Altervision (Abidjan)
19 Janvier 2005
analyse
Abidjan — Au cours de son second mandat, le Président Georges W. Bush s'emploiera, selon ses proches, à donner une nouvelle impulsion à la politique en direction de l'Afrique, et à centraliser l'aide au développement économique au Continent et aux autres pays, dans le cadre de la Société du millénaire.
En 2002, le Président Bush a proposé un nouveau pacte de développement, dans le but "d'amener les pays riches aussi bien que les pays pauvres à justifier davantage de leur action, en subordonnant l'octroi des contributions plus élevées de la part des pays industriels à une plus grande responsabilité des pays en développement".
Ce nouveau pacte s'appuie sur le principe que "l'aide au développement économique ne peut donner des résultats, qu'à condition d'être accompagnée d'une politique judicieuse dans les pays en développement." Dans le cadre de cet engagement, la Société du millénaire (MCC) permettra d'allouer une part importante de l'Aide Publique au Développement (APD) "au soutien de politiques nationales propices à la croissance et au développement durable".
Le Congrès des Etats-Unis a affecté à la Société du millénaire près d'un milliard de dollars pour l'année budgétaire 2004 et 1,5 milliard de dollars pour 2005.
La MCC alloue ses ressources, en fonction de critères permettant d'évaluer, dans quelle mesure les Gouvernements des pays en développement "donnent suite à l'engagement qu'ils ont pris, de gouverner avec justice, d'investir dans le domaine social et de favoriser la libre entreprise dans le domaine économique".
En dollars courants, les Etats-Unis sont actuellement le premier pourvoyeur mondial d'APD, puisqu'ils ont fourni 15,8 milliards de dollars d'APD en 2003, soit 23 % du total mondial qui s'élève à 68,5 milliards de dollars.
Selon l'OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economique) l'APD des Etats-Unis a augmenté de 16,9 % en valeur réelle en 2003, pendant que l'APD de l'Union Européenne n'augmentait que de 2,2 % en valeur réelle.
Les Etats-Unis sont le premier importateur de biens provenant des pays en développement.
Leurs importations ont atteint 680 milliards de dollars en 2003, soit dix fois plus que l'ensemble de l'APD accordée aux pays en développement par tous les donateurs.
Selon les estimations de la Banque mondiale, sur un total mondial de 111 milliards de dollars de transferts de fonds en 2001, 65 % - soit 72,3 milliards de dollars - ont été effectués en direction des pays en développement.
Les Etats-Unis constituent la première source de capitaux privés, en direction des pays en développement ; ces capitaux se sont élevés en moyenne à 36 milliards de dollars par an, entre 1997 et 2000.
L'Office de l'Aide aux Sinistrés à l'Etranger (OFDA), qui fait partie de l'Agence pour le Développement International (USAID) du Département d'Etat des Etats-Unis, aide des pays du monde entier à se relever de catastrophes.
En Novembre 2004, l'OFDA, dont le budget annuel est de plus de 300 millions de dollars, avait répondu à 69 déclarations de catastrophe, dans 58 pays.
L'OFDA a ainsi apporté une aide par l'intermédiaire de partenaires sur le terrain et/ou en déployant des équipes en Afrique, en Asie, aux Caraïbes et en Amérique Latine. Il a notamment fourni une aide à l'Iran et au Maroc à la suite des tremblements de terre, en Afrique du Nord et de l'Ouest, à la suite de l'invasion de criquets et dans des pays comme l'Angola et l'Erythrée, à la suite de sécheresses et de pénuries alimentaires.
Le plan d'urgence en matière de lutte contre le Sida, dont le budget doit atteindre 15 milliards de dollars et qui vise à combattre le Sida dans plus de 100 pays, met l'accent sur 15 pays d'Afrique, des Caraïbes et d'Asie.
Il a pour objet de fournir des traitements antirétroviraux à 2 millions de personnes séropositives, de prévenir 7 millions de nouveaux cas de séropositivité et de fournir soins et soutiens à 10 millions de personnes séropositives ou touchées par le Sida, dont les orphelins et les enfants vulnérables.
Les Etats-Unis qui sont le premier donateur au monde dans le domaine de la lutte contre le Sida consacrent, à la prévention de cette maladie et aux programmes visant à en atténuer les effets, des sommes deux fois plus élevées que tous les autres donateurs combinés.
L'USAID a annoncé, en Avril 2004, qu'elle prévoyait d'investir 70 millions de dollars pendant une période de 9 ans, dans des programmes sanitaires ciblés, visant à prévenir les maladies diarrhéiques, l'une des principales causes de mortalité des populations vulnérables, qui tue, tous les ans, environ 2 millions d'enfants de moins de 5 ans.
En faveur de l'éducation en Afrique, le Gouvernement Américain a mis en Å"uvre une initiative qui a permis de former 25 000 enseignants ; les Etats Unis continuent d'offrir des bourses à des étudiants originaires de plus de 30 pays d'Afrique subsaharienne.
Dans le domaine de la faim en Afrique, ce sont "des milliers de collectivités qui ont bénéficié de plus de 30 nouvelles techniques agricoles fondées sur les efforts de l'USAID. Parmi ces techniques figurent, entre autres : de nouvelles techniques d'apports d'engrais, qui aident 10 000 ménages ; l'hybridation de plantes, avec la distribution de plus de 64 000 plantes à 4 000 agriculteurs ; des plantes résistantes destinées à 250 000 ménages dans 9 pays. Neuf nouveaux programmes de biotechnologie ont également été mis en Å"uvre".
Depuis le lancement en Mars 2003, de l'initiative en faveur de la liberté numérique, "le Sénégal a réalisé des progrès dans le développement des technologies de l'information et de la communication, dans les micro, petites et moyennes entreprises ; ce qui permet de faire progresser les réformes des télécommunications au Sénégal".
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