Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Djibo Leyti Kâ secrétaire général de l'Union pour le Renouveau Démocratique (URD) : «Me Wade est l'exemple de la ténacité, le type modèle d'endurance et de patience»

Propos Recueillis Par Mamadou AÏcha Ndiaye

2 Septembre 2004


interview

La visite du chef de l'État à Louga, consacrée à la lutte contre le péril acridien, a permis au leader de l'Urd et ministre d'État, ministre de l'Economie maritime, de mobiliser ses militants pour un accueil exceptionnel. Dans l'entretien, le chef de file des rénovateurs revient sur son vécu dans le gouvernement et sur l'homme Wade qu'il a appris à apprécier positivement

Quel est votre sentiment après la visite du président de la République ?

Mon sentiment, comme vous le savez, est un sentiment de satisfaction, de joie et d'honneur. Je suis profondément heureux de voir cette marrée humaine, debout comme un seul homme pour une cause nationale, c'est important, et au côté de Me Abdoulaye Wade qui a de l'amour pour le terroir et ses populations. De l'honneur, parce que les populations du Djolof sont loyales et engagées au côté de ce Bâtisseur, car depuis des semaines elles se sont mobilisées pour donner un succès éclatant à cet accueil, et sonner l'assaut à l'ennemi ravageur qu'est le péril acridien. Nous sommes fiers de cette marque de considération du président.

La lutte entre dans sa phase populaire. Quel message adressez-vous aux communautés ?

Le même mot d'ordre adressé par le chef de l'État aussi bien à la nation qu'aux pays développés. Aux compatriotes, je dis cap sur les criquets avec les moyens techniques, mécaniques et, la main dans la main, nous vaincrons. Pour la sous-région, la rencontre des ministres de l'Agriculture du Sahel et des ministres des Forces armées harmonisera un plan d'action durable pour éradiquer ce fléau et nous attendons toujours du matériel, des moyens techniques pour une offensive sur les essaims et non des euros ou des dollars. La valeur de nos populations se mesure dans ces genres d'épreuves. Des catastrophes, on en voit un peu partout dans le monde, la solidarité du Sénégalais envers ses pairs et même d'autres nations est toujours exemplaire. Cette lutte est apolitique, toutes les couches sociales se sont levées pour barrer la route aux dévastateurs de cultures. Tous au front contre le criquet.

Avez-vous une idée du mental des cultivateurs et des éleveurs rencontrés ?

Effectivement ! Depuis une semaine, je sillonne le département, le mental est serein. Le moral est bon. Vous savez, le président de la République et le gouvernement n'ont pas attendu un seul jour pour mener la guerre contre le péril acridien. Depuis juin, début de l'invasion, d'importantes mesures ont été prises pour freiner l'ennemi. Des fonds colossaux sont mis à la disposition des services techniques pour être au côté des populations et sauver les cultures qui promettent beaucoup, une partie du département peut récolter du mil semé cette année d'ici peu, une campagne agricole bien menée par mon ami et frère Habib Sy, ministre de l'Agriculture et de l'Hydraulique. Et les cultivateurs, les éleveurs saluent les mesures d'accompagnement prises en ce qui concerne les aliments de bétail, les vaccins et les unités pastorales qui jouent un rôle primordial dans le développement de l'élevage.

Il est question d'un développement de Linguère, par ses routes. Qu'en pensez-vous ?

Mais absolument ! La route Linguère-Matam sera construite dès la fin de la saison des pluies. Ce sera, avec l'aide de Dieu, le poumon économique local : Ranérou, Matam, toutes les localités décolleront économiquement. Vous savez, le département est riche, non seulement en ressources pastorales, en élevage, mais aussi en d'autres ressources. L'économie d'élevage comme je la définis, c'est un tout. C'est depuis la production jusqu'à la commercialisation, aucun élément n'est à jeter, tout est à consommer. Que ça soit le lait, la viande, les cornes, les cuirs et peaux, les bouses de vache pour l'engrais naturel, tout cela est important. Je pense aussi que les éleveurs ne sont plus des contempleurs passifs de leur capital, ce sont des hommes et des femmes qui savent ce que la profession d'élevage signifie. J'encourage Mme Oumou Khaïry Guèye Seck, ministre chargé de l'Elevage, à poursuivre ses efforts bien entamés. Une activité économique, fondamentalement sociale et culturelle. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle, la politique du gouvernement que nous soutenons colle parfaitement à nos programmes et objectifs stratégiques. Les contraintes majeures étaient l'eau.

Des efforts ont été consentis dans ce secteur, en termes de forages comme l'a témoigné Alassane Kâ, le responsable qui a pris la parole au nom de l'Union Nationale des Eleveurs du Sénégal, le projet PAPEL (Projet d'appui à l'élevage), mais surtout des bassins de rétention qui intéressent les agriculteurs et les professionnels de l'élevage. Les choses évoluent dans le bon sens dans le département, mais il ne faut pas qu'on tombe vite dans la paresse. Continuons à travailler car de grands projets sont là : vous voyez le chantier à l'entrée de la ville, vers Doundodji, le premier bassin de rétention du département de Linguère était le marigot de Kamb et de Roto. J'apprécie avec force ce programme qui est un programme d'avenir. Je reviendrai sur les prévisions sur les axes de communication, pour mettre le Djolof sur orbite économique et dans un développement durable.

La vision du chef de l'État est-elle partagée par les populations ?

C'est pour cette raison que nous disons que la vision du chef de l'Etat rencontre les préoccupations des populations et notre propre vision, en tant que parti politique, l'Union pour le Renouveau Démocratique. Les convergences politiques, et la nouvelle majorité dont le président Wade faisait allusion tout à l'heure sont des forces vives du pays, qui savent se compléter, travailler pour le pays tout en restant sur ses fondements idéologiques. Les formations politiques qui aident le chef de l'Etat font partie de cette nouvelle majorité. Pour revenir au sujet de la menace acridienne, nous allons garder le même comportement, la même stratégie : s'unir. Le péril acridien ne nous fera pas reculer, encore moins baisser les bras, tout au contraire, notre détermination, notre engagement perturbera l'ennemi. Notre loyauté sans faille derrière le président de la République nous mènera à bouter loin des grottes de l'Atlas et du Moyen-Orient ces genres de parasites.

Abdoulaye Wade et Djibo Kâ émettent maintenant sur la même longueur d'ondes. Comment vos visions respectives sont-elles devenues aussi proches ?

Je suis ravi d'être comparé à un homme de cette carrure. Il est un chef d'Etat, un chef de parti politique comme moi. Je ne cherche jamais à savoir ce qui se passe dans la tête d'un président de la République. En tout cas tout, je peux vous affirmer, c'est qu'il m'a formé aussi en tant que son élève, son étudiant à la Faculté à l'UCAD, sur des questions de développement. Vous savez, je le répète ici à Linguère, moi, je ne suis pas un politicien. Mais, malheureusement, personne ne me croit. Je me définis comme étant un développeur, car je m'intéresse aux questions de développement, d'aménagement du territoire. C'est pourquoi, quand on concevait la décentralisation, j'étais au Ministère de l'Intérieur, je réagissais comme étant ex-ministre du Plan, pour des systèmes de polarisation.

Mon rêve est de voir de grands pôles de développement s'affirmer au Sénégal. Nous devons recentrer notre politique de décentralisation autour du concept de développement. C'était tout le sens des PRDI (Plans régionaux de développement).Tout le sens de la double planification prônée par le président de la République, Abdoulaye Wade, la région, l'Etat, le pays, le Sénégal, et l'espace l'Afrique. Si nous voulons une dimension économique, ce que je disais au ministre Seydou Sy Sall qui fait un travail excellent en ce sens, il faudrait que nos entités régionales très administratives reviennent à une vision plus rapprochée, plus culturelle et sociale, car ça va de pair. Trop d'administration tue l'administration. On a ici des ensembles homogènes aux écosystèmes cohérents, n'y a pas de raisons que le développement ne puisse pas suivre. Si se compléter, avoir l'amour de sa patrie et servir son pays et non le desservir, c'est être sur la même longueur d'ondes, alors, je partage en ce sens la même vision que le chef de l'Etat.

Le visionnaire Me Abdoulaye Wade est-il tombé sous votre charme politique ou êtes-vous un renard politique qu'il faut avoir à ses côtés ?

(Rires) Ah non ! Son Excellence Me Abdoulaye Wade est un très grand visionnaire, l'Afrique le reconnaît, le monde le sait aussi, mais je pense qu'il n'est pas tombé sous mon charme politique. Nous l'admirons beaucoup, nous travaillons à ses côtés parce qu'il est l'exemple de la ténacité, le type modèle d'endurance et de patience. Ce qu'il a fait n'est pas donné à n'importe qui. Si vous n'êtes pas un homme de coeur, un homme de foi, et adossé à Dieu vous ne réussirez jamais ce qu'il a réalisé. Nous sommes tournés vers les lendemains d'essor économique et social du Sénégal, vers un continent émergent, vers un monde de paix, de justice et de prospérité, il faut accepter la différence dans l'union et c'est extrêmement important. Quand je lis Léopold Sédar Senghor et j'écoute Abdoulaye Wade, j'avoue, je suis quelquefois très ému, je retrouve des voix et des voies du salut.

Peut-on parler de deal politique entre vous, protocole d'accord, pour votre entrée au gouvernement ?

Décidément ! (Rires) Ce que nous avons signé pour notre entrée au gouvernement, tous les Sénégalais le savent. Mon parti, l'URD, et moi Djibo Kâ avons un devoir de résultat dans la loyauté et la transparence. C'est le noble engagement que nous avons pris devant les Sénégalais, que nous tenons et que nous tiendrons pourvu que le bon Dieu nous prête vie, santé et intelligence. Avec le président de tous les Sénégalais, nous voudrions produire les effets favorables attendus, comme ça se voit un peu partout dans le pays, et dans le monde. C'est par là que je vais boucler cet entretien.

Liens Pertinents

Le récent exemple est la Journée du Tirailleur sénégalais, une journée de réconciliation nationale. Je le disais au Pr. Iba Der Thiam, c'est l'occasion à travers vos colonnes de lui adresser à l'instar des médias, des hommes de culture et les armées, le rôle essentiel que chacun a joué dans ce devoir de mémoire. J'en ai une sensibilité toute particulière car mon père est un ancien combattant, mon oncle maternel de même un sous-officier de l'armée française d'alors ; donc je sais bien ce que cette fête a signifié pour bon nombre de familles sénégalaises, africaines et mondiales. Les populations du Djolof, sans distinction de partis politiques, d'ethnies ou de religions félicitent l'Initiateur de cette désormais célébration annuelle du Tirailleur sénégalais. Le pays vient encore une fois de marquer un grand coup dans un bel élan de solidarité, comme c'est le cas dans cette lutte contre les criquets.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2004 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques