Fraternité Matin (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Culture du cocotier : l'acacia, pour sauver les vielles plantations

Abidjan — La litière produite par l'acacia est de 24 à 25 tonnes par hectare.

L'association cocotier-acacia rétablie la fertilisation du sol et favorise la réhabilitation des vieilles cocoteraies. C'est la nouvelle trouvaille des chercheurs du Centre national de recherche agronomique \(Cnra\) pour rajeunir les plantations du littoral ivoirien.

La recherche agronomique ivoirienne développe depuis quelques années une technique culturale associant le cocotier à l'acacia. Selon les chercheurs, cette pratique peu onéreuse restaure la fertilité du sol de façon naturelle à partir de déchets végétaux. En effet, la litière produite par l'acacia (24 à 25 tonnes par hectare) constitue un apport en matière organique indispensable dans le développement du cocotier.

Des essais conduits pendant dix ans sur l'association de ces deux plantes ont montré une amélioration de la productivité en coprah, ( amande séchée de noix de coco pour en extraire de l'huile). Elle est passée de 200 kilogrammes à l'hectare à 2000 kilogrammes par an.

« Le revenu annuel du planteur à l'hectare grimpe ainsi de 32000 Fcfa (Environ 49 euros) à 320000 Fcfa (environ 489 euros). La production est multipliée par 10 », relève l'équipe du programme de recherche.

L'autre avantage de la culture associée, c'est que l'acacia permet de produire, après 4 ans de plantation, du bois de chauffe de l'ordre de 25 à 48 mètres cube par hectare. Cependant, malgré ces résultats flatteurs, la vulgarisation de la technique culturale cocotier-acacia connaît des réticences en milieu paysan.

En effet, l'abattage systématique des vieux cocotiers et la période creuse de 4 ans que vit le planteur sans revenu en est la raison. « C'est le temps que dure la nouvelle plantation pour entrer en production », précise le rapport des chercheurs.

Pour mieux faire accepter cette trouvaille et, susciter l'adhésion des planteurs de cocotier, le Cnra crée depuis des années des parcelles de démonstration le long du littoral ivoirien. Ainsi, plusieurs forums d'échanges entre les planteurs, les encadreurs, les décideurs politiques et les chercheurs ont-ils été organisés par le Centre, en collaboration avec l'Agence nationale d'appui au développement rural (Anader).

La culture du cocotier couvre 37000 hectares localisés sur le littoral, avec une production annuelle de 34 000 tonnes de coprah.

Suite au vieillissement du verger, à la pauvreté du sol et aux variétés non sélectionnées, le cocotier cultivé en Côte d'Ivoire a un faible rendement et ne permet pas au planteur de vivre décemment. D'où l'utilité du travail effectué par les chercheurs ivoiriens qui ont développé des variétés hybrides très performantes, produisant dans de bonnes conditions de culture, entre 2 et 4 tonnes de coprah par hectare.

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