Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Les écoles françaises sont-elles vraiment indispensables en Côte d'Ivoire ?

Mme Cochez Simon Marie-Thérèse

29 Novembre 2004


Je suis arrivée en Côte d'Ivoire en 1962 comme professeur coopérante ; j'ai enseigné 22 ans dans le même établissement ; mes anciens élèves me reconnaîtront quand ils sauront que mon surnom était "Clair et net" et celui de mon mari "Avogadro-Ampère".

Nos 3 enfants ont suivi leur scolarité à Bougainville et à Sévigné, 2 établissements qui, comme tous les établissements scolaires de Côte d'Ivoire, étaient homologués par la France et où le programme était le même que dans toutes les écoles de Côte d'Ivoire. Je dois dire qu'ils n'ont eu aucune difficulté pour faire des études supérieures en France, bien au contraire ! Depuis, certaines écoles sont devenues "écoles françaises" avec un programme français, dans le but de permettre une meilleure réintégration dans les établissements scolaires en France le cas échéant. Mais ! les enfants espagnols, libanais, américains, chinois et autres n'ont-ils pas davantage de problèmes de réintégration lorsqu'ils rentrent dans leurs pays respectifs, eux dont la langue nationale n'est pas le français ? et pourtant ils n'ont pas d'écoles espagnoles, libanaises, américaines et autres ?

Quant aux programmes, ils ne sont pas tellement différents l'un de l'autre ; la finalité n'est-elle pas la même ? le secondaire ne mène-t-il pas au baccalauréat ? et puisque le bac ivoirien est reconnu équivalent au bac français (cf. Service culturel de l'ambassade de France), n'y a-t-il pas d'incongruité à vouloir faire exister 2 entités équivalentes?

Je pense que les parents des 1300 élèves qui n'ont plus leur école ont encore une école. Ils ont à leur disposition un certain nombre d'établissements primaires et secondaires de bonne facture, où la discipline est rigoureuse, où l'enseignement dispensé par des professeurs tant expatriés qu'ivoiriens est d'un très bon niveau.

Je les rassure, leur cas n'est pas désespéré. Ils sont peut-être (et je les comprends) un peu désemparés, mais qu'ils se rassurent ; leurs enfants seront bien accueillis dans des établissements où le programme qui leur sera dispensé est de qualité, où leur seront délivrés des diplômes reconnus par la France et leurs enfants, s'ils le désirent, pourront un jour intégrer un établissement supérieur en France ou ailleurs.

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