Cameroon Tribune (Yaoundé)

Côte d'Ivoire: Crise ivoirienne : Ouattara et Soro chez Thabo Mbeki

Raphaël Mvogo

24 Janvier 2005


Des rencontres séparées entre le médiateur de l'Union africaine et ses deux hôtes ont eu lieu hier à Pretoria.

Malgré les manoeuvres visant à la torpiller, dénoncées par le président sud-africain lui-même et imputées à une puissance étrangère, la médiation de Thabo Mbeki dans la crise ivoirienne avance. Le négociateur désigné par l'Union africaine (UA) a reçu hier à Pretoria, deux des principaux acteurs de cette crise. A savoir, l'opposant et ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, dont la candidature à l'élection présidentielle d'il y a cinq ans fut écartée, en raison du concept de l'" ivoirité " repris dans l'article 35 de la Constitution ; et Guillaume Soro, secrétaire général des Forces nouvelles (FN), l'ex-rébellion qui contrôle le nord de la Côte d'Ivoire et dont les ministres boycottent depuis le 3 novembre, la participation au gouvernement de réconciliation nationale présidé par le Premier ministre de consensus, Seydou Elimane Diarra.

Les entretiens entre Thabo Mbeki et ses deux hôtes se sont déroulés de manière séparée. Sans nul doute, ils ont porté sur la position de ces représentants de l'opposition au régime du président Laurent Gbagbo par rapport aux conclusions du tout premier sommet du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine tenu le 10 janvier à Libreville, au Gabon. Dans sa déclaration finale, cette rencontre avait jugé que " le référendum est l'une des options - qui n'est pas exclusive - auxquelles le président de la République de Côte d'Ivoire pourrait avoir recours, seulement si cette consultation est organisée dans le respect de l'esprit de Linas-Marcoussis ". Le Conseil en avait par ailleurs appelé à " une solution rapide de cette question, et ce de manière à encourager la mise en oeuvre du programme DDR [NDLR : démobilisation, désarment et réinsertion] et à permettre la tenue des élections dans les délais prévus, en octobre 2005 ".

Opposés au référendum sur l'application de la réforme constitutionnelle déjà adoptée par l'Assemblée nationale, les dirigeants des FN considèrent les résolutions du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine comme une carte blanche accordée au président Laurent Gbagbo et donc, une victoire remportée par ce denier sur ses adversaires. Par conséquent, ils ont décidé de radicaliser davantage leur position quant à la mise en oeuvre du processus de paix. D'où le boycott par les neuf ministres FN, du conseil des ministres extraordinaire tenu le 11 janvier à Yamoussoukro, en présence de Thabo Mbeki. Par ailleurs les FN refusent de favoriser la mise en oeuvre du programme DDR qui, selon la " feuille de route " du médiateur de l'UA, devait débuter au cours de ce mois. Quant à Alassane Ouattara, on sait qu'il est le principal enjeu de la révision de l'article 35. En cas de référendum, les chances pour qu'une voie s'ouvre en faveur de sa candidature, déjà annoncée d'ailleurs, au scrutin présidentiel ne sont pas évidentes. Aussi espère-t-il obtenir, tout comme les FN, que l'option du président ivoirien soit exclue.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2005 Cameroon Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Côte d'Ivoire

Rubriques