Mohamadou Sagne
13 Décembre 2004
C'est parti donc pour une nouvelle phase du plan Décennal de l'Education et de la Formation au Sénégal. La lettre de politique générale, terme de référence des grandes orientations définies pour l'exécution correcte de ce plan dans la période allant de 2005 à 2010 voire 2015, a été revue et corrigée a l'issue des travaux de deux jours sur la 5e revue annuelle.
Devant la presse à l'issue des travaux, le Ministre de l'éducation Moustapha Sourang a dégagé les grandes priorités de la seconde phase du PDEF dont un accent particulier sera mis sur la qualité. Il a souligné que les acquis seront consolidés en termes « d'intrants lourds ». C'est-à-dire selon le Ministre qui avait à ses côtés ses collègues Georges Tendeng et Ibrahima Fall : « tout ce qui concerne l'accès. Notamment les enseignants qui passeront à 3200 par an, les classes de 2700 à 3000 classes également, le renforcement des manuels scolaires qui devront couvrir maintenant l'enseignement moyen et secondaire en rapport avec l'obligation scolaire qui couvre ces deux ordres d'enseignement ».
250 000 ouvrages déjà distribués
D'ores et déjà a révélé le Ministre de l'éducation, « 250 000 premiers volumes, de sciences de la vie et de la terre (SVT) et de sciences physiques (SP), ont été remis au niveau des inspections d'Académie et vont être distribués gratuitement aux élèves. Ces volumes seront les patrimoines des lycées et CEM du Sénégal.A cela viendra s'ajouter plus tard, peut-être dans un ou deux ans, l'implantation systématique de bibliothèques scolaires d'un montant à peu prés de 2000 ouvrages. »
Ainsi la première phase de l'exécution du PDEF va consister à mettre l'accent sur les intrants lourds avec l'aspect qualitatif qui consiste à renforcer par les cantines scolaires. Car l'expérience a montré que là où des cantines ont été installées, il y a une sécurité alimentaire, un élément important dans le contexte d'ailleurs de la crise post-criquet. Le Ministère de l'Education d'indiquer à ce niveau que : « nous allons renforcer l'alimentation des enfants au niveau des écoles pour sécuriser les parents et aussi renforcer les éléments nutritifs pour que les élèves puissent étudier dans d'excellentes conditions. »
Quant aux options, il a été beaucoup question de maintenir l'élémentaire comme socle fondamental. « Nous allons encore consacrer 45 à 47 % de notre budget éducation (...).Et là, l'aspect nouveau est que le moyen devient éligible à des financements extrêmement importants pour cela. La deuxième priorité c'est la formation professionnelle dont un accent sera mis pour combler le gap notamment en termes d'infrastructures. Aussi, la particularité sera que les Centres universitaires régionaux (CUR) auront une dominante technique et professionnelle. Car les lycées techniques ont très peu de débouchés dans les universités de Dakar et de Saint-Louis.
Présence de tous les acteurs du secteur éducatif
Ce sont là donc quelques aspects de ce plan que le Ministre et son personnel devra traduire en actions pendant les prochaines années. Moustapha Sourang en est conscient. « Nous n'avons pas le droit de décevoir, car le secteur éducatif est notre affaire à nous tous » a-t-il lâché à la clôture de la rencontre qui a réuni au Méridien Président tous les acteurs du secteur éducatif : l'Etat, les collectivités locales, les partenaires et les différents corps d'enseignants. Il y avait aussi les syndicats et les parents d'élèves. Une illustration parfaite de l'esprit partenarial qu'ils ont le devoir d'approfondir et d'entretenir dans ce secteur stratégique qu'est l'éducation.
Un climat serein et courtois a prévalu durant ces deux jours d'échanges fructueux et enrichissants qui ont permis d'évaluer la première phase du programme décennal de l'éducation et de dégager d'importantes recommandations. Les travaux ont permis également d'apprécier les efforts fournis par notre pays dans le secteur éducatif malgré les difficultés enregistrées sur le chemin.
Une appréciation positive des autorités étatiques et locales, des partenaires et des syndicats à l'image du SUDES et le secteur privé qui ont tous pris une pleine mesure des enjeux de ce programme pour lequel ils entendent jouer pleinement leur partition pour plus de qualité.
Le Gouvernement a montré la voie à suivre avec comme constat, deux formes de volontarisme qui sont apparues dans les différentes interventions des uns et des autres. Notamment comme l'a souligné le Ministre de l'Education : « les finances pour lesquels, l'Etat a consacré une part importante (40 %) de ses ressources budgétaires pour l'investir sur l'homme et sur l'éducation. Ensuite la volonté politique et juridique qui s'est matérialisée par la Loi d'orientation qui a été modifiée et qui introduit l'obligation scolaire de 6 à 16 ans. Et qui l'oblige à mettre des moyens du CM2 jusqu'en 3e. C'est très important parce que ça va nous obliger, en termes de qualité et de gestion, à faire des efforts supplémentaires du point de vue de l'enseignement moyen. »
L'étape la plus difficile
La deuxième phase du plan décennal de l'éducation et la formation (PDEF) est somme toute la phase la plus difficile du point de vue du Ministre de l'éducation. Parce que selon le Pr Moustapha Sourang, « autant il est facile d'avoir des bâtiments, de mettre des manuels scolaires à la disposition des élèves, mais il faudra assurer la qualité au quotidien, la gestion de la décentralisation et la responsabilisation des acteurs. En plus de l'imputabilité, c'est-à-dire que nous puissions demander des résultats aux IA et aux IDEN, a qui des moyens seront mis à leur disposition allant de la logistique, l'informatisation du système et des liquidités, la banque ayant accepté de prolonger encore pendant un an ses comptes bancaires.
Au passage, le Ministre a révélé qu'une quarantaine de véhicules 4X4 double cabine seront mis sur le terrain pour le déplacement de ces Inspecteurs. Le Ministre de l'Education n'a pas manqué d'apporter des précisions sur l'introduction de la langue anglaise à l'élémentaire. Pour Moustapha Sourang « c'est un projet qui est envisageable et est à l'étude pour être applicable peut-être les prochaines années ».
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