Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: La tension artérielle : un tueur silencieux

Kinshasa — Actuellement, un diagnostic médical sérieux ne peut être posé sans que soit prelevé la tension artérielle devenue un critère de bonne santé. Mais il reste difficile pour la personne malade d'interpréter les chiffres de la tension artérielle. Sauf le personnel médical et le médecin qui sont initiés et compétents pour cette tâche.

La tension artérielle est due au fait que le sang que contiennent les artères circule sous une certaine pression. C'est justement cette pression que l'on appelle « tension artérielle ». Ci-dessous quelques notes générales.

Trois facteurs déterminent la tension artérielle selon les spécialistes. Il s'agit de la force cardiaque qui pousse le sang dans les artères, de la tuyauterie constituée par les artères, les vaisseaux et capillaires, ainsi que du sang dont la masse est fonction des stockages réalisés, de la perméabilité des capillaires, de l'élimination rénale.

La tension artérielle comprend toujours deux chiffres : le chiffre supérieur correspond à la pression qui existe dans l'artère au moment où se produit la contraction cardiaque. Le chiffre inférieur correspond, quant à lui, à la pression qui existe dans les vaisseaux entre deux contractions. Ces chiffres sont appelés maxima et minima. L'intervalle entre le maxima et le minima s'appelle la différentielle. Il ne faut donc pas donner un seul chiffre de la tension, mais on doit dire : j'ai une tension artérielle à 17/9.

L'HYPERTENSION ET L'HYPOTENSION

Le corps humain est suffisamment bien outillé pour mener la lutte contre une élévation ou un abaissement de tension artérielle en jouant sur les trois facteurs cités ci-dessus.

L'hypertension c'est donc l'élévation de la tension tandis que son abaissement est appelé l'hypotension. Dans le premier cas, le coeur sait comment ralentir le rythme, et il l'accélère dans le second cas. A signaler que dans certains cas, la masse sanguine est diminuée par fuite de liquide dans les urines ou dans les espaces péri-cellulaires (oedèmes).

Il est intéressant de noter que si l'hypotension est causée par une hémorragie, la masse sanguine augmente, les liquides des espaces extracellulaires passent dans le sang, les réserves sanguines de la rate sont mises en circulation et le rein n'excrète plus l'urine.

A souligner aussi que dans tous les cas, ce sont mes mécanismes nerveux, portant sur les nerfs sympathiques et parasympathiques qui jouent le rôle essentiel. La mise en jeu des mécanismes régulateurs est due à un ensemble de réflexes, qui assurent automatiquement la constance de la tension artérielle. C'est donc la pression artérielle elle-même qui actionnent les mécanismes régulateurs, indiquent les spécialistes.

Il est utile de noter que toute hypertension amène une hypotension corrective et vice-versa. La réponse est le fait des nerfs sympathiques qui élèvent la tension, et des nerfs parasympathiques qui l'abaisse. On peut donc dire que la machine humaine fonctionne comme les automates électroniques, ajustant elle-même ses réactions aux sollicitations extérieures.

QUELQUES CONSIDERATIONS UTILES

La tension maximale, qui correspond à la contraction cardiaque, est comprise normalement entre 11 et 15, selon l'âge et le sexe. La tension minimale, qui correspond à la pression ou le repos cardiaque est comprise entre 7 et 9. La différence entre les deux chiffres qui est la pression différentielle, varie de 4 à 7. Une tension supérieure à 16 n'est normale.

Normalement, la tension chez la femme est moins élevée. Les efforts augmentent de façon très notable la tension artérielle et elle peut atteindre, lors d'une épreuve sportive, des chiffres de 30 - 18 ; mais cette tension redescend rapidement à un chiffre normal chez le joueur en bon état de santé.

Les émotions, le surmenage intellectuel peuvent s'accompagner d'un effet hypertensif plus ou moins net, ainsi que le froid. La grossesse, la chaleur la diminuent légèrement. A signaler aussi que les chiffres peuvent varier selon l'état et le moment respiratoire, l'artère explorée, la pression atmosphérique. L'influence de ces multiples facteurs est souvent très difficile à éliminer de façon absolue.

L'HYPERTENSION ARTERIELLE, UN TROUBLE

L'hypertension artérielle peut être un symptôme d'une maladie qu'il s'agira de découvrir. Il peut s'agir aussi d'une maladie autonome à laquelle on ne trouve par d'origine et qui apparaît isolée. On l'appelle « maladie hypertensive » isolée. Elle est fréquente et augmente de fréquence avec l'âge. Elle frappe l'homme et la femme de la même façon. Dans un tiers des cas, on retrouve des antécédents familiaux d'hypertension artérielle.

Après un certain temps d'évolution de la maladie, on retrouve les lésions de complications de l'hypertension qui n'existaient pas avant : hypertrophie du ventricule gauche, atteinte rénale, cérébrale, etc.

Il faut souligner que les chercheurs fixent à 40 et même parfois plus tôt le début de la tension artérielle. Son apparition est lente et insidieuse. Elle est parfois accompagnée de malaises variés : crampes et engourdissement des doigts et orteils, étourdissements, vertiges, bourdonnements d'oreilles, maux de tête apparaissant le matin, situés à la partie arrière du crâne, vue trouble, etc. Seuls les médecins prennent le soin d'établir le diagnostic complet de l'hypertension et d'en chercher les causes pour fixer le traitement. L'hypertendu est vulnérable sur trois points : le cerveau, le rein, le coeur.

A rappeler qu'avec l'hypertension, le système nerveux est fréquemment touché, ce qui amène 20 à 25 % des malades hypertendus à succomber du fait de l'accident cérébral. Car, à part les signes déjà cités les spécialistes ajoutent les paralysies subites et passagères, les difficultés soudaines à parler qui sont des symptômes de plus grande gravité.

Concernant le rein, on signale qu'il est rarement touché à raison 10% environ. Les signes sont la présence d'albumine, de cylindres granuleux dans le culot urinaire. Le coeur est touché par la tension artérielle parce que l'hypertendu meurt dans la moitié des cas d'un accident cardiaque.

A ce dernier chapitre, on souligne que l'hypertension impose un travail accru au ventricule gauche, qui doit lutter contre la pression existant dans les artères. Deux signes témoignent de l'atteinte du coeur : les crises d'angine de poitrine, la gêne respiratoire. D'autres aspects particuliers de l'hypertension sont : l'hypertension qui apparaît avant 40 ans, l'hypertension des vieillards, l'hypertension de l'obèse et celle du diabétique.

HYPERTENSIONS NERVEUSES ET ACCIDENTS

L'évolution de l'hypertension artérielle est très variable d'un malade à l'autre. Elle est parfois tolérée sans aucun ennui pendant de nombreuses années, surtout chez la femme. Dans toutes ces formes, le repos physique et moral, les sédatifs nervins, le régime sans sel ont une action marquée, et peuvent faire tomber les chiffres à des taux normaux. Ces hypertensions sont fréquentes chez les femmes.

Les accidents nerveux de l'hypertension sont souvent très graves. Il y a des accidents sensoriels : surdité, troubles graves de l'équilibre, hémorragie rétinienne pouvant aboutir à l'atrophie optique et à la cécité. Ils sont moins fréquents que les accidents proprement neurologiques : hémorragie méningitique se traduisant par un coma léger avec maux de tête effroyables, l'hémorragie cérébrale et ramollissement cérébral qui donnent tous les deux un coma brutal et très grave. La mort est fréquente dans les deux cas et les séquelles presque constantes de types divers (hémiplégie ou paralysie d'une moitié du corps, gêne à la parole, troubles sensoriels et psychiques ).

En outre, il existe aussi des accidents rénaux qui sont plus tardifs, ainsi que des accidents cardiaques qui sont plus fréquents que d'autres et moins graves puisqu'ils sont sensibles au traitement.

Il existe aussi l'hypertension de la grossesse, l'hypertension d'origine endocrinienne due à une atteinte des glandes surrénales et l'hypertension intermittente qui sont des maladies où la poussée de la tension ne vient que par crises brusques.

TRAITEMENT DE L'HYPERTENSION

Le traitement de l'hypertension courante existe bel et bien. Il est constitué de l'hygiène de vie et régime alimentaire. Mais, l'un des moyens les plus sûrs et les plus commodes pour faire baisser une tension artérielle élevée est le repos prolongé au lit, dans le calme absolu. Et l'amélioration peut s'exercer en 1 ou 2 jours, ou demander une période de 2 semaines.

A noter que le repos absolu et prolongé au lit ne s'impose que devant une forte poussée hypertensive, une défaillance cardiaque. En règle générale, on se contente d'un repos modéré, simple diminution d'activités physiques, intellectuelle et génitale. Le tabac est interdit.

A ces traitements s'ajoute ce qu'on appelle les médicaments d'hypotenseurs, les sédatifs et autres connus par les médecins, y compris la chirurgie.

L'HYPOTENSION ARTERIELLE

Il y a hypotension artérielle lorsque la maximale descend au-dessous de 11 et la minimale est de 7. Toutefois, jusqu'à une tension de 10 - 6, la tension artérielle peut être considérée comme normale chez des sujets qui ne présentent aucun trouble. L'hypotension artérielle est beaucoup plus rare de l'hypertension, et elle correspond en général à une maladie.

Le traitement de l'hypotension artérielle dépend de la cause. Le médecin sait comment combattre l'hypotension et la traiter, qu'elle soit permanente ou autre.

En guise de conclusion, un médecin déclarait qu'à l'exception de quelques formes sévères ou malignes, l'hypertension artérielle est susceptible d'être tolérée longtemps, et que, dans nombre de cas, elle n'est pas la cause de la mort, celle-ci survenant comme chez des personnes normales, du fait d'une maladie intercurrente. Ce qui ne signifie pas qu'un traitement soit inutile.


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