C'est en juillet prochain que les responsables de la Société des autoroutes du Maroc, (ADM) prévoient la mise en service du tronçon Tanger-Asilah.
Actuellement, plus de 72% des travaux du chantier sont déjà réalisés. Un chantier qui aura mis à l'épreuve le savoir-faire et les compétences des ingénieurs de l'entreprise turque, DOGUS - INSAAT qui a la charge des travaux relatifs au marché principal.
La construction de l'autoroute Tanger-Asilah se distingue, en effet, par des quantités importantes à réaliser au niveau des terrassements,assainissement, chaussée et ouvrages d'art. Il aura fallu au moins 3200 km de canalisations et drains pour vaincre l'ennemi numéro un du chantier : l'eau.
«Le tiers du tracé de ce projet, soit plus de 10 km, est situé en zone compressible nécessitant un traitement particulier pour consolider le terrain», affirment des responsables de l'ADM. Les techniques utilisées, expliquent-ils, sont les colonnes ballastées et les drains verticaux. Ces techniques nécessitent une période d'attente pour la stabilisation du terrain pouvant dépasser une année avant de passer à l'étape suivante. Ce qui explique sûrement les délais particulièrement longs par rapport à d'autres tronçons autoroutiers réalisés par l'ADM.
L'objectif étant, nous précise-t-on, d'éviter des déformations importantes de la chaussée en phase d'exploitation de l'autoroute. La dernière section qui a subi ce traitement, ne sera stabilisée qu'aux environs du mois d'avril 2005. Le ministère de l'Équipement et l'ADM disent, toutefois, avoir pris le parti d'adopter des plannings serrés pour la réalisation de cette section dans un délai de 43 mois.
En plus de cette question de délais, un autre souci semble particulièrement préoccuper les responsables de l'ADM, celui de la préservation de l'environnement.
Le passage de l'autoroute dans la large vallée de Tahaddart a nécessité, en effet, la construction d'un pont très important, certainement le plus long du Maroc. «Le choix du pont dans cette section a été motivé, nous explique-t-on, par le souci de préserver l'équilibre écologique de la région et de construire un ouvrage «transparent» qui s'intègre totalement dans le paysage particulier de cette vallée». Au lieu de cet énorme ouvrage d'une longueur de près de 1,4 km et qui a englouti plus de 53.000 m3 de béton et quelque 10.800 tonnes d'acier, un pont d'une moindre envergure, de quelques centaines de mètres de longueur, aurait suffi largement pour les 200 m que représente le lit de l'oued Tahaddart, explique un ingénieur de l'ADM.
Mais au lieu d'opter pour cette solution de facilité, l'on a décidé de réaliser cet immense ouvrage dont le volume des travaux correspond, à titre d'exemple à quelque 1800 unités d'habitations sociales d'une superficie de 100 m2.
C'est le coût qu'il fallait payer pour préserver un Site d'intérêt biologique et écologique (SIBE) qui s'étale sur 14.000 ha. Le tracé autoroutier traverse ce SIBE de Tahaddart sur 15 kilomètres environ. Et tient-on à souligner : «Aucune aire de service ni gare de péage n'ont été projetées au niveau de cette section pour minimiser l'impact sur l'environnement et éviter les rejets d'hydrocarbures et les déchets domestiques ».
Le tracé traversant le SIBE de Tahaddart peut être décomposé en 3 parties distinctes, précise-t-on. Au niveau de la première section, située dans la zone humide, l'autoroute longe la voie ferrée et ne constitue donc pas de barrière physique en plus des rails.
Pour la deuxième section, le choix d'un pont au lieu d'un ouvrage en remblai a été dicté par des considérations environnementales. En effet, le choix a été porté sur un pont, ouvrage «transparent», enjambant la vallée de l'Oued Tahaddart sur 1.372 mètres, alors que le litmineur est large de moins de 200 m. Par ailleurs, le projet a eu comme soucis de minimiser le passage dans la forêt de Houara. En plus, la localité de Houara a été contournée.
Les préoccupations d'ordre environnemental ne se limitent pas à ce stade, les responsables de l'ADM ont, en outre, envisagé un système d'évacuation des eaux de pluie et d'assainissement. Les eaux d'assainissement de l'autoroute, chargées en éléments polluants : métaux lourds, matières en suspension, etc. seront récupérées dans des fossés latéraux bétonnés qui seront drainées, expliquent les ingénieurs de l'ADM, vers des bassins de décantation associés à des bassins déshuileurs avant d'être rejetés dans le milieu naturel afin de minimiser la perturbation du fonctionnement de l'écosystème de la zone humide. 20 déshuileurs sont prévus à cet effet, tient-on à préciser.
Le projet prévoit par ailleurs pour la protection de la nappe phréatique de Charf El Aakab, principale réserve en eau potable de la ville de Tanger, par la mise en place d'une «géomembrane» étanche ayant une forte résistance aux produits hydrocarbonés. Cette «géomembrane» a été mise en place sur environ 96.600 m2.
Rappelons que la liaison autoroutière Tanger-Asilah est d'une longueur de 30km. Le coût de cette section est estimé à 1,4 milliard de dh. Il est financé par la BEI à hauteur de 550 millions de dirhams et le reliquat par l'ADM. Le trafic attendu sur cette liaison autoroutière qui sera mise en service en 2005 est estimé à 4.800 véhicules par jour.

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