Faydy Drame
11 Décembre 2004
opinion
Malgré les points marqués dans le processus de démocratisation, des manquements au respect des droits humains sont enregistrés au Sénégal. Et à l'occasion de la 56e commémoration de la Déclaration universelle des droits de l'homme, les organisations de défense de droits humains pensent qu'il faut mettre l'accent sur l'éducation aux Droits de l'homme pour venir à bout du mal.
La Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 19948 a été pour la 56e fois célébrée hier partout ailleurs. C'était l'occasion pour le Centre d'information des Nations unies d'organiser une table ronde sur le thème " Education des Droits de l'homme" à la chambre de commerce de Dakar. Une cérémonie présidée par le ministre, haut commissaire aux Droits de l'homme et à la promotion de la paix, Mame Bassine Niang. Pour cette dernière, la moisson 2004 du Sénégal en manière de respect des Droits de l'homme est très belle. Elle le justifie entre autres par la ratification du protocole sur les droits de la femme, le processus de dépénalisation du délit de presse.
El Hadji Malick Sow, secrétaire général du Comité sénégalais des Droits de l'homme, nuance cet enthousiasme en rappelant que ce n'est pas rose au Sénégal. Il y a des manquements notoires par rapport au respect des Droits de l'homme. Et cela, que ce soit de la part de l'Etat, des privés ou tout simplement des citoyens simples. En raison de cette situation, M. Sow, estime qu'il faut intégrer dans les programmes scolaires un volet spécifique pour les droits humains à chaque niveau, du Ci à la terminale et avec des épreuves à l'examen.
En réponse à cette proposition, Mame bassine Niang souligne que le gouvernement invite les acteurs dans ce sens. Selon elle, le président de la République et son gouvernement ont exprimé leur désir de mettre un fonds d'appui à la disposition des organisations de défense des droits humains. Un fonds qui aura comme objectif d'aider en besoins logistiques, de socialisation des valeurs et de capacité de mobilité en milieu rural pour accompagner le processus de démocratisation. Parce que, ajoute-t-elle, la démocratie se nourrit d'ouverture d'esprit, de tolérance et de culture de paix.
Dans cette optique, soutient Mame Bassine Niang, un séminaire sera organisé en février 2005 à l'intention de tous les acteurs de la question afin de mettre en place un plan d'action national pour l'éducation et la promotion aux Droits de l'homme. Cette rencontre sera également axée sur l'implication des citoyens en milieu rural. A cet effet un service juridique et d'écoute en droits humain en milieu rural sera inauguré pour accompagner la décentralisation et le renforcement des capacités des collectivités locales. Mais pour l'effectivité de cette initiative, le président demande aux acteurs de présenter un cahier de doléances avec des propositions concrètes pour instaurer une politique nationale en droits humains.
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