Fraternité Matin (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Bibliothèque : Senghor, poète de l'universel

Abidjan — La cohérence de l'oeuvre poétique de Léopold Sédar Senghor ", au-delà d'un essai, est un véritable cours magistral sur la poésie négritudienne (et universaliste) de feu le président-poète. La poésie senghorienne, à en croire René Gnaléga, est à la fois un refus et une affirmation. Refus et affirmation des vicissitudes matérialistes et existentielles qui ne peuvent être sublimées que par l'esthétique spatio-temporelle.

En effet, l'auteur décèle trois phases dans l'écriture poétique de Senghor :

" - une écriture de la négativité (violence, souffrance, mort) ;

-une écriture des catastrophes;

-une écriture de la positivité (le temps, l'union, la beauté, la lumière)".

Et le Pr Zadi Zaourou de renchérir dans la préface : " Or, Léopold Sédar Senghor est, à n'en point douter, un poète dont le chant envoûte et les êtres et les choses comme celui d'Orphée. Dans cette poésie, il n'y a pas d'opposition irréductible entre matière et esprit mais identité et continuité tout comme dans la poésie africaine ancienne. Et nous retrouvons chez lui un hommage éternel à la joie de vivre, un art de la répudiation de l'angoisse, un chant de communion et de fraternité avec tout ce qui est parce tout est, vit, souffre, meurt au service de l'homme ".

Cet humanisme senghorien qui rompt avec le " Tout-sauf-blanc " de ses pairs de la négritude, prend ainsi les allures d'un message incompris. Que ces détracteurs réduisent à une seule phrase de Senghor : " L'émotion est nègre, comme la raison hellène ".

Pour Senghor, rappelle Gnaléga, " l'intuition est supérieure à la science ". De facto, le dyonisisme entendu comme le dépassement du négatif et l'affirmation de la vie totale, c'est-à-dire la vie en harmonie avec la nature, est un principe prééminent.

Volontiers didactique, l'ouvrage de René Gnaléga s'ouvre sur la vie de l'homme Senghor. Son enfance, son atypique formation intellectuelle, Senghor et Houphouet-Boigny ; leurs itinéraires politiques et leurs visions ; Senghor et Césaire : les divergences et les convergences

L'auteur sasse ensuite les influences occidentales et africaines du poète où la parole trône en reine absolue.

René Gnaléga est docteur en littérature française. Il a obtenu sa thèse sur Jean Cocteau, l'Afrique et le monde noir, à l'Université Paul Valery de Montpellier. Maître-assistant à l'Université de Cocody, il assure à l'UFR Langues, littératures et civilisations et au département des lettres modernes, des enseignements en poésie française et en poésie africaine d'expression française, tout en poursuivant des recherches sur les mécanismes de la création. Tout comme Senghor ? Il affirme en définitive que, "à travers la poésie, nous découvrons un homme résolument optimiste". Senghor croit que l'esprit humain est tourné vers l'avenir, précisément vers ce point oméga où les différences sont liquéfiées, pulvérisées en faveur d'une union mystique des personnes vivant dans un amour partagé sous le regard de Dieu.

NEI, 2001, 11P

Un cocorico pour la paix

Rien ne va plus au village des Ebènes. Ses habitants ne respectent plus aucune morale, alors les dieux les ont abandonnés : leur coq sacré, gardien de leur bonheur, a disparu ! C'est Azamlan Kankan, le monstre, qui l'a volé. Où se terre-t-il ? Et surtout, qui osera l'affronter ? Enfin des volontaires se présentent. Mais lequel d'entre eux sera assez courageux pour sauver le village du chaos, en ramenant le coq sacré ?

Ce livre pour enfant est une invite au respect des valeurs communautaires et un hymne à la paix. Dans un décor fantastique, d'un genre proche du conte, N'Dah François d'Assise revisite " Sodome et Gomorrhore " à la soupe locale. Pour fustiger les comportements égoïstes, iniques et scélérats.

Seuls le consensus, le pardon et l'ouverture à l'autre, permettront de sauver le village des Ebènes. Tout est bien qui finit bien !

En inculquant de nobles vertus aux enfants, c'est aux adultes que l'auteur s'adresse pour qu'ils étouffent leurs velléités bellicistes.

Après sa participation au recueil de nouvelles " Tournons la page ", une exhortation à panser les plaies de la crise ivoirienne, N'Dah François d'Assise Konan rempile avec art, dans ce livret, dans sa quête d'une société pacifique.

R. C

NEI, 2004, 55p

Cap sur l'entrée en Sixième

Dans la collection "Profession instituteur", les éditions CEDA ont fait paraître en 1999, Conduire la classe d'examen de fin de cycle primaire (CM2). Comment assurer une mise en oeuvre adéquate du programme de CM2, classe d'examen? Autrement dit, comment faire face à la nécessité réelle de préparer ses élèves à affronter les épreuves de l'examen avec rigueur et confiance, tant sur le plan psychologique que sur le plan des connaissances ? Comment assurer pleinement sa fonction de facilitateur de l'apprentissage de ses élèves ?

Ce manuel aidera, à coup sûr, les instituteurs à aborder avec leurs élèves, la classe de CM2, puis à conduire avec succès la majorité d'entre eux à l'examen. Ils y trouveront les informations et les analyses qui leur permettront d'oeuvrer efficacement dans ce sens .

R. C

CEDA, 1999, 124p

Viatique pour veufs (ves) et orphelins

Trop souvent ballottés entre traditions ancestrales et christianisme face au décès d'un proche, les Africains n'ont pas toujours tous les enseignements nécessaires pour gérer la situation. Dans la majorité des cas, à en croire le révérend Kadjo Elegan, la veuve ou le veuf ainsi que les orphelins (es) sont soumis aux exigences de la (belle) famille bon gré mal gré, ou simplement laissés à leur propre sort.

Dans " Comment mettre fin au joug du veuvage? Le révérend Kadjo Elegan esquisse une réponse biblique pour " briser les liens du deuil et du veuvage et une prise en charge des orphelins". Tout d'abord, comment met-on fin à un veuvage ?

Ensuite, qui doit y mettre fin ? Enfin, quelle dimension sociale et spirituelle revêt un tel acte ? Quelle signification faut-il lui donner aujourd'hui ? Telle est la problématique tétralogique qui sous-tend l'argumentaire de l'auteur.

Partant du regard biblique (ancien et nouveau testament) sur la vie des veuves, le Rév. Kadjo débouche sur l'autorité et le profil du serviteur de Dieu apte à rompre le veuvage ; dont l'imposition des mains est une donne. Il explique aussi en quoi la mendicité est déconseillée, avant d'insister sur l'importance de la bénédiction.

Edidocte, 2005, 40p


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