Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: La fête du 1ier mai en RDC : les réformes et libertés sociales escamotées

E.s.

30 Avril 2005


Kinshasa — Chaque premier mai est marqué, à travers le monde par la célébration de la fête internationale du Travail. Une manifestation qui remonte au 18ième siècle avec l'introduction du machinisme et la révolte des ouvrières des textiles à Chicago, aux Etats-Unis. En Rpublique démocratique du Congo, la politique sociale du gouvernement donne des inquiétudes et suscite d'énormes doutes quant à sa capacité à remettre la population sur le chemin du travail et à améliorer le revenu du travail. Etat des lieux alarmant

En effet, le gouvernement confronté à des problèmes politiques a, fourni un effort louable depuis plus de trois ans, quand bien même beaucoup reste à faire.

Selon un rapport du Bit publié en 1999, les revenus du travail ne permettent pas à la majorité de la population de satisfaire ses besoins même essentiels. Le niveau des revenus et des salaires est très faible. Le Smig dont la révision a été arrachée de haute lutte, après la 29ième session du Conseil national du travail, il y a trois ans, n'est pas encore d'application dans la majorité des entreprises, surtout qui sont implantées dans l'arrière-pays où avaient sévi les guerres. Pourtant, il est de 1 dollar Us par jour, soit de 16 dollars Us.

Dans l'administration publique, les salaires ne permettent pas de couvrir le coût minimum de la vie et ne sont pas incitatifs. Les avantages statutaires (soins de santé, frais funéraires, transport pour ceux de l'intérieur,-sauf pour les fonctionnaires de Kinshasa et de Lubumbashi, les pécules de vacances, les heures supplémentaires) ne sont pas payés dans la majorité des cas. Tout cela en dépit du barème de Mbudi qui fixait le salaire d'un huissier de l'administration publique à 208 dollars Us par mois, pendant que le secrétaire général devrait avoir un traitement de 2.080 dollars us , le mois. Entre temps, le fonctionnaire doit se contenter du barème fixé par M'zee Laurent-Désiré Kabila, lequel est de 608 Fc plus les frais de transport, applicable dans certaines villes du pays, pour atteindre le montant de 10.000 Fc. Cependant, l'administration publique se heurte à un problème de maîtrise des effectifs. Tous les politiciens qui passent à la tête de ce Ministère n'arrive toujours pas à obtenir des données fiables afin de redorer l'image dans ce «mammouth».

En plus il existe des disparités criantes de rémunérations entre les secteurs public et privé. Dans ce dernier secteur, le salaire payé en onction des recettes de l'entreprise. Le constat est malheureux à propos de l'emploi où l'absence d'une bonne politique se fait sentir.

L'essentiel de la main d'oeuvre congolaise est employé dans le secteur non structuré ou informel (78 %). Dans le secteur de l'emploi, on observe qu'une frange importante de la population active est sans emploi (chômage). Le gouvernement face à ces exigences

Le gouvernement actuel n'a pas été insensible à tous ces faits. Néanmoins, il n'a pas pu programmer ses priorités au regard de toutes ces exigences.

En effet, au lendemain des travaux de la 29ième session du Conseil national du travail, les problèmes soumis par les travailleurs ont pu être abordé et une solution a été trouvée partiellement. Il s'est agit de la révision du code du travail et à l'actualisation des salaires minimum interprofessionnel garanti (Smig). Toutefois, les syndicats ont du bataillé fort pour arracher l'application de ce dernier avantage.

Grâce à cette ouverture, le gouvernement congolais a pu remettre en place l'Office national de l'emploi et de la main d'oeuvre, l'Onem. Toutefois, il doit vite agir pour refaire le code de la sécurité sociale tel qu'il a été demandé par le Conseil national du Travail. Cependant, beaucoup reste à faire pour les fonctionnaires bien que le gouvernement congolais ait paraphé plusieurs conventions internationales au sujet de la vie sociale des agents de l'Etat. Le gouvernement a ratifié, entre autres, les conventions n° 151 sur les relations du travail dans la fonction publique et n°154 sur les négociations collectives au sein de la Fonction publique. Or, jusqu'à ce jour aucunes élections sociales ne se sont pas déroulées au sein de la fonction publique, alors qu'on est vers la fin de la période électorale dans le secteur privé. Dès ce mois, les résultats pour secteur privé, seront officiellement publiés pour fixer les travailleurs et leurs syndicats.

Heureusement que les élections sociales se sont déroulées dans un climat serein, bien qu'on a relevé quelques accrocs et réticences dans certaines entreprises récemment implantées en Rdc. C'est le cas du secteur des télécommunications. Il a également le cas de plusieurs sociétés qui, jadis oeuvraient dans les territoires occupés. Elles n'ont respecté des droits des travailleurs étant habituées à évoluer dans la magouille. Le nouveau code du travail est ignoré par eux pour des raisons inavouées.

A l'occasion de la fête du 1ier mai, il est pénible de constater que l'ensemble des syndicats congolais affiche un profil bas et hésite à jouer leur rôle de contre-pouvoir face à des événements qui nécessitaient leurs interventions.

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