Le Messager (Douala)

Cameroun: Informatique : un pont entre la ville et le village

Un cyber-bus sillonne en ce moment les communes de la province de l'Ouest pour initier les villageois à l'outil informatique.

En ce matin du lundi 18 avril, la cour de la commune rurale de Nkong Zem dans le département de la Menoua est occupée par un bus d'un genre particulier, équipé d'une unité satellite et d'ordinateurs. Sous une tente qui prolonge la carrosserie, sont alignés des ordinateurs devant lesquels des personnes de tous âges se bousculent pour toucher la souris. Et c'est toutes émerveillées qu'elles constatent qu' " en touchant la grille (le clavier ndlr) des choses apparaissent à l'écran. " Ce " cyber-bus " est ici depuis le 12 avril, et y est resté jusqu'au 23.

Sa présence ici est une oeuvre du groupement d'initiative commune (Gic) Labotel basé à Yaoundé, qui bénéficie de l'appui d'un partenaire américain, Mmtelcom qui les fournit en outils informatique, et qui leur a gracieusement offert ce bus de campement, équipé d'une antenne Wifi qui permet d'envoyer et de recevoir la connexion internet sans fil. Le projet est baptisé " opération formation de 1500 villageois en informatique ", à raison de 100 personnes par commune et ce dans 15 mairies de la province de l'Ouest pour cette première phase. Selon Tsopbeng David, chef technicien formateur, la campagne a commencé à Penka Michel, et devra se poursuivre après Nkong Zem à Dschang et Batcham. Dans chaque commune, les volontaires s'inscrivent auprès du maire sans frais pour bénéficier de cette formation, et la priorité est donnée d'abord au personnel de la commune. Les élèves sont initiés à l'environnement informatique, à l'architecture, au système d'exploitation, à la micro-édition et enfin à l'outil Internet. Pour l'instant les villageois rencontrés sur les lieux sont très enthousiastes, surtout que beaucoup d'entre eux voient un ordinateur pour la première fois.

Suivi

Faut-il apprendre à conduire avant d'avoir une voiture, au risque de perdre les réflexes entre-temps, ou faut-il en acheter avant d'apprendre à conduire, telle est l'interrogation qui se transpose au niveau de cette initiative de formation des jeunes villageois à l'informatique. Le cyber-bus met à peine une dizaine de jours dans chaque commune pour un minimum de quatre modules. C'est dire que le temps imparti à cette formation est relativement court. Il est vrai que la durée de séjour du cyber-bus dépend pour le moment de la mairie hôte qui prend en charge l'équipage.

Outre cette durée qu'il faudrait voir pour s'assurer que les leçons sont bien assimilées, il faudra aussi par la suite s'assurer que les connaissances acquises ne se perdront pas une fois que le cyber-bus aura quitté les lieux.

L'ordinateur est ce qui manque le plus dans ces villages. Pour l'instant, les initiateurs parlent d'une éventualité de créer par la suite des centres multimédias dans les communes qui auront bénéficié de ce programme pour permettre à ceux qui auront acquis des connaissances de les mettre en pratique. Mais pour le faire, ils comptent encore sur les bonnes volontés et les Ong, et surtout l'apport des mairies bénéficiaires sera un atout majeur. Voilà une perche que nos maires peuvent saisir, qui leur permettra de mieux " gérer par Internet " les mairies à partir des métropoles où ils vivent.


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