Libération (Casablanca)

Maroc: Une station de traitement des eaux pour Tanger

Tahar Abou El Farah

11 Mars 2005


Tanger sera dotée, d'ici moins de deux ans, de sa première station de traitement des eaux usées.

La nouvelle structure dont l'entrée en activité est programmée pour juin 2006, affirment les responsables d'Amendis, concessionnaires de la distribution d'eau et d'électricité et initiateur du projet, sera capable de traiter près de 150.000 m3/jour d'eaux usées avec un débit journalier de pointe de 193.000 m3. La station qui a nécessité la mobilisation d'un investissement de près de 600 millions de dh devrait continuer à subvenir aux besoins de la ville en matière de traitement des eaux usées jusqu'en 2027.

L'ouvrage dont les travaux ont démarré en mai de l'année dernière, sera, affirment les ingénieurs d'Amendis, «un modèle de mise en pratique de la nouvelle technologie : désodorisé, insonorisé, compact et intégré dans le paysage environnemental».

La structure que le concessionnaire est en train d'ériger, est constituée de la station de traitement proprement dite, d'un canal émissaire en mer d'une longueur de près de 3km et des équipements connexes, route d'accès, déversoir d'orage, etc. Or, soutiennent les mêmes sources, vu l'indisponibilité de terrain pour mettre en place un tel projet, il a été décidé de créer une plate-forme gagnée sur la mer. La plate-forme dont les travaux sont actuellement en cours, aura, précise-t-on, une surface de 14.000 m2 ceinturée par une digue de 300 mètres de longueur. Elle permettra, explique-t-on, d'abriter, dans un premier temps, la future station de prétraitement, dont les travaux débuteront dans les deux mois à venir ainsi que l'extension pour les installations futures de traitement primaire.

La nouvelle station projetée par le concessionnaire, n'a pas manqué de soulever certaines inquiétudes formulées par des associations de quartier. Craintes reprises, amplifiées et relayées par certaines feuilles locales. L'emplacement de la nouvelle station est situé au pied de la falaise qui abrite, outre une partie de l'ancienne médina, l'emblématique quartier de la Kasbah, certains monuments des plus importants de la ville. Les ondes générées par les machines, dans cette nouvelle structure, provoqueraient, s'alerte-t-on, l'affaissement de la falaise. Et la station elle-même priverait la ville d'une de ses plages que les nostalgiques qualifient des plus belles. Des allégations dépourvues de tout fondement, rétorque-t-on auprès d'Amendis.

En effet, tient-on à préciser auprès du concessionnaire, «pour tenir compte de la conception des ouvrages, de leur aspect paysager et de leur intégration dans le paysage environnant, une étude d'impact a été confiée à un bureau d'experts internationaux». L'étude avait pour but «d'analyser les effets positifs et négatifs sur l'environnement urbain : odeur, bruit, propreté, mais aussi proposer des mesures d'atténuation des possibles effets négatifs». L'étude, ajoute-t-on, a été approuvée par le Comité national des impacts environnementaux.

Il a été ainsi prouvé qu'un tel ouvrage permettra, par contre, l'amélioration de la qualité des affluents rejetés dans les eaux naturelles maritimes, de limpidité des eaux de la baignade et des conditions de vie des riverains des oueds et de rejets en mer.

Il permettra en outre, assure-t-on, le développement économique et social et particulièrement touristique qui «souffrait des nuisan"Moubacharatan maakoum" ou la fin d'une burka télévisuelle

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ces générées par les rejets des eaux usées dans la baie».

La nouvelle station permettra en fin de canaliser au moins une trentaine de rejets sauvages répertoriés sur les plages de la ville afin de les traiter avant leur déversement dans la mer. Pour ce faire, le concessionnaire a déjà posé et renouvelé, en ces trois dernières années, quelque 50 km de canalisations des eaux usées.

Rappelons que dès sa prise en charge des services urbains dans la ville du Détroit, la société Amendis s'était engagée à, outre la construction de cette station, la pose de 240 km de collecteurs ainsi que d'autres travaux de renforcement et de maintenance du réseau d'évacuation des eaux usées.

Le concessionnaire s'est engagé également à raccorder tous les quartiers qui ne l'étaient pas encore au réseau d'assainissement liquide, mais surtout de dépolluer la baie de Tanger en cinq années et mettre un terme aux problèmes des inondations que connaît régulièrement la ville et ce, pendant les dix premières années de la concession. De tels engagements devraient nécessiter un investissement de près de 1,77 milliard de dh.

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