Le Potentiel (Kinshasa)

27 Avril 2005

Congo-Kinshasa: Styliste, modéliste et couturier : quel apport dans la mode congolaise ?

Kinshasa — Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo regorge des stylistes, modélistes et couturiers aux talents innés. Ils créent pour un public nombreux, non seulement du pays mais aussi et surtout de l'étranger. Ils sont généralement confinés dans des maisons dont les dévantures annoncent «atelier de couture».

Un atelier ou une maison de couture n'est pas une entreprise. Il regroupe un personnel relativement suffisant pour la confection de vêtements. Ils ont des machines à coudre et à surfilages, des ciseaux et tissus, des fils Bref, tous les outils importants pour la confection des habits.

Un styliste est avant tout un concepteur des formes nouvelles dans le domaine de l'habillement, ameublement, etc. C'est un spécialiste de l'esthétique. Il a pour tâche d'adapter un style d'habillement ( choix de tissus, forme de vêtements) à un marché. Il conseille, sélectionne, coordonne et conçoit des formes sans respect des normes de la création.

Par contre, le modéliste est un dessinateur. Il fabrique des modèles réduits tout en respectant les normes de la création. Enfin, le couturier, c'est lui qui crée des modèles. Il confectionne des vêtements et les présente aux mannequins. Cette confection est réalisée sur demande des clients.

STYLISME, MODELISME UN SEUL METIER ?

Vu la modernisation de la mode, il existe une catégorie de personnages exerçant à la fois le métier de styliste, modéliste et couturier. Souvent, ce sont des couturiers qui embrassent tous ces métiers parce qu'ils connaissent mieux les normes de création et de réalisation des vêtements. Ce constat est fort criant en Rdc.

Cependant, parmi eux, les uns ont appris ce métier dans des institutions d'enseignement supérieur, notamment l'Institut supérieur des arts et métiers (Isam) et les autres sont formés sur le tas. Cette dernière catégorie représente plus de 70% de couturiers à Kinshasa.

Actuellement, il existe très peu de stylistes congolais formés en dehors de José Ezam qui évolue à Paris et travaille pour un public international. Il ne fait pas une mode de revendication pour l'Afrique, pour son pays, bien qu'il vienne régulièrement en Rdc et y laisse une cassette de ses défilés aux médias. Il refuse d'entrer dans les stéréotypes qui obligeraient les stylistes africains à ne travailler que le pagne.

LE CONGOLAIS N'A PAS UNE IDENTITE VESTIMENTAIRE

José Monduka travaille en indépendant dans le domaine du modélisme professionnel. Un métier qu'elle aime par-dessus tout pour sa couleur et sa créativité. « Créer », tel est son leitmotiv. Ses créations sont accessibles à tous. Dans sa boutique, il y en a pour tous les goûts. Cette jeune femme travaille dur pour un métier qui la passionne. «La création me prend énormément de temps. Il faut se battre pour être reconnu dans ce milieu », a-t-elle révélé à la presse.

Princesse Isambu, jeune couturière explique : «Je n'ai pas fait d'école de modélisme, ou on modèle soit directement sur une personne (concept de haute couture ), soit sur patrons. Je n'ai pas non plus fait la coupe et couture. Les grands ateliers ont trouvé encore le moyen de différencier ceux qui coupent uniquement de ceux qui cousent uniquement » et d'ajouter : « ma griffe est en devenir parce que jusqu'à présent je dessine. C'est cela mon métier, et je n'ai pas encore l'opportunité de lancer ma marque. Le sur mesure ne m'intéresse pas ».

L'on remarque que le congolais n'a pas une réelle identité vestimentaire. Or, celle-ci se crée. Aujourd'hui dans les grands défilés, les stylistes comme Alphadi travaillent avec Tapis Kuba.

Mais le congolais, remarque-t- on, a un complexe par rapport à sa culture. Ces différentes professions ne sont pas faciles à exercer. Car elles demandent un bon bagage intellectuel.

Ne dit-on pas qu' «Il n'y a pas de saut métier, il n'y a que des sautes gens » ?

REGINE KIALA (STAGIAIRE)

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