Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Nouvelle stratégie pour dépister l'anémie SS

Jean-Pierre Nkutu

8 Février 2005


Kinshasa — Les examens biochimiques des selles couplées à une importante étude relative à l'anémie S.S. débutent le lundi 7 février sur toute l'étendue de notre pays. Ils prendront fin le 31 mars 2005.

Initiées par le Programme National de Nutrition (Pronanut), cette double activité va bénéficier du soutien matériel de l'Unicef. D'autres structures techniques du ministère de la Santé vont être associées à ces activités; notamment les directions chargées de la lutte contre la bilharziose, de la parasitose intestinale, etc. Une vingtaine de superviseurs centraux viennent d'achever une session de formation de deux jours. Médecins, laborantins, chimistes, nutritionnistes censés mener à bien l'étude sur l'anémie vont former d'autres paramédicaux à leur tour. Ces informations ont été livrées au Phare par Augustin Kamanda, chargé de la "Normalisation et du contrôle de la qualité des aliments" au Pronanut. Il a justifié la présence des hommes en blouse blanche et des chimistes à cette session de formation par le souci qu'ils ont de crédibiliser les résultats de cette étude.

Expliquant la finalité de leur démarche, il a dit qu'ils veulent confirmer non seulement la présence de l'anémie dans notre pays, mais également établir un lien causal entre la drépanocytose et la persistance de la parasitose intestinale et une alimentation peu équilibrée. Il faut intégrer le paludisme comme autre cause. C'est dans ce sens qu'ils organisent simultanément l'étude sur l'anémie et les examens biochimiques des selles. De l'étude proprement dite, Augustin Kamanda a indiqué qu'ils vont focaliser leurs travaux sur une cinquantaine de zones de santé sur les cinq cent quinze que compte la RDC. Prenant comme référence la densité, ils ont retenu six zones de santé pour la province Orientale, l'Equateur, le Kasaï Occidental et même la ville de Kinshasa. Evoquant l'aspect méthodologique, il a précisé qu'en raison des contingences matérielles, cent enfants, vingt mères allaitantes et enceintes vont être consultés par zone de santé. En ce qui concerne l'anémie infantile, seuls les enfants de 6 à 59 mois seront consultés. Par contre pour l'examen des selles des enfants, la tranche d'âge retenue est de 12 à 59 mois. L'indicateur retenu pour l'étude de l'anémie est le taux d'hémoglobine.

De fil en aiguille, il en est venu à aborder le problème de l'appareillage. Des hémocues vont aider à déterminer avec exactitude le taux d'hémoglobine. Les micro-cuvettes serviront à prélever le sang. Sur ce point, il a spécifié que le taux normal d'hémoglobine est de 12,4 gr pour un décilitre de sang.

Un questionnaire socio-économique sera soumis aux parents pendant les consultations. Ce questionnaire devrait aider à compléter leur étude. Pendant que les laborantins, les infirmiers chefs des centres de santé et superviseurs seront occupés à manier les micro-cuvettes et les hemocues, les responsables des quartiers se chargeront de la sensibilisation des parents.

Enfin, juste après cette double activité, les statisticiens vont entrer dans la danse pour déterminer le taux de prévalence de l'anémie S.S. au niveau national et provincial.

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