui, dans un processus de maturation, est devenue Upecs, a eu à accueillir des élèves victimes de déperdition scolaire. Selon Doudou Coulibaly qui fut directeur de l'antenne régionale de Dakar, cette université a eu à former 11 000 élèves et plus de 1 500 diplômés. Au titre des personnalités qui ont eu à bénéficier des modules de formation dispensés, on peut citer Me Mbaye Jacques Diop, ancien responsable du Parti socialiste, actuellement membre du Pds et président du Conseil de la République. Il en est de même pour Mamadou Faye, ancien ministre de l'Hydraulique sous le régime d'Abdou Diouf et membre du Bureau politique du Parti socialiste.
En dehors de la formation plus ou moins formelle dispensée par l'Université du Ps, il y a la formation idéologique dont le contenu se trouve dilué au niveau des organes. Ainsi, à côté de l'École du Ps, il y a une sorte d'organisation pyramidale ayant vocation à assurer l'encadrement idéologique. Aussi trouve-t-on des antennes régionales, des structures de femmes et de jeunes à la base. Au sommet, le Groupe d'études et de réflexions (Ger) s'est attelé à prendre en charge l'encadrement des cadres.
Depuis l'avènement de l'alternance, Vision socialiste a pris le relais pour assurer la formation continue de jeunes cadres Ps, dont la plupart sont des diplômés exerçant dans le privé. Il y a, également le comité central du parti et l'Université d'été du Ps, sorte de tribune pour traiter de problèmes d'actualité, qui se présentent comme des structures de formation. Ce qui fait dire à Abdoulaye Élimane Kane, ancien président du Ger, que «la formation idéologique se retrouve un peu partout». L'objectif final de toute cette architecture à la fois horizontale et verticale est, selon M. Kane, d'«inculquer les notions de République, de justice, de solidarité bref de toutes les valeurs qui fondent la social-démocratie». En un mot, d'«armer idéologiquement les militants». Mais quoique nécessaire, Abdoulaye Élimane Kane pense que l'idéal serait d'arrimer la formation théorique à l'expérience octroyée par la gestion pratique des affaires de la cité. Ibrahima ANNE
LEGENDE Maison du Parti socialiste : avec l'alternance, le «foyer ardent» irradie moins.
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