Le Messager (Douala)

11 Juillet 2005

Cameroun: Alvine Ekotto Ebolo: La pionnière s'en est allée

opinion

Décédée le 13 juin dernier à Yaoundé à l'âge de 78 ans, la vénérable " pionnière " a été inhumée le 9 juillet au cimetière de Bonewonda à Douala, escortée par une foule nombreuse de personnalités dont Mme Haman Adam, ministre de l'Enseignement de base, représentant le personnel du chef de l'Etat, Paul Biya.

Mais l'assistance était surtout faite par ces nombreux parents, amis et autres anonymes qui, à travers des témoignages plein d'émotions, on bénéficié des grandes qualités humaines et intellectuelles de celle qu'on appelait alors affectueusement Sit'Alvine. Et ils étaient nombreux qui l'on côtoyée durant ses 54 ans de carrière professionnelle, politique et de vie familiale, spirituelle et associative. Il faut l'avoir connue et côtoyée pour se rendre compte que les nombreux témoignages développés dès le 7 juillet au Palais des congrès de Yaoundé où le Rdpc a tenu à rendre hommage, appuyé à l'une de ses cadres et militantes de la première heure. Surtout quand on sait que Alvine Ekoto s'est engagée dans l'Union camerounaise (Uc) de Ahmadou Ahidjo dès sa création et en dépit de certaines considérations de l'époque qui voulaient que les Duala soient hostiles à ce parti. Puis ce sera l'Unc et le Rdpc avec la même ferveur, le même dynamisme et le même engagement.

Son édifiant parcours et la richesse de son oeuvre lui voudront la présence du Premier ministre Ephraim Inoni et de nombreux membres du gouvernement à sa mise en bière à l'hôpital général de Yaoundé, la présence d'un représentant personnel du président Biya à ses obsèques à Douala et même des honneurs militaires à son inhumation. La Crtv dont elle était membre du Conseil d'administration pendant 7 ans a loué, à travers la voix de Francis Wete, le Dga, " la pertinence de ses analyses qui apportaient de la profondeur aux interventions de ces militantes de la liberté de parole " dont " l'éducation et la culture étaient les deux préoccupations majeures ".

Sa Majesté Din Dicka Akwa III a rendu un vibrant hommage à cette " brillante élite " que son canton a donné au Cameroun et qui, tout en évoluant à l'extérieur " n'a jamais cessé de fertiliser son terroir ". Le secrétaire général du ministre de l'Education de base a vu en elle " un monument de l'histoire de l'éducation au Cameroun ".

Après avoir égrené le long chapelet des qualités humaines et intellectuelles de la défunte, il a conclu qu'elle appartient " à la trame des grands esprits dont on dit qu'ils ne meurent pas ". Aussi, la porte parole de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (Alvf) dont elle était la présidente d'honneur a émis le voeu que la défunte leur laisse son parfum " afin que ses senteurs continuent de guider nos pas ". Le même parfum a été sollicité par les femmes de l'Eglise évangélique du Cameroun, notamment celles de la paroisse Briqueterie I dont elle était un des piliers. La grande dame qui a été inhumée samedi dernier au cimetière de Bonewonda (Akwa-Nord) laisse à ses héritiers, tant de sa famille que des différents organismes et cercles auxquels elle a appartenu un lourd héritage : la gestion de ses idées, de ses projets et surtout du patrimoine qu'elle laisse dont l'Ecole la Canne et le Coussinet de Mimboman à Yaoundé.

C'est à raison qu'elle a fait sien ce verset de Paul extrait de II Timothée 4-7 : " J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi ". La suite aux autres.

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