Fraternité Matin (Abidjan)
Par Josette Barry
3 Décembre 2004
Abidjan — Il est désormais admis que pour la plupart des systèmes éducatifs africains, les défaillances sont liées d'une part aux questions de choix des politiques et d'autre part à l'insuffisance des moyens.
Mais parfois, des contraintes apparaissent, pour s'opposer à la bonne foi des décideurs. Depuis une décennie, celle liée au recrutement des enseignants et la difficulté d'en trouver reste un véritable casse-tête en Côte d'Ivoire par exemple. Si bien que les ministres sont obligés en rapport avec des structures internationales, de se livrer à une véritable gymnastique pour trouver des palliatifs. L'exemple le plus récent dans ce domaine est celui du " montage " réalisé avec l'appui de l'UNESCO.
En effet, l'organisation des Nations Unies a décidé d'appuyer les pays, qui le souhaitent dans leur politique, pour régler le problème de pénurie d'enseignants. L' option prise consiste à demander aux enseignants retraités de reprendre du service, selon un programme bien défini et arrêté certainement d'un commun accord avec eux. Le directeur général adjoint-Afrique de l'UNESCO a au cours d'un entretien avec le ministre ivoirien de l'Education nationale confirmé que l'UNESCO était favorable à cette option qui selon lui est déjà appliquée dans certains pays avec bonheur, semble-t-il.
L'option du recours aux enseignants retraités s'appuie sur le fait que de plus en plus, même lorsque les décideurs sont engagés à recruter, ils sont confrontés à une pénurie en passe de devenir légendaire.
Demander aux retraités de reprendre la craie apparaît comme la solution la plus efficace. D'autres choix opérés auparavant consistant par exemple à pallier l'insuffisance ou l'inexistence des enseignants en mathématiques, par les professeurs de physiques, ont montré des limites. Les résultats ont bien souvent été catastrophiques de l'avis même des spécialistes.
Il faut le dire, la pénurie en matière de personnel enseignant pourrait s'accentuer. Le métier ne suscite plus l'attrait qu'il exerçait sur les générations passées.
L'enseignant n'apparaît plus comme le maître, demi-dieu en quelque sorte, à qui on vouait respect et considération. Car au plan social rien n'a été fait pour valoriser davantage le métier. Mal rémunérés, les enseignants se retrouvent à un niveau trop moyen de l'échelle. Leur environnement n'a pas évolué également ou pire il s'est considérablement dégradé. Les enseignants vivent une véritable promiscuité avec ceux à qui ils sont censés dispenser le savoir. Le mythe a ainsi été entamé.
De fait il n'y a pas eu beaucoup d'effort fait pour offrir au corps enseignant un profil de carrière valorisant. Pourtant, les syndicats des enseignants sont toujours apparus comme les plus puissants. Ils ont démontré leur présence sur le terrain des revendications sociales et politiques, notamment au cours des deux dernières décennies et ont bien souvent été les détonateurs d'une révolution dans ce domaine en ce qui concerne les réformes à apporter aux systèmes éducatifs, réformes issues bien souvent d'états généraux et d'autres forums. Curieusement, ils semblent bien souvent impuissants face au laxisme observé dans de nombreux pays, dans l'application de ces réformes qui dans les textes tiennent compte de leurs revendications.
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