M. Nicolas Sonko
28 Décembre 2004
C'est un scandale !, dénonce-t-on à l'Organisation des enseignants du Sénégal (Oes). C'est inadmissible !, confirme-t-on au Syndicat des enseignants libres du Sénégal. Des titulaires du bac formés en quinze jours pour enseigner à leurs enfants du primaire, les parents d'élèves des régions de Kaolack et de Diourbel n'en veulent pas non plus.
A Kaolack et Diourbel, des jeunes en possession du Bac ou ayant le niveau seulement, sont en train d'être recrutés pour enseigner au cours primaire. Selon notre source, ils ne sont ni des enseignants titulaires ni des volontaires. Ils ont été formés sur le tas et leur formation n'aura duré que quinze jours. Et ils sont payés au même titre que les volontaires légalement engagés.
Au ministère de l'Education, on explique ces recrutements par la nécessité de combler le déficit d'enseignants qui s'est manifesté au cours de l'année scolaire. Ainsi, selon les responsables de ces recrutements, à l'heure actuelle, plus de 20 000 élèves sont sans enseignants. "Et c'est pour combler ce vide qu'on procède à ces recrutements" en puisant sur le quota sécuritaire qui est prévu à cet effet. Un argument balayé d'un revers de main par Youssou Touré, le secrétaire général de l'Organisation des enseignants du Sénégal (Oes) qui est d'avis qu'on "discrédite ainsi le système éducatif du Sénégal". M. Touré s'insurge contre ce recrutement qu'il juge irrégulier et anti-pédagogique. "Comment pourrions-nous déplorer la formation initiale de trois mois qui était auparavant dispensée aux volontaires et accepter celle de 15 jours ?", s'interroge-t-il. "Que le ministère explique en parlant d'un quota sécuritaire à titre exceptionnel, est absurde dans la mesure où le recrutement et la formation du corps enseignant sont des problèmes assez récurrents". Le secrétaire général de l'Organisation des enseignants du Sénégal assimile ces recrutements à un scandale auquel il faut mettre fin à tout prix.
Souleymane Diallo, secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal que nous avons joint par téléphone, nous dit ne pas être au courant de ces recrutements. "Je sais qu'il y a des vacataires qui bénéficient d'un séminaire de 15 jours pour s'imprégner des données pédagogiques. Mais un autre recrutement différent des volontaires, là non, pas du tout. C'est inadmissible".
Quant aux parents d'élèves des différentes localités concernées, ils n'entendent nullement se laisser faire. Au même titre que les organisations syndicales, ils s'engagent à dénoncer ces recrutements.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2004 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.