Libération (Casablanca)

Maroc: Assainissement liquide à Tanger : les industriels appelés à faire un effort

Tahar Abou El Farah

14 Mai 2005


"Les travaux d'assainissement liquide avancent d'une manière importante", précise M.Olivier Brun, directeur d'exploitation d'Amendis, la société concessionnaire de la distribution d'eau et d'électricité et de l'assainissement à Tanger.

Néanmoins, tient à préciser le même responsable, c'est au tour des industriels, dont certains sont de gros pollueurs, de faire un effort pour faciliter la tâche à ceux qui veillent à rendre la ville moins polluée et plus agréable à vivre.

En effet, explique le même responsable, grâce à des installations adaptées à la taille et aux besoins des entreprises et qui ne coûtent pas très cher, les industriels peuvent commencer à traiter leurs rejets avant de les déverser dans les canaux collecteurs des eaux usées.

Ainsi, un bac dégraisseur qui coûte tout au plus entre 20.000 et 40.000 Dh peut éviter de rejeter des quantités importantes de graisses et des huiles dans le réseau d'assainissement. Ce petit investissement, auquel Amendis promet d'apporter savoir-faire et aide, peut éviter d'obstruer le réseau et faire économiser au concessionnaire des travaux de récurage, de l'argent et de l'effort qu'il pourrait investir ailleurs.

Il en va de même pour l'installation d'un système de séparation d'hydrocarbures, sources de multiples accidents. Des explosions, des incendies et des complications aussi bien au niveau des points de pompage que de la station de traitement des eaux usées. Pour les entreprises du textile et des composants automobiles qui utilisent beaucoup des solvants organiques, souvent volatiles et très toxiques, il convient aussi d'installer des systèmes de traitement centralisés ou de régénération de ces produits.

Tant de petites techniques parfaitement maîtrisées dans les autres coins du globe peu coûteuses mais très efficaces pour produire propre, sans dégrader l'environnement, sont aujourd'hui, accessibles aux entreprises marocaines, affirme-t-on

Des systèmes d'aides et d'appuis technologiques et financiers ont même été mis en place avec le concours de la coopération internationale. Il en va ainsi du Fonds de dépollution industrielle, FODEP, mis en place par le ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Eau et de l'Environnement en partenariat avec la CCG, Caisse centrale de garantie avec l'appui de la République fédérale d'Allemagne. Ce Fonds, explique-t-on auprès de ses responsables, lors d'une journée d'information organisée, mercredi, par l'AZIT a déjà contribué à l'installation de quelques 28 stations et autres systèmes de prétraitement des rejets liquides dans des entreprises de différentes régions du Maroc. Projets pour lesquels le Fonds a déjà engagé quelque 160 millions de Dh d'aides.

Le FODEP, souligne-t-on a, en outre, reçu depuis sa création, de date récente, près de 200 demandes de financement de projets similaires. En effet et sur les 195 demandes reçues, seules 28 ont eu l'aval des responsables du Fonds. Une soixantaine de demandes ont été annulées car les projets pour lesquels les financements ont été sollicités et ont déjà été réalisés ou les entreprises qui ont souscrit ne répondent par aux critères d'éligibilité définis par le Fonds. Une centaine de projets sont actuellement en cours d'études. Et s'il y a eu retard dans le traitement de ces dossiers, c'est sans doute, explique-t-on auprès du FODEP, à cause de l'incapacité des bureaux d'études contractés par les entreprises à réaliser une étude technique complète, procédure préalable à tout examen pour un éventuel financement du projet.

Pour ce qui des entreprises installées dans la zone de Moghougha et adhérentes de l'AZIT, Association de la Zone industrielle de Tanger, celle-ci s'engage à aider avec ses partenaires d'Amendis, à la préparation des candidatures pour des entreprises désireuses de bénéficier de l'appui du FODEP. En parallèle, l'Association a déjà entamé un ambitieux projet en vue de la dépollution de la zone.

Selon Adil Rais, son président, l'AZIT a ainsi engagé une «démarche environnement». Programme au titre duquel un audit environnement a été mené avec le concours du Fonds Meda.

Audit qui s'est intéressé aussi bien aux rejets solides, liquides et gazeux dans l'atmosphère et qui pourrait aboutir à l'élaboration d'une charte que chaque industriel sera tenu de respecter.

L'action de l'AZIT, en le domaine, consiste en plus à apporter aide et assistance de différentes formes aux entreprises désireuses de s'équiper de système de prétraitement des eaux usées. Cette action vise aussi à encourager les entreprises à réduire leur consommation en eau et l'utilisation des combustibles polluants.

A rappeler que la zone compte actuellement 111 entreprises en activités dont 45% dans le domaine du textile, 16% en agroalimentaire et 9% actives dans le domaine de la chimie et la parachimie. Les entreprises de la zone consomment quelque 4500 m3 d'eau par jour et emploient près de 35.000 salariés.

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