Le Soleil (Dakar)

Afrique: Recrutement d'enseignants non-fonctionnaires : l'Afrique fait l'état des lieux

De Notre Envoye Special Sadibou Marone

22 Novembre 2004


Bamako — Le temps est peu clément en cette matinée de dimanche à Bamako, la capitale malienne.

Il faut peut-être s'engouffrer dans le hall de cet hôtel, pour avoir de la fraîcheur. Et voir une ambiance de retrouvailles. Ici, en effet, ce sont des enseignants syndicalistes de pays d'Afrique au Sud du Sahara qui se retrouvent et se rappellent quelques beaux jours de leur lutte. Là, des membres d'associations de parents d'élèves africains font connaissance et nouent des contacts. Ailleurs, ce sont des directeurs centraux dans les différents ministères de l'Education qui éprouvent un plaisir à se revoir, encore une fois.

Dans cette ambiance, qui règne dans le hall, un café ou une cigarette n'est pas de trop, malgré l'insistance des membres du service d'accueil. Le café, il faut alors le prendre très vite ; et griller aussi vite la cigarette pour prendre d'assaut cette vaste salle de l'Amitié, prête, en cette matinée du dimanche, 21 novembre, à accueillir, une moyenne de 200 participants à la première Conférence des enseignants non-fonctionnaires du Primaire. Celle-ci s'est ouverte hier.

Treize pays d'Afrique francophone dont le Sénégal, confrontés au recrutement de ce type d'enseignants, prennent part à cette conférence. Elle a été ouverte hier par le Pr Mamadou Lamine Traoré, ministre malien de l'Education nationale, pour qui la récurrence du débat sur la problématique de l'utilisation de ce type d'enseignants dénote de son importance dans le fonctionnement actuel des systèmes éducatifs africains.

« En raison du rôle prépondérant du maître dans la conduite de l'enfant vers le savoir et l'acquisition de compétences, le destin de l'ensemble des systèmes éducatifs africains sera tributaire des mécanismes de recrutement, de formation, de statut et du plan de carrière des enseignants », ajoute le Pr Traoré.

Le constat, aujourd'hui, est que, depuis plus de dix ans, les déficits en enseignants ont pris de l'ampleur. Pourtant, les Etats africains avaient pris des engagements fermes, en vue de réaliser la scolarisation universelle. Face à ces déficits, les systèmes éducatifs africains ont vécu des expériences particulières en matière de recrutement et d'utilisation d'enseignants, qui ne pouvaient plus accéder à la Fonction publique, elle-même gérée dans un contexte, comme l'explique le ministre malien de l'Education, de mise en oeuvre de Plans d'Ajustement Structurel de ce secteur.

L'analyse du Pr Mamadou Lamine Traoré fait toujours ressortir que, face à une telle situation, il fallait, aux pays africains, adopter une stratégie qui permette d'augmenter les taux d'accès à l'école et du coup, réaliser des progrès significatifs dans l'augmentation des taux de scolarisation.

Plusieurs années plus tard, voici venu le temps de réfléchir sur les tenants et aboutissants des mécanismes utilisés pour recruter le maximum d'enfants à l'école, et améliorer le rendement interne du système. Cette conférence va beaucoup y contribuer. D'autant que, souligne-t-on, l'Afrique, aujourd'hui, évolue dans un contexte où le défi énorme qui se pose à elle, est de réaliser les objectifs d'Education Pour Tous d'ici 2015.

Mais, sur le chemin de cette Education Pour Tous, l'équation posée par le recrutement d'enseignants en nombre suffisant et en qualité figure parmi les questions les plus ardues. D'ailleurs, les projections les plus récentes font état de la nécessité, pour l'Afrique, de recruter quatre millions d'enseignants supplémentaires d'ici 2015 pour espérer atteindre l'Education Pour Tous.

En attendant, il est intéressant, comme nous y invite cette conférence, de faire l'état des lieux sur ces enseignants non-fonctionnaires, identifier les défis majeurs posés par les différentes expériences, favoriser le dialogue entre les pays et entre les principaux acteurs, notamment leur formation, leur mise en service et le soutien pédagogique qui leur est approprié.

De la même manière, les contrats, plans de carrière, modes de promotion et soutiens matériels, la gestion de la recomposition du corps enseignant et les perspectives de développement seront examinés durant cette conférence de Bamako.

Elle est organisée par l'Association pour le Développement de l'Education en Afrique (ADEA), la Banque Mondiale, l'Internationale de l'Education et le ministère de l'Education du Mali. Elle regroupe des ministres et représentants des ministères de l'Education, des Finances, de l'Emploi et de la Fonction publique. Des syndicats d'enseignants et des membres d'associations de parents d'élèves y participent également, au même titre que des représentants d'agences de développement qui soutiennent l'Education en Afrique.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2004 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Afrique

Rubriques