Fraternité Matin (Abidjan)
Théodore Kouadio
2 Septembre 2004
Abidjan — Plusieurs nouvelles variétés de manioc de haut rendement, adaptées aux zones de production, sont désormais à la disposition des cultivateurs ivoiriens.
Le manioc est un produit dont la conservation à l'air libre pose de réels problèmes. C'est pour trouver une solution à cette situation que le Centre national de recherche agronomique (Cnra) a mis au point une dizaine de nouvelles variétés. Elles sont adaptées aux différentes zones de production. Elles ont de bonnes aptitudes à la transformation et à la consommation.
Selon les chercheurs du cnra ces boutures ont un rendement de 30 tonnes l'hectare. Soit trois fois plus que les boutures traditionnelles. Les nouvelles variétés sont actuellement mises à la disposition des populations. Les boutures sont disponibles à la station du Cnra.
Le Centre de recherche a aussi adapté à notre milieu, la technique d'emballage physiologique mise au point par le Natural Research Institute de Grande Bretagne.
Elle consiste à tremper les racines, fraîchement récoltées et indemnes de blessures, dans l'eau.
Les racines sont ensuite placées dans des sacs de jute trempés auparavant. Ces emballages sont alors fermés, déposés sur des claies qui les isolent du sol, puis recouvert de bâches plastiques.
Cette méthode a permis de conserver pendant 14 jours les racines de manioc dans plusieurs localités de la côte d'Ivoire. Alors que traditionnellement la conservation à l'air libre n'excédait pas deux jours.
C'est que l'emballage physiologique maintient une température de 30 à 35°C et une humidité relative élevée. Ces deux facteurs empêchent la déshydratation du manioc et retardent les réactions de brunissement.
Le manioc conservé garde les mêmes qualités que le manioc frais.
Après l'igname, le manioc est la deuxième culture vivrière de la Côte d'Ivoire. Avec un rendement moyen de 10 tonnes par hectare, le pays produit près de 2 millions de tonnes par an.
Il entre dans la préparation de plusieurs mets locaux. Il s'agit notamment de « l'attiéké », semoule de manioc cuit à la vapeur et très prisé dans le pays et même dans la sous région.
Plus de 100.000 personnes vivent des activités liés à la production, à la transformation et à la commercialisation du manioc en Côte d'Ivoire. Son commerce génère un chiffre d'affaires de 70 milliards de francs CFA.
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