Le troisième sommet de l'énergie en Afrique, qui regroupe plusieurs cadres africains de l'énergie, a débuté ses travaux. Cette rencontre, qui dure deux jours, va leur permettre d'échanger sur divers thèmes qui touchent la production et la commercialisation des produits pétroliers, l'électricité et l'énergie renouvelable.
Face à la flambée actuelle des cours du pétrole, l'Afrique cherche à asseoir une stratégie commune. Cette rencontre devrait donc permettre aux pays africains de se retrouver et de faire le point sur la situation du continent dans le domaine énergétique.
Pour pouvoir faire face à cette situation que les Etats ne peuvent contrôler, le ministre de l'Energie et des Mines, M. Madické Niang, estime que les pays africains doivent collaborer entre eux parce que le domaine de l'énergie est celui de l'interdépendance par excellence. Car quand un pays est excédentaire, il doit faire bénéficier de ce plus à ceux qui sont déficitaires. Cependant, Madické Niang reconnaît que l'échange d'expériences est l'élément le plus important parce qu'il permet aux acteurs de ce secteur de partir de situations connues pour mieux les maîtriser.
C'est ce point de vue que défend M. Jean-Pierre Favennec, directeur du Centre Economie et gestion de l'Institut français du pétrole. « Si nous pouvons développer les échanges et les coopérations entre tous ces pays, il est certain que nous ferons de grands progrès parce qu'à notre époque, l'échange est un moyen d'accroissement de la richesse », indique-t-il.
Le Premier ministre, Macky Sall, a rappelé que les dirigeants du continent, à travers le Nepad, ont pris l'engagement, fondé à la fois sur une vision commune et une ferme conviction, d'éradiquer la pauvreté et le sous-développement dont souffre l'Afrique. C'est pourquoi, soutient M. Sall, il est absolument indispensable de valoriser nos ressources énergétiques pour permettre à tous les Africains d'avoir accès aux formes modernes d'énergie. Le chemin à parcourir pour atteindre cet objectif est encore long, dit-il, car malgré une nette progression qui a permis de tripler la consommation énergétique du continent au cours des trente dernières années, la part de l'Afrique ne représente aujourd'hui que 5% de la demande mondiale en énergie.
Et, à titre d'illustration, le Premier ministre indique qu'un Africain ne consomme que 0,6 tonne équivalent pétrole d'énergie, soit huit fois moins que la consommation moyenne dans les pays industrialisés, pendant que les déchets organiques, le pétrole lampant et la biomasse traditionnelle représentent encore 39 % de notre consommation énergétique.
« Cette situation alarmante contraste avec les énormes ressources pétrolières, gazières et hydrauliques du continent. Nos réserves d'hydrocarbures sont estimées à 103 milliards de barils de pétrole, soit 7% des ressources mondiales et celles en gaz naturel à 10.600 milliards de mètres cubes. L'Afrique possède 6% des réserves mondiales de charbon, localisées dans sa partie australe, et un potentiel hydroélectrique de 1300 terawattheures (Twh) par an dont seulement 6% sont valorisées », déplore M. Sall.
La satisfaction des besoins en énergie dans le cadre d'un développement économique et social durable, respectueux de notre environnement humain et naturel, estime le Premier ministre, nécessite une coopération étroite entre les pouvoirs publics, les investisseurs privés et les organisations de développement. Ce partenariat public-privé, jusqu'ici conduit à l'échelle des nations, insiste le Premier ministre, doit être étendu au niveau des sous-régions et de l'ensemble du continent africain, dans le cadre de stratégies concertées au plus haut point.

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