Abdelkrim Tazaroute
7 Mai 2005
Le secteur de l'éducation est toujours secoué par ses grèves cycliques et Benbouzid est toujours ministre de l'Education nationale. Si aucun changement n'a été opéré dans ce secteur sensible, cela veut vraisemblablement signifier que la réforme du système éducatif est menée à un rythme qui donne satisfaction et que, finalement, le mouvement de protestation qui se poursuit dans le cycle secondaire n'est pas de nature à freiner l'élan d'une refondation de l'école algérienne dans sa globalité.
Tout au plus, ce mouvement qui occupe pour l'instant le devant de la scène médiatique relègue au second plan les modifications apportées dans le système éducatif. De l'introduction de l'enseignement de la langue française au primaire aux changements opérés dans le recentrage des filières dispensées au niveau du secondaire ainsi que la réhabilitation des examens dans les différents paliers, force est de constater qu'une mue s'opère dans la perspective d'une école performante et moderne. Il se trouve qu'il est difficile d'évaluer le dispositif mis en place dans le cadre de la réforme et que dans l'immédiat, il est normal que la situation qui prévaut dans le secteur de l'éducation préoccupe au plus haut point les parents d'élèves. L'approche des examens de fin d'année scolaire constitue la source des inquiétudes exprimées. Avec une scolarité perturbée par le cycle des protestations, la grève des bulletins scolaires, le climat n'est pas propice à une bonne préparation des candidats aux épreuves du baccalauréat.
Au niveau du ministère de l'Education, des tentatives sont lancées pour ramener à la raison les professeurs contestataires tout en rassurant les parents que, sur le plan purement technique, toutes les conditions sont réunies pour assurer le bon déroulement des examens. L'inspectrice de l'académie d'Alger reconnaît qu'il y a des problèmes, comprendre que la situation socioprofessionnelle des enseignants reste à parfaire mais refuse d'accepter le fait que cela se fasse au détriment de l'intérêt des élèves. Face à la situation d'impasse générée par la revendication de reconnaissance des syndicats du CLA et du CNAPEST, la tutelle veut désamorcer le conflit. D'une part, en relançant le dialogue avec les représentants des syndicats et, d'autre part, en soulignant en filigrane que les choses ne peuvent pas rester en l'état mais, pour ce faire, il faut donner le temps au temps. Autrement dit, le ministère de l'Education reconnaît que les revendications socioprofessionnelles des enseignants sont légitimes et, par conséquent, il faut s'attendre à des mesures au profit de la famille du corps enseignant.
La conjoncture peut nous pousser à accréditer la thèse que les promesses sont dictées par l'impératif de la réussite des examens. La scolarité de nos enfants mérite assurément une meilleure prise en charge des conflits qui gangrènent le secteur.
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