International Freedom of Expression Exchange Clearing House (Toronto)
28 Janvier 2005
Toronto — Le 12 janvier 2005, le journaliste Ali Lmrabet a déposé une demande d'autorisation pour la parution d'un nouvel hebdomadaire auprès du bureau des journaux du tribunal de première instance de Rabat, en remplacement de "Demain" magazine, interdit au Maroc depuis mai 2003.
En retour, on lui a refusé un récépissé puis l'accès au bureau du procureur du roi.
RSF dénonce le harcèlement dont est victime Lmrabet. "L'acharnement des autorités marocaines contre Ali Lmrabet semble sans limites. Il est pourtant urgent que les lois soient respectées. Les autorités n'ont pas le droit de refuser la publication d'un nouveau journal sans donner de motif valable", a ajouté l'organisation.
Le 12 janvier, le journaliste marocain s'est présenté au bureau des journaux du tribunal de première instance de Rabat pour déposer un dossier de demande de parution d'un nouvel hebdomadaire francophone satirique. Il avait auparavant annoncé dans la presse qu'il déposerait le nom "Après-demain". Et c'est sans surprise qu'il a appris, au bureau des journaux, que ce nom était déjà pris. Il a donc déposé un dossier pour faire paraître "Demain libéré".
Les autorités ont tenté de trouver d'autres failles au dossier, mais il était complet. Le substitut du procureur lui a alors demandé de revenir le lendemain. Ce jour-là, un policier a interpellé Lmrabet par son nom et lui a interdit l'accès au bureau du procureur en déclarant qu'il ne faisait qu'appliquer des instructions.
La loi est pourtant claire. Lorsqu'un dossier de demande de publication est déposé, les autorités doivent en retour, comme l'indique l'article 6 du code de la presse et de l'édition, "immédiatement donner [un] récépissé provisoire cacheté et daté. Le récépissé définitif est délivré obligatoirement dans un délai maximum de 30 jours, à défaut, le journal peut paraître".
Khalid Mokhtari, attaché de presse auprès du ministère de la Justice, a déclaré à RSF que le dossier de Lmrabet nécessitait des éclaircissements.
Lmrabet a pour sa part souligné : "Je sais parfaitement que pour que je puisse publier un journal au Maroc, Mohammed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, doit impérativement consulter le roi Mohammed VI, ou l'un de ses conseillers. Mon affaire est directement gérée par le Palais".
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