La Presse (Tunis)

Tunisie: Folklorique, certes, mais avec une touche de modernité

Héla Hazgui

3 Septembre 2004


Au CCJ d'El Menzah VI - Semaine culturelle du Jiangsu de la Chine

En robes flottantes, d'un vert pastel très tendre, une vingtaine de jeune filles, merveilleusement fardées, se croisent et s'alignent en des mouvements synchornisés sur la scène du Complexe culturel de la jeunesse d'El Menzah VI.

Leurs longues chevelures tressées sont coiffées de sortes de cônes arrondis à la pointe et richement ornés. Elles se déplacent doucement et légèrement à petits pas, donnant l'occasion à l'assistance de profiter de la beauté de leurs costumes brodés et garnis. «C'est une danse de la cour», nous apprend la présentatrice de la soirée. «Une danse très populaire en Chine», poursuit-elle. Ces jeunes filles sont en effet venues du Jiangsu, une province qui s'est donné pour objectif, depuis 1996, de devenir une «grande province culturelle».

Dans le cadre des échanges culturels entre la Tunisie et cette province, une semaine culturelle a été donc organisée du 1er au 8 septembre. Semaine durant laquelle cette troupe présentera son spectacle dans plusieurs régions de Tunisie : le 3 septembre à Gabès, le 4 à Sfax, le 5 à Monastir et enfin le 7 au Kef.

Un spectacle qui alterne musique et danse

Un spectacle qui alterne musique et danse. Des pièces jouées par des instruments traditionnels comme la flûte, le erhu, le saxo à la sonorité bien particulière qui rappelle la belle nature de ce pays de rêve. Des notes qui, à chaque fois, laissent échapper des sons fluides. Car la culture de l'eau est une des particularités de cette région où une multitude de cours d'eau s'entrecroisent sur tout le territoire, faisant ainsi naître des lacs et des étangs innombrables.

Au menu, encore, un duo d'opéra typiquement traditionnel. Il s'agit de l'Opéra Kunq, un ancêtre de toutes les formes d'opéra chinois, né au Jiangsu et qui, depuis 2002, a été inscrit sur la première liste de l'Unesco, homologuant ainsi les chefs-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Mais tout dans ce spectacle n'est pas entièrement folklorique ni traditionnel. Des touches de modernisme se laissent sentir à travers plusieurs tableaux de danse. Outre la danse de la cour, qui ouvrait le bal, les chorégraphies qui se sont succédé étaient plus ouvertes sur la danse contemporaine et même sur le hip- hop. Les corps étaient plus libres et les mouvements plus rapides et moins stricts. Mêmes les costumes étaient moins riches et moins fastueux. Une simple écharpe et une jupe à cloche ont suffi pour mener la danse à bien et peindre, sur la scène, la lune et la source d'Erquan, ou encore la saison des labours.

Fondé il y a une quarantaine d'années, l'ensemble de chant et de danse de Wuxi aura réussi à imposer ce style bien particulier d'oeuvres musicales et chorégraphiques qui reflètent les scènes du travail et de la vie du peuple local.

Dans le hall du Centre, une exposition de peinture à l'huile, de calligraphies et de gravures nous plonge, dès l'entrée, dans la vie quotidienne des Chinois. Des touches raffinées et élégantes, traçant à peine les silhouettes et permettant ainsi une réelle évasion à travers ce pays lointain.

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