La Tribune (Algiers)

Algérie: A l'issue d'une rencontre tenue hier à la maison du peuple, à Alger, le Syndicat des travailleurs du textile et cuirs dit non aux privatisations

Mahmoud Mamart

28 Décembre 2004


A quelques jours de la clôture du délai imparti aux différentes fédérations syndicales des travailleurs des entreprises publiques afin de déposer auprès du secrétariat de la centrale syndicale UGTA leurs positions quant au projet de privatisations annoncé par le gouvernement, la Fédération nationale des travailleurs du textile et cuirs (FNTTC) a, à son tour, rejeté les privatisations annoncées et ce, à l'issue de la «conférence nationale» tenue hier à Alger.

Avant même la lecture de la déclaration finale sanctionnant les travaux, des banderoles annonçaient déjà la couleur : «Non à la fermeture et à la privatisation des entreprises publiques», «Non à la concurrence déloyale» ou encore «Non à l'importation de la friperie». Quant au secrétaire général de la fédération, M. Saïdi, il a de prime abord opposé un niet catégorique aux privatisations. «Si, pour le gouvernement, la seule solution pour les entreprises publiques est la privatisation, nous, on dit non !», a-t-il clamé, en ajoutant que «si les corps constitués achètent nos produits, ce sont déjà 40% de notre production qui sera assurée. Donc tout est possible.» Expliquant les difficultés du secteur par l'importation du textile et de la friperie, M. Saïdi s'est dit par ailleurs favorable à toute forme de partenariat. Représentant près de 30 000 travailleurs répartis sur quelque 74 entreprises, le secteur a été durement touché par les compressions d'effectifs. 40 000 travailleurs licenciés, selon le secrétaire général du syndicat, qui a indiqué en outre que 29 usines ont été fermées et trois incendiées par le terrorisme.

Dans la déclaration finale ayant sanctionné la rencontre, il a été clairement indiqué que la privatisation telle que prônée aujourd'hui pour le secteur textile et cuirs «est semée d'illusions», ajoutant qu'«il s'agit ni plus ni moins que de démanteler une industrie qui n'a pas épuisé ses capacités à participer au développement national en fournissant richesse et emploi».Revendiquant un traitement «égalitaire» devant les entreprises privées, «véritable source de création de richesses et d'emplois pour le pays», le syndicat indique a contrario que le secteur parasitaire, «qu'il soit national, ne lui donne aucune faveur y compris face à l'investisseur étranger». Le syndicat revendique en outre «l'octroi de chance et ce, avec comme garant le concours de l'Etat en tant qu'accompagnateur mais aussi un Etat qui renforce de plus en plus son rôle de régulateur».

Comme propositions de protestations accompagnatrices de ses doléances, le syndicat invite à faire de la journée du 24 février «la journée contre la privatisation sauvage et la sauvegarde du secteur public». La FNTTC exige par ailleurs un plan de relance du secteur, que les crédits accordés aux candidats repreneurs soient octroyés à l'EPE concernée sur la base d'un véritable contrat de relance ainsi qu'un véritable plan de mise à niveau prenant en compte les formations et la qualification du personnel financé par l'Etat. Comme elle dit refuser «toute privatisation qui supprime l'activité dans l'objectif de recycler le foncier». Enfin, le syndicat plaide pour réanimer l'envie de se battre pour survivre chez les travailleurs, «démoralisés par trop de défaites et d'arrogance imposées par le libéralisme sauvage».

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2004 La Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Algérie

Rubriques