Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Mieux vaut tard que jamais

Ndakhté M. Gaye

3 Septembre 2004


opinion

L'Agence de presse sénégalaise (Aps), révèle que le ministère de l'Information, de l'Intégration économique africaine et de la Promotion des nouvelles technologies de l'information et de la communication a, dans une circulaire dont copie lui est parvenue hier, déploré la persistance de la publicité mensongère en matière de santé et menacé de sanctions les auteurs de tels agissements.

Une décision certes salutaire et qui vient à son heure parce que mettant un terme, si elle est rigoureusement appliquée, à la publicité mensongère par voie de presse. Mais qui a accusé quand même un grand retard pour rappeler à l'ordre les supports médiatiques dans lesquels les tradipraticiens passent pour vanter leur capacité à soigner plusieurs maladies, voire toutes sortes de maux dont peut souffrir un individu. Au point qu'on se demande s'il y avait une loi régissant le secteur de la publicité au Sénégal. Pourtant elle est là. C'est la loi n° 83-20 du 20 janvier 1983 qui stipule que "la publicité ne doit pas éveiller chez les malades des espoirs fallacieux, ni exploiter leur manque éventuel d'esprit critique à l'égard des messages leur promettant un traitement efficace ou la guérison", rapporte l'Aps.

Seulement ladite loi semble n'avoir jamais fait l'objet d'une stricte application au regard du volume important de publicité qui passe dans les médias. Au point que l'on peut l'assimiler à celle qui est tombée en désuétude, faute de pratique. De quoi alors encourager les éditeurs de presse à ouvrir leurs portes aux tradipraticiens moyennant des rentrées importantes d'argent pour les groupes de presse au détriment des citoyens à qui la publicité mensongère causes d'énormes préjudices. Ce qui a d'ailleurs amené le Haut conseil de l'audiovisuel (Hca) à multiplier les injonctions à l'endroit des dirigeants de presse, mais qui sont restées sans suite.

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A l'exception cependant de certains parmi lesquels le groupe Wal Fadjri qui a, dans une note interne datée du 24 août 2004, interdit au personnel, en particulier le service commercial, de "faire passer à la radio ou d'insérer dans le journal des publicités portant sur l'activité des guérisseurs prétendant des choses relevant du miracle". Ainsi, ce groupe de presse vient se conformer aux dispositions en vigueur dont "toute violation expose à des sanctions pouvant aller jusqu'au retrait de l'agrément et à la fermeture pure et simple de la station fautive". Des dispositions qui auraient dû être appliquées depuis longtemps pour éviter tous ces dérapages constatés. Mais mieux vaut tard que jamais. Et que la loi ne reste pas campée dans son champ théorique. Son application rigoureuse sera une preuve de la détermination du gouvernement à traquer la publicité mensongère.

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