Propos recueillis par Alain B. Batongué
3 Mai 2005
interview
Le président du Réseau africain des journalistes pour l'Environnement explique les missions et méthodes de travail de cette association.
D'où est venue l'idée de créer un réseau africain de journalistes pour l'environnement?
L'idée est venue en novembre 2002 au Programme des Nations Unies pour l'Environnement (Pnue), d'impliquer les professionnels africains de l'information dans sa stratégie de Communication vis-à-vis de l'Afrique. Des journalistes africains représentant toutes les régions du continent ont donc été sélectionnés et mis à contribution. Pendant trois jours, à Nairobi au Kenya, ces professionnels ont réfléchi à la mise en place d'une organisation professionnelle à même d'assurer et de disséminer l'information environnementale à travers l'Afrique. Le Raje était officiellement né. Vous n'êtes pas sans savoir que l'Afrique est un continent vulnérable, pas seulement au plan économique, mais aussi au plan environnemental. C'est d'ailleurs pourquoi notre continent est la seule entité géographique qui figure au nombre des cinq priorités du Pnue, qui est notre partenaire stratégique. Le Redda aussi (Réseau pour le développement durable en Afrique) a joué un rôle déterminant dans la mise sur pied du Raje, puisqu'il était présent à l'Atelier de novembre 2002 à Nairobi.
Comment s'est passée sa mise en route et quelle est la caractéristique principale de son bureau exécutif ?
La structure, née en novembre 2002, n'était pas tout à fait opérationnelle, car il n'y avait pas de bureau mais seulement un Coordonnateur provisoire. Nous sommes donc restés en gestation pendant 2 ans et c'est en février dernier, toujours à Nairobi, qu'un Bureau Exécutif a été élu et que les statuts ont été adoptés. Ce bureau compte 12 membres dont 6 sont les représentants du Raje dans les 6 régions d'Afrique (Afrique du Nord, Ouest, Centrale, Est, Australe et les Iles de l'Océan Indien).
Quelles missions vous assignez-vous et comment comptez-vous les atteindre?
L'avenir de l'Afrique est hypothéqué par cette extraordinaire détérioration de l'écosystème. La Santé, les économies, tout y passe. Et le phénomène ira crescendo si on laisse faire. Il y a donc lieu de sensibiliser l'Africain, de le mobiliser, de l'informer. Seule une information juste et crédible nous permettra d'influer sur le cours de notre existence.
Mais pour atteindre ces objectifs, les journalistes africains ont besoin de se former à l'Environnement. Car comment bien expliquer à des publics larges et hétérogènes des phénomènes si l'on n'est pas soi même bien informé sur le ou les problèmes en question ? Il est donc prévu des ateliers de renforcement des capacités un peu partout en Afrique.
Le problème, avec ce genre de structures, c'est la distance qui sépare les différents membres de son bureau exécutif: comment travaillez-vous pour être efficaces?
Vous avez parfaitement raison. C'est un des gros problèmes de l'heure. Nous travaillons par Internet (Emails) et depuis peu, nous avons un site www.africannej.com.
Comment alimentez-vous votre banque d'informations avant d'en assurer le dispatching?
Chaque fois qu'une manifestation environnementale se déroule en Afrique ou qui concerne l'Afrique, nous demandons à être présents. A la fois pour la couverture de l'événement et pour la formation. Nous entretenons d'excellentes relations avec plusieurs organismes à travers le monde et ceci nous a permis dans bien des cas de couvrir des événements. Les comptes rendus de nos membres sont systématiquement mis sur notre site et cela leur donne une visibilité exceptionnelle.
Quelle peut être, du point de vue du Raje, l'influence de la communication dans les comportements des individus et des pouvoirs publics en matière d'environnement? Pensez-vous être sur la bonne voie?
La communication est omniprésente et omnipotente. En Afrique aussi comme ailleurs. Evidemment, l'Afrique a ses spécificités. Nous sommes dans un continent où l'alphabétisation progresse peu et où la communication doit explorer d'autres canaux, d'autres vecteurs et même des contenus différents. Si vous visitez notre site, vous verrez un lien Cartoons (caricatures). C'est encore à ses débuts mais ceci répond un peu à la question pertinente que vous me posez : oui, nous prenons bien en compte les spécificités de l'Afrique.
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