Patrick Hilbert
14 Mars 2005
Port Louis — Comment identifier les enfants qui ont besoin d'un programme éducatif conçu spécialement pour eux ?
Ils peuvent être handicapés, moins avancés intellectuellement ou, au contraire, surdoués. Le ministère de l'Education réfléchit à la question depuis un certain temps. A la fin du mois, le premier jet d'un rapport sur les besoins éducatifs spécifiques sera prêt. Il énonce la politique générale de l'Etat sur la question. Ce document tiendra compte de ces aspects, qui n'ont pas encore toute l'attention voulue du système éducatif.
Hier, lors d'un atelier de travail au Rajiv Gandhi Science Centre à Bell Village, il a surtout été question de surdoués intellectuellement. Les pédagogues estiment que ces enfants doivent être identifiés pour que l'enseignement réponde à leurs besoins. Ceux-ci se traduisent par un programme adapté, sinon le naufrage peut être à la clé. "Au primaire, ces enfants travaillent plutôt bien. Mais au secondaire, ils peuvent faire face à un échec scolaire ", explique Mélanie Vigier de la Tour, psychosociologue et membre de la toute nouvelle Association des parents d'enfants intellectuellement précoces de l'île Maurice.
Cyril Dalais, conseiller au ministère de l'Education, avance que le nombre de surdoués à Maurice serait de 5 à 12 %. Etre plus précis sur les chiffres est difficile, compte tenu du manque d'études sur la question. Il est un fait cependant que ces enfants sont "différents ". C'est ce qui ressort de l'expérience d'Arielle Adda, psychologue française spécialisée en la matière. Un surdoué non identifié, donc pas pris en considération, peut avoir des problèmes.
"C'est mortel de ne pas être reconnu. Certains doués non reconnus comme tels peuvent sombrer dans la dépression ou avoir des tendances suicidaires. Ils font plus facilement face à l'échec scolaire. Ce sont des enfants qui ont des besoins spéciaux", indique-t-elle. En d'autres mots, ils doivent être stimulés intellectuellement de manière continue pour ne pas être confrontés à l'ennui. La sensation d'être incompris est également un sentiment souvent ressenti par ces enfants.
Pour Steven Obeegadoo, ministre de l'Education, répondre aux besoins éducatifs de ces enfants ne veut aucunement dire "offrir plus à un petit groupe au détriment des autres", mais cela permettra aux enfants qui se développent plus vite de mieux avancer. Dans le monde, il existe plusieurs manière de le faire et c'est à Maurice d'identifier celle qui lui semble la plus appropriée, laisse entendre le ministre. "Les défis autour du sujet sont multiples et les questions nombreuses", conclut Steven Obeegadoo.
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