Neïla Rhaim
22 Février 2005
- Faites vérifier régulièrement votre tension artérielle par votre médecin. C'est l'un des mots d'ordre de la campagne nationale de sensibilisation initiée par la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire avec le soutien de Sanofi Aventis.
Deuxième cause de mortalité en Tunisie, après le cancer, mais, probablement, première en milieu urbain, les maladies du coeur et des artères (cardiovasculaires) sont des pathologies dont la caractéristique principale est de vous prendre en traître. Car c'est souvent en silence qu'elles progressent jusqu'à leur dénouement. Un dénouement généralement grave et parfois mortel, sans sommation.
De nombreux facteurs peuvent les favoriser, tels que tabagisme, diabète, hypercholestérolémie, obésité, prise d'hormones Les chiffres disponibles sont alarmants. A partir de 35 ans, un Tunisien sur six est obèse, un Tunisien sur six est diabétique, un sur six présente un excès de cholestérol, un Tunisien sur trois fume régulièrement et un sur trois est hypertendu.
L'hypertension concerne 15% de la propulation, soit un million et demi de personnes. Elle touche 19,3% des hommes et 22,2% des femmes dans la tranche d'âge 40-50 ans et 25% des hommes contre 36,4% des femmes dans la tranche d'âge 50-60 ans.
Des chiffres alarmants
Si l'hypertension suscite autant d'inquiétude, c'est parce que c'est une maladie silencieuse. La plupart des personnes atteintes ne ressentent aucun symptôme gênant, alors même que l'hypertension est en train de détériorer leurs artères, d'user progressivement leurs organes et d'augmenter leurs chances d'avoir des complications. Certains symptômes, comme maux de tête, troubles de la vue et acouphènes, peuvent, il est vrai, se manifester en cas d'hypertension sévère, mais ce sont là des manifestations qui peuvent tout aussi bien avoir une autre origine. Selon des chiffres de 2002, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'hypertension artérielle, qui est responsable de 13% de la mortalité totale dans le monde, est impliquée dans 62% des accidents vasculaires cérébraux et dans 49% des cardiopathies ischémiques.
C'est dire l'importance du diagnostic précoce pour le contrôle à long terme de cette pathologie. Or, selon une enquête de l'Institut national de la santé publique (1997), sur 100 hypertendus, seuls 23 se savent hypertendus, (dont 13 sont équilibrés), alors que les autres, soit 64%, ne se découvriront hypertendus qu'en cas de complications graves.
Pour sensibiliser la population, la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire, en collaboration avec les laboratoires Sanofi Aventis, a mis sur pied une campagne nationale d'affichage grand public qui a débuté le 12 décembre dernier et se prolongera durant l'année 2005.
Une maladie silencieuse
Qu'est-ce qu'on appelle tension artérielle ? Pour parcourir les artères qui l'amènent à tous les organes et tissus de l'organisme, le sang doit être sous pression. C'est le muscle cardiaque qui fait office de pompe.
Une pression trop élevée devient une surcharge de travail pour le coeur, épaissit et durcit les artères, favorisant le dépôt de graisses sur leur paroi (athérome) et entraîne à plus ou moins long terme angine de poitrine et infarctus du myocarde. En provoquant le rétrécissement des artères cérébrales, l'athérosclérose (qui est la sclérose des artères due à l'athérome), peut augmenter les risques d'accident vasculaire cérébral. L'obstruction des artères rénales provoquera des dommages aux reins, alors que l'obstruction des artères des jambes, en particulier chez les fumeurs, peut causer une artérite, etc.
En général, la tension artérielle augmente à partir de l'âge de 35 ans. Quoique, chez les femmes, elle n'augmente souvent qu'à partir de 50 ans, soit au début de la ménopause. Dans un cas sur 20, on peut identifier une cause bien précise de l'hypertension, on parle alors d'hypertension artérielle secondaire. C'est toutefois un phénomène assez rare dû, la plupart du temps, à des troubles rénaux ou parfois à certaines maladies cardiovasculaires ou à des dérèglements hormonaux.
Dans plus de 90% des cas, on ne découvre aucune cause à l'hypertension artérielle. Les facteurs déclenchants sont multiples. Il y a ceux qui sont maîtrisables, comme l'obésité, une alimentation mal équilibrée, une consommation excessive de sel ou d'alcool, la sédentarité et le stress. D'autres facteurs ne sont pas contrôlables. C'est le cas de l'hérédité et de l'âge.
Eviter les complications
Comment savoir si vous êtes un sujet à risque ? C'est simple, répondez à ce petit questionnaire :
- Vos parents sont hypertendus
- Vous avez plus de 50 ans'
- Vous prenez des hormones (pilule contraceptive, traitement hormonal substitutif)
- Vous fumez, vous êtes nerveux
- Vous avez un problème de poids
- Vous êtes sédentaire.
Il est désormais établi qu'hormis le sexe, l'âge et l'hérédité, les principaux facteurs de risque sont liés au mode de vie. Lutter contre l'hypertension, c'est contrôler ces facteurs de risque. Une prévention efficace débute tôt, dès l'enfance, âge où l'on assimile durablement ce qu'on apprend, mais il est toujours temps de changer de mode de vie.
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