Léopold Chendjou
3 Septembre 2004
Les établissements financiers mettent sur pied un système de crédit remboursable en dix mensualités pour permettre aux parents de mieux préparer la rentrée scolaire.
Les institutions bancaires ne sont pas restées en marge de la rentrée scolaire. Banques et autres coopératives d'épargne et de crédit ont ainsi mis en place différentes formules pour permettre à leur clientèle de préparer sans trop de soucis financiers le début de l'année scolaire de leurs progénitures. Affiches placardées sur les murs, banderoles surplombant les rues, annonces par voie de médias audiovisuels, tout a été mis à contribution par ces établissements financiers pour informer la clientèle. Les fonctionnaires ayant leurs comptes domiciliés dans ces banques et coopératives restent les principaux destinataires du crédit scolaire.
« Les fonctionnaires sont la catégorie de notre clientèle à qui nous destinons le crédit rentrée scolaire. Le fait qu'ils soient fonctionnaires et disposent d'un compte bancaire dans notre établissement est déjà une grande caution. A ce niveau, nous avons moins de soucis pour ce qui est du remboursement de la dette contractée », explique un caissier à la Sgbc, agence d'Akwa.
Que l'on soit à la banque ou dans un établissement de micro finance, les formalités d'obtention du crédit sont pratiquement les mêmes. Tout commence par une demande adressée dans les services compétents de l'institution financière. « En plus de la demande, celui qui veut obtenir un crédit doit produire au moins ses six derniers bulletins de paie. Il doit en outre prévoir un justificatif de sa situation d'employé,. Cette disposition concerne beaucoup plus les employés des entreprises privées. Le candidat doit en outre fournir certaines pièces personnelles. C'est sur la base de ces documents que nous jugeons de l'opportunité de mettre à la disposition de l'intéressé le crédit scolaire », observe un agent du crédit Lyonnais à Bonanjo (Douala).
Jusqu' combien ?
Selon les responsables des banques et autres coopératives, l'étude d'une demande de crédit n'excède pas deux semaines. Cette célérité dans le traitement du dossier des postulants pour l'obtention du prêt scolaire s'explique par la volonté de fixer très rapidement les parents d'élèves quant au sort réservé à leur demande. Pour ce qui est du montant du crédit, il varie selon les institutions financières. Généralement, les banques tiennent compte du revenu mensuel du candidat. Le montant du crédit ne peut pas alors excédé plus d'un mois de salaire du postulant. Ainsi pour le client de la banque ayant un salaire de 150 000 francs cfa, le montant de son crédit sera au plus de 200 000 frs. C'est le cas à la Bicec et à Amity bank. Toutefois, certaines banques font exception et ici, les postulants peuvent à leur guise solliciter un crédit dépassant de loin le montant de leur salaire. C'est le cas au Crédit Lyonnais ou l'on peut, avec un salaire mensuel de 225 000, solliciter un crédit d'un million de francs cfa. « Nos clients prennent généralement ce prétexte pour obtenir un crédit que la banque rechignait à leur accorder en temps normal. Lorsque toutes les conditions sont réunies, nous mettons à leur disposition le crédit. C'est vrai qu'une partie de cet argent leur permet de résoudre facilement les problèmes de fournitures scolaires et autres inscriptions. Le reste étant consacré à la réalisation d'un projet personnel », explique un gestionnaire de compte à l'agence crédit Lyonnais de Bonandjo. Toutefois, le montant du crédit scolaire ne dépasse jamais un million de francs pour raison de respect du ratio d'endettement et le remboursement s'étale sur dix mois. Le taux d'intérêt mensuel oscille entre 14 et 18 %.
En somme, le prêt scolaire s'avère être un véritable coup de main aux parents d'élèves. Même si l'on doit reconnaître que cela constitue une goutte d'eau dans la mare pour les parents aux progénitures nombreuses. « J'ai six enfants inscrits dans les collèges et lycées. Pensez-vous que ce sont les deux cent mille francs que ma banque va m'octroyer en guise de crédit scolaire qui vont me permettre de préparer sereinement leur rentrée scolaire ? Pour moi donc, le crédit scolaire reste un non-événement », conclut un ingénieur agricole dont le compte bancaire est domicilié à la Sgbc.
Les Tontines aussi
Les tontines sont aussi très sollicitées par les parents d'élèves pour amortir le poids financier de la rentrée scolaire. Dans ces tontines, plusieurs formules peuvent être développées pour permettre aux adhérents de bénéficier des fonds nécessaires à l'achat des fournitures et autres. Dans certaines tontines, une rubrique d'épargne est consacrée à la rentrée scolaire. Durant l'année, le membre de la tontine est tenue de ravitailler cette rubrique qui lui sera reversée au début du mois de septembre. Certains parents par contre attendent le mois de septembre pour aller « acheter » l'argent à la tontine. Il s'agit d'un système de prêt à fort taux d'intérêt que la tontine offre à ses adhérents pour leur permettre de financer sans grandes difficultés la rentrée scolaire. Ainsi, une somme de 200 000 francs sera « achetée » à 250 000 voire 300 000 francs. Et généralement, plusieurs candidats se manifestent pour bénéficier de cette formule de prêt malgré son taux d'intérêt élevé, pas loin de l'usure. Chanceux sont ceux qui raflent la mise de la tontine en ce mois de septembre.
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