Franck DALLY
8 Novembre 2004
opinion
La Côte d'Ivoire vient d'être attaquée par l'armée française. Les traitres.
Tels des lâches, ils ont détruit nos avions bombardiers et nos hélicos au sol à Yamoussoukro et à Abidjan. Ils ont attaqué la maison des hôtes à Yamoussoukro, à l'arme lourde et tué plusieurs civils. Toujours à Yamoussoukro, ils ont tiré sur une foule de personnes aux mains nues en plein centre ville. Au moment même où les rebelles avaient pratiquement capitulé à Bouna, Vavoua, Séguéla, Korhogo, Katiola, Danané, Man, Bouaké, les Français ont frappé par derrière. Tels des lâches.
A l'aéroport d'Abidjan, après avoir détruit nos bombardiers, les soldats français ont pris possession de l'aéroport international Félix Houphouët Boigny. Les gendarmes commandos ivoiriens face aux armes lourdes des Français ont abdiqué facilement. Ils sont retenus prisonniers sur leur site du GATL. En ces lieux, les soldats français n'ont pas hésité à tirer sur de très jeunes patriotes aux mains nues. Au moins cinq morts et plusieurs blessés. Les militaires français plus décidés que jamais à assassiner les Ivoiriens n'ont pas hésité à prendre en otage les ponts Général de Gaulle et Houphouët Boigny. Postés sur les immeubles alentours, ils ont mitraillé toute la nuit les patriotes se rendant à l'aéroport pour protester contre son occupation par les soldats français. On déplore sur ces ponts plusieurs blessés graves et mêmes des morts. Certains jeunes marcheurs n'ont pas hésité à se jeter dans la lagune...
Pourquoi un tel acharnement des français à tuer les Ivoiriens dont l'armée ne cherchait qu'à libérer le pays occupé par des assaillants depuis plus de deux ans?
La réponse est connue de tous. C'est la France qui a attaqué la Côte d'Ivoire le 19 septembre 2002. Les rebelles ne sont que des pantins aux ordres de Chirac. D'ailleurs, le ministre français de la Défense Michèle Alliot Marie l'a dit très clairement : "Le Président Chirac a demandé aux soldats français de détruire tous les avions et hélicos de combat". Ce qu'elle a omis de dire c'est que le président français, Jacques Chirac a, par la même occasion, demandé à ses soldats de tirer sur tout mouvement de foule. La répression a été sanglante.
Et les soldats de la cinquième puissance militaire mondiale n'ont pas hésité à tirer sur de très jeunes enfants aux mains nues qui ne faisaient que manifester leur colère face à cette trahison de la France, ce pays où l'on parle de démocratie et de droits de l'homme à longueur de journée. Ce pays qui ne peut boucler son budget sans les richesses de la Côte d'Ivoire. Ce pays qui paupérise les populations ivoiriennes et dont les ressortissants vivent dans une opulence insultante au bord de la lagune ébrié.
Concussion, traîtrise, cupidité, ingratitude sont les maîtres mots qui, parmi tant d'autres seyent bien à cette France chiraquienne.
Cette France-là, vient de trahir la Côte d'Ivoire, d'assassiner des Ivoiriens aux mains nues et, de tuer, à tout jamais, une amitié multiséculaire dont elle tire le maximum de profits. Cette France-là, vient de remettre la Côte d'Ivoire entre les mains des agresseurs qu'elle a commis pour détruire, violer, voler, assassiner. Oui, c'est certain, la débandade des rebelles a subitement pris fin. Grâce à Chirac. Il ne pouvait en être autrement. En effet, la Côte d'Ivoire n'a plus d'aéroport, elle n'a pas non plus d'avions et d'hélicos de combat.
La Côte d'Ivoire qui a gagné les rebelles d'une manière claire sur tous les fronts va certainement perdre les positions reprises par la faute des Français qui vont y repositionner les rebelles si ce n'est déjà fait. La Côte d'Ivoire va être encore divisée en deux et la France va réarmer les rebelles. Soro Guillaume et toute sa clique de vauriens vont se remettre à parler, à insulter, à menacer. La France va peut-être imposer aux Ivoiriens un Premier ministre de consensus, des ministres qui ne savent même pas écrire leur nom. Et pis, cette France-là, envisage de mettre à la tête de notre pays, un président de la République de son choix. Une foutaise, un drame. Tel dans la jungle. Comme lors de la colonisation de l'Afrique. La France vient donc de faire droit à la loi de la force, à la barbarie.
Mais cette France chiraquienne qui tue les enfants pour imposer sa loi à un pays indépendant depuis plus de 40 ans, doit se dire que tout n'est pas fini. Il y a l'équation, la plus importante à notre sens, à laquelle Chirac, sûr de son fait n'a pas pensé. Cette équation, c'est le peuple de Côte d'Ivoire. Ce peuple qui aime son président et l'a élu démocratiquement à sa tête. La France va-t-elle tuer ces millions d'hommes, d'enfants et de femmes prêts à mourir pour celui qu'ils ont élu? C'est cela l'équation fondamentale. Parce que ce peuple de Côte d'Ivoire, solidaire avec son président, engagé à fond pour éviter une recolonisation, ce peuple qui a marché toute une nuit pour défendre les valeurs auxquelles il croit, n'est pas prêt à céder devant la France et ses assassins. Le Vietnam a bien gagné la guerre à l'aide des bambous. L'Algérie en a fait autant avec sa foi. Les Français ont beau tuer les enfants, ils ne pourront nous imposer un quidam. Ce rêve insensé pour lequel ils montent et démontent toutes les stratégies.
Dramane Ouattara, qui, paraît-il, peaufine son discours de prise de pouvoir en Côte d'Ivoire dans la capitale gabonaise, doit déchanter. Il doit renoncer à rêver debout. Malgré les conseils machiavéliques du petit homme de Libreville, qui, pense, on ne sait pourquoi, avoir un droit de regard sur la politique ivoirienne.
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