Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Journée Internationale du Travail : l'intersyndicale du Congo regrette le non respect des engagements souscrits pour les travailleurs

Sakaz

4 Mai 2005


Kinshasa — La célébration de la Journée Internationale du Travail, le 1er Mai 2005, était une occasion offerte aux travailleurs et à leurs organisations syndicales de dénoncer les conditions précaires de travail auxquelles ils sont soumis, bien malgré eux.

Dans un message à ses affiliés, signé par son président, Mr. Kabulo Mbodyawasha, l'Intersyndicale du Congo - une plateforme regroupant plusieurs syndicats du secteur public - félicite les travailleurs de l'effort fourni pour la sauvegarde de l'outil de travail et de production de richesse faisant encore la fierté de notre pays. Mais l'effort consenti par les travailleurs n'a pas été récompensé. C'est ainsi que Mr. Kabulo remarque dans son message qu'en 2001, lorsque notre pays a ratifié la quasi-totalité des conventions fondamentales de l'Organisation internationale du travail (Oit), ils ont tous poussé un ouf de soulagement car, ils pensaient que désormais, tous les mécanismes de jouissance de droits syndicaux étaient prévus et que les travailleurs pouvaient accéder aux conditions d'un travail décent.

Malheureusement, l'Intersyndicale se dit amère dans son constat à ce jour. Le travailleur en RDC continue d'être victime des nombreuses violations de ses droits. Le scandale est même allé plus loin car le salaire qui est déjà modique est loin d'être payé aux échéances prévues pourtant par la législation nationale. Depuis 2003, les travailleurs ont arraché le Smig qui devait consacrer un avenir meilleur pour l'amélioration des conditions de travail et de vie des masses laborieuses. Mais, encore hélas! Car l'Intersyndicale du Congo constate que ceux qui nous gouvernent n'ont aucune maîtrise des indicateurs macro-économiques (taux de change et l'inflation) Le Smig a ainsi perdu pratiquement toute la valeur qu'il représentait au moment de sa fixation.

Ce tableau sombre s'est davantage détérioré avec la perte de l'espoir que le barème de Mbudi a fait miroiter aux fonctionnaires. Le non respect par nos gouvernants des engagements auxquels ils avaient pourtant librement souscrits constitue, ni plus ni moins, une volonté manifeste de ne pas promouvoir le bien être des travailleurs, particulièrement des fonctionnaires. Et la précarité des conditions de travail reste en totale contradiction avec la réputation d'un pays connu être un véritable scandale de richesses potentielles.

Une simple volonté politique suffirait dès lors pour que le bien être des travailleurs soit assuré à partir d'une exploitation rationnelle des ressources et d'une répartition équitables du revenu national. Le mal, constate enfin Mr. Kabulo, est que dans les réformes économiques engagées depuis quatre ans, en collaboration avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux, la participation des travailleurs n'a jamais été significative. Pour cette raison, l'Intersyndicale a voulu consacrer ce premier mai 2005 à la prise en compte effective de la dimension sociale dans tout le processus de réformes économiques.

Des revendications toujours actuelles L'occasion était belle pour les syndicats de l'Intersyndicale du Congo d'exhumer du passé leurs revendications classées dans les tiroirs par le gouvernement de la Transition. Pour l'année en cours, ils ont distingué huit domaines de revendications: politique; salaires; emploi; législation sociale; hygiène et santé au travail; protection sociale; économie et industrie et dialogue social.

A travers ces huit points de revendications, l'Intersyndicale exige du gouvernement le respect des engagement contenus dans l'Accord global et inclusif; la recherche d'une solution consensuelle pour l'organisation des élections démocratiques, libres et transparentes; la sécurisation des personnes et de leurs biens sur toutes l'étendue du territoire national; la mise en place d'une véritable politique réaliste; le paiement d'un salaire décent aux enseignants du secteur public et la suppression de la politique de contribution des parents; l'exécution sans atermoiement des accords de Mbudi relatifs aux conditions de travail des fonctionnaires et agents de l'Etat; la mise en oeuvre des mesures d'encadrement du smig, notamment la mise en place et le fonctionnement de la Commission tripartite prévue par le décret 079/2002 du 03 juillet 2002 en son article 10 sur l'ajustement du smig.

En outre, ce mémo à l'intention des gouvernants recommande aussi l'adoption d'une politique de l'emploi concertée et la réforme du système éducatif pour une meilleure adéquation formation - emploi; sans oublier l'institution du comité national de lutte contre le travail des enfants

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