United States Department of State (Washington, DC)

Afrique: Sida : le monde doit intensifier ses efforts de mise au point d'un vaccin

2 Septembre 2004


communiqué de presse

Washington, DC — Ces dernières années, la communauté mondiale a fait des progrès importants en ce qui concerne le traitement des séropositifs, mais elle doit aussi poursuivre activement les travaux de mise au point d'un vaccin contre le sida, a déclaré le 2 septembre le président directeur-général de l'Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI), le docteur Seth Berkley.

Lors de la conférence de presse qu'il a donnée ce jour-là à Genève, le docteur Berkley a déclaré: "La réponse mondiale face au sida doit inclure à la fois la compassion à l'égard de ceux qui sont infectés et un engagement plus poussé à protéger ceux qui ne le sont pas".

La mise au point d'un vaccin est une tâche beaucoup plus ardue qu'on n'avait pensé lors des premiers travaux de recherche exécutés à cet effet il y a près de vingt ans. Le virus du sida (VIH) se modifie constamment et évite ainsi d'être détecté. Si les chercheurs ont beaucoup appris au sujet du virus, de nombreuses questions restent encore sans réponse.

Le docteur Berkley a invité la communauté internationale à consacrer des ressources plus importantes à la mise au point d'un vaccin et a préconisé une plus grande coopération entre les chercheurs dans ce domaine. A l'heure actuelle, une trentaine de vaccins font l'objet d'essais cliniques, mais on les considère seulement comme une première tentative.

Les Etats-Unis contribuent au financement de l'IAVI. Les autres grands bailleurs de fonds de cet organisme comprennent notamment l'Union européenne et la Fondation Bill et Melinda Gates.

On trouvera ci-après le communiqué de presse de l'IAVI, dont la version française a été préparée par ses services.

Initiative internationale pour un vaccin contre le sida

La réponse mondiale face au sida doit inclure un vaccin préventif

Genève, le 2 septembre 2004 - Les dirigeants de l'Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI) ont souligné aujourd'hui qu'en même temps qu'il consacre davantage de ressources à traiter les personnes infectées par le VIH, le monde doit aussi intensifier les efforts destinés à développer un vaccin visant à prévenir les nouvelles infections et à stopper la propagation continue du virus.

Le docteur Seth Berkley, président et directeur exécutif de IAVI, ainsi que le docteur Wayne Koff, vice-président de IAVI et chef de la recherche sur le vaccin, ont tenu un point de presse aux Nations Unies, à Genève, à l'issue d'une importante conférence à Lausanne au cours de laquelle des scientifiques ont débattu des données préliminaires relatives aux candidats-vaccins qui ont commencé à faire l'objet d'essais cliniques.

Les programmes de traitement, comme l'Initiative 3 x 5 de l'Organisation mondiale de la santé, aident les gens à vivre plus longtemps avec le VIH, ce qui rend espoir aux communautés décimées par les décès dus au sida. Toutefois, le traitement n'arrête pas les nouvelles infections, dont le nombre atteint 14.000 chaque jour.

Certaines des tendances les plus alarmantes en matière de nouvelles infections sont enregistrées en Asie et en Europe de l'Est et parmi les jeunes femmes.

"La réponse mondiale face au sida doit inclure à la fois la compassion à l'égard de ceux qui sont infectés et un engagement plus poussé à protéger ceux qui ne le sont pas", a déclaré le docteur Berkley.

Le VIH a été identifié il y a plus de 20 ans. Ce n'est que ces toutes dernières années que des progrès significatifs ont commencé à être réalisés en direction d'un vaccin. En particulier, les scientifiques ont beaucoup appris au sujet de la structure du virus, de la manière dont l'infection se produit et de la manière dont le système immunitaire essaie de se défendre mais n'y parvient pas. Cette dynamique est au coeur de la science sur la manière dont doit fonctionner un vaccin.

Il n'en demeure pas moins que le nombre de questions encore en suspens dépasse le nombre de celles auxquelles une réponse à d'ores et déjà été apportée. Pour la plupart des vaccins concernant d'autres maladies, les scientifiques ont été guidés par l'étude des personnes qui avaient été infectées et qui se sont rétablies ; dans le cas du sida, on ne connaît personne qui se soit rétabli de l'infection. En outre, le VIH est une cible mouvante qui change constamment de forme pour échapper à la détection.

"Eu égard à ce que l'on sait aujourd'hui du VIH, nous amenons des candidats prometteurs sur la voie du développement et des essais cliniques. En même temps, des questions de recherche fondamentale restent à résoudre", a déclaré le docteur Koff.

Actuellement, ce sont plus de 30 candidats-vaccins qui font l'objet d'essais cliniques dans 19 pays, dont cinq candidats parrainés par IAVI dans huit pays. A ce stade, les experts considèrent la moisson actuelle de candidats comme une tentative de première génération. Ils s'attendent à ce qu'un vaccin efficace puisse être développé lorsqu'on a aura appris davantage au sujet du VIH et du système immunitaire et lorsqu'auront été développées et testées de nouvelles générations de candidats. IAVI demande que sur le terrain, les différentes parties prenantes-notamment les entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques et les institutions de recherche du secteur public travaillent de manière plus active et en coopération pour progresser.

Pour cela, il faudra obtenir de nouveaux financements substantiels ; sur les 70 milliards de dollars des Etats-Unis dépensés chaque année dans le domaine de la recherche et du développement pour la santé, moins de 1 % est consacré à un vaccin contre le sida.

Reconnaissant le lourd tribut déjà prélevé par le sida ainsi que l'ampleur de ce qui reste à venir, le monde doit placer la recherche et le développement d'un vaccin préventif en première ligne des ordres du jour sanitaire et humanitaire internationaux.

A propos de IAVI : IAVI (www.iavi.org) est une organisation mondiale à but non lucratif qui s'efforce d'accélérer la recherche en faveur d'un vaccin visant à prévenir l'infection par le VIH et le sida. Lancée en 1996 et désormais opérationnelle dans 23 pays, l'Initiative et son réseau de partenaires oeuvrent à la recherche et au développement de candidats-vaccins. IAVI travaille également pour assurer qu'un futur vaccin sera accessible à tous ceux qui en ont besoin. Parmi les principaux soutiens financiers de IAVI, on peut citer la Fondation Bill & Melinda Gates, les fondations Rockefeller, Starr et Sloan, la Banque mondiale, BD (Becton, Dickinson & Co.), l'Union européenne, ainsi que les gouvernements du Canada, du Danemark, de l'Irlande, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Suède, du Royaume-Uni et des Etats-Unis.

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