Libération (Casablanca)

Maroc: Entretien avec Estanislao Ramirez Barjacoba, président de l'Asociacion de la Prensa del Campo de Gibraltar

interview

Comment évaluez-vous cette 9ème édition du congrès des journalistes du Détroit de Gibraltar?

Mon évaluation des travaux de cette édition porte sur deux volets. Tout d'abord, je voudrais dire que les interventions et de l'ambassadeur d'Espagne au Maroc et du directeur général des affaires bilatérales au ministère marocain des Affaires étrangères auront été de grande valeur et courageuses.

J'estime que l'ambassadeur Luis Planas a fait un exposé très sérieux et rigoureux de même qu'il a abordé des questions très délicates qu'il était impossible d'évoquer il y a encore peu de temps, dont celle du Sahara en rappelant l'engagement de l'Espagne à oeuvrer pour parvenir à une solution politique et définitive au conflit.

L'autre point fort de cette rencontre est l'accent mis par les intervenants, l'ambassadeur Planas comme le responsable du ministère marocain des Affaires étrangères, sur l'importance du dialogue. Désormais, les responsables de nos deux pays doivent apprendre à dialoguer à propos de toutes les questions d'intérêt commun, y compris celles au sujet desquelles leurs opinions respectives sont divergentes.

L'autre aspect de notre congrès, à savoir les visites que nos deux délégations ont eu l'opportunité d'effectuer dans l'une des grandes raffineries pétrolières d'Espagne, d'une part, et au siège, à Séville, de la radio télévision Canal Sur, a été d'un grand intérêt pour nous tous.

A la différence des tout derniers congrès, la présente n'a pas été sanctionnée par une déclaration commune des deux organisations. Quelle est la symbolique de cette absence?

En effet, à l'issue de chacun de nos derniers congrès nous rendîmes publiques des déclarations communes appelant nos gouvernements respectifs à dialoguer pour mettre fin à la crise qui s'était installée dans leurs relations bilatérales. Il était nécessaire, donc, que les travaux de nos dits congrès soient sanctionnés par des conclusions communes. Aujourd'hui, et vu la nouvelle étape dans laquelle se trouvent les relations bilatérales entre nos deux pays, de telles déclarations communes n'ont, fort heureusement, plus aucune raison d'être. A preuve, au cours du présent congrès, nous avons fait le constat de l'amélioration des relations bilatérales entre nos deux pays. Autrement dit, nous n'avons plus besoin d'appeler au dialogue entre nosgouvernants puisqu'ils le font déjà.

Comment voyez-vous l'avenir du partenariat entre les journalistes des deux rives du Détroit ?

Je considère qu'avec les neuf années qui viennent de s'écouler, nous avons bouclé une première étape dans notre partenariat. Une étape durant laquelle nous avons oeuvré pour que le dialogue entre nos deux pays soit fluide et sincère. Maintenant que les choses semblent aller pour le mieux de nos relations bilatérales, avec surtout la mise en place des bases d'un dialogue à toute épreuve entre nos gouvernements respectifs, notre partenariat va désormais prendre une forme beaucoup plus professionnelle. Dans nos prochains congrès, nous allons nous pencher sur les questions qui intéressent nos journalistes dans les deux rives.


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