Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Education nationale : 2600 agents contraints à la retraite

4 Janvier 2005


Ils espéraient partir à 60 ans. Le Premier ministre demande des explications

Brice R. Mbodiam

Education

2600 agents poussés à la retraite

Ils espéraient y aller à 60 ans.

Un employé de l'ex-Minéduc déclare qu'avant de mettre un employé à la retraite, l'usage commande qu'il en soit «informé au moins 6 mois à l'avance, avec un rappel chaque mois sur son bon de caisse». L'ancien ministère de l'Education nationale (Minéduc) vient de déroger à cette coutume. En servant à une partie de ses employés , à la fin du mois de décembre, un cadeau de fin d'année assez particulier : des notifications de mise à la retraite ont été adressées à 2639 personnes, directement sur leur bon de caisse. C'est le cas de M. Bineli, 54 ans, maître de l'Enseignement technique en service à l'Ecole normale des instituteurs de l'Enseignement technique (Eniet) de Monatélé. Rendu à sa banque pour percevoir sa solde du mois de décembre, il a été surpris qu'on lui brandisse 26. 000 Fcfa. «J'ai couru aussitôt aux Finances pour me plaindre. C'est là-bas qu'on m'a fait savoir que j'étais mis à la retraite», confie-t-il.

Ce dernier fait d'ailleurs savoir qu'il aurait normalement dû être appelé à faire valoir ses droits à la retraite en l'an 2000. Mais, il sera «sauvé» par la signature, le 05 décembre 2000, du statut particulier des fonctionnaires des corps de l'éducation nationale qui, en son article 72, stipule que tous les personnels du corps de l'éducation iront désormais à la retraite «à l'âge de 60 ans». Et que, précise-t-on dans l' article 23, «pour la constitution du cadre initiale du cadre des instituteurs de l'Enseignement maternel et primaire crée par le présent statut, y seront intégrés par des actes particuliers, avec maintien des avantages de carrière et acquis», poursuit l'article 74 alinéa 2 du même texte, les agents contractuels et décisionnaires relevant jusque-là du code du travail.

C'est certainement fort de cette disposition que M. Bineli a continué à travailler et à percevoir normalement son salaire, jusqu'au mois de novembre dernier. Pour être à l'abri de toute surprise, il a constitué un dossier d'intégration (comme l'indique le statut) qui ne sera pas accepté au ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative. «Ils ont demandé que j'aille d'abord demander un reclassement chez mon employeur. Depuis 02 ans, j'ai mon dossier bloqué à la direction des ressources humaines [de l'ex-Minéduc]», se plaint-il. Conséquence : on vient de lui notifier sa mise à la retraite par bon de caisse. Lui adressera-t-on aussi un ordre de recettes pour les salaires perçus depuis l'an 2000 ?

Contradiction

Parmi ces retraités peu ordinaires, beaucoup, apprend-on à l'ex-Minéduc, «ont encore leur dossier d'intégration dans le circuit». D'autres, par contre, ont même déjà leurs arrêtés d'intégration, mais qui n'ont pas encore été suivis d'effets financiers. Pour ceux-là, déclare une source qui n'a pas souhaité se dévoiler, un registre visant à consigner les plaintes a été ouvert au service du courrier. Information non confirmée ni infirmée par le responsable de ce service, qui a estimé ne pas être habilité «à donner quelque information que ce soit». Cette décision, qui préoccuperait actuellement le Premier ministre (Pm), Ephraim Inoni, concerne, selon les informations recueillies auprès de la cellule de la communication de l'ex-Minéduc «aussi bien les agents décisionnaires et contractuels des services centraux qu'extérieurs» de ce département ministériel, qui à la suite de la réorganisation du gouvernement le 08 décembre dernier, a éclaté en deux : le ministère des Enseignements secondaires et celui de l'Education de base.

Une source crédible indique en effet que le chef du gouvernement aurait demandé à Haman Adama, ministre de l'Education de base, de lui faire un compte-rendu de la situation. Le ministre, à en croire la même source, aurait obéit à cette requête du Pm, par une correspondance à lui adressée hier. Un document dans lequel Haman Adama explique en substance que ces retraités ne peuvent pas se prévaloir du statut particulier du 5 décembre 2000. Car, celui-ci ne concerne que les cadres de la catégorie A (professeurs des lycées et conseillers d'orientation) et ceux de la catégorie B (instituteurs de l'Enseignement primaire), croit savoir le ministre. Un argumentaire malheureusement en contradiction avec l'article 74 alinéa 2 du statut en question.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2005 Le Quotidien Mutations. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Cameroun

Liens Pertinents

Rubriques