Fraternité Matin (Abidjan)
Ernest Aka Simon
13 Janvier 2005
Abidjan — Le ministre britannique de l'économie et des Finances est sur le continent africain pour rechercher des solutions contre la pauvreté.
Il est tout bonnement inacceptable, à notre époque moderne, que le reste du monde se désintéresse de centaines de millions d'enfants qui n'ont pas la chance d'avoir accès à l'éducation».
Le ministre britannique de l'Economie et des Finances, Gordon Brown, a fait cette déclaration, hier, à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, la capitale du Kenya.
Gordon Brown faisait, ainsi, un clin d'oeil aux pays développés à qui il demande de soutenir l'Afrique dans son combat contre la pauvreté, à travers «un nouveau plan Marshall». Le ministre britannique de l'Economie et des Finances veut être au fait des réalités africaines. En témoigne la tournée qu'il effectue sur le continent et dont Nairobi constitue la première étape.
Le programme de reconstruction de l'Europe, initié par les Etats-Unis au lendemain de la seconde guerre mondiale, a inspiré M. Brown. D'où l'idée de «nouveau plan Marshall» qu'il émet.
Le financement de l'éducation en Afrique par les pays industrialisés entre dans le cadre du programme du Premier ministre britannique, Tony Blair pour l'année en cours. Qui voit Londres assurer la présidence du G8 et celle de l'Union européenne.
En octobre dernier, lors d'une réunion de la Commission pour l'Afrique, à Addis Abeba, M. Blair avait fait une déclaration de taille : l'Afrique serait un des «sujets dominants» du G8 et de l'Union européenne. Qui plus est, il avait créé en mai 2004 la Commission pour le continent africain pour contribuer à son développement.
L'on comprend dès lors la préoccupation de M. Brown. Etant donné le coût du financement de l'éducation sous les tropiques : 10 milliards de dollars par an sur les 10 prochaines années. Un « lourd tribut ». Gordon Brown pense qu'il est un investissement utile : « Donner à chaque enfant une chance d'accéder à l'enseignement primaire constitue, sans doute, pour 10 milliards de dollars par an, un des meilleurs investissements ( ) en termes de sécurité et pour des raisons sociales, éducationnelles et économiques ».
Les ressources nécessaires seront, à cet effet, déployées. A en croire Gordon Brown, les pays développés feront en sorte que l'Afrique dispose « des enseignants et du personnel, des écoles et des livres ». Des prestations qui vont de soi outre atlantique et « qui ne coûtent pas si cher à long terme ».
M. Brown est confiant quant à la réussite de son concept au plan mondial. Du reste, il a étendu sa plaidoirie aux pays les moins nantis. Jeudi dernier, à Edimbourg, en Ecosse, il a proposé au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement (Bad) l'annulation des 80 milliards de dette des pays pauvres. «Un nouveau plan Marshall pour le monde en développement».
« Je crois que le monde va passer à l'action cette année, a-t-il souligné en voyant ce qui est fait, mais aussi en raison de l'honneur inspiré par ce qui n'est pas fait ».
Après le Kenya, Gordon Brown se rendra en Tanzanie, au Mozam-bique et en Afrique du Sud où il assistera, lundi à une réunion de la Commission pour l'Afrique.
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