Brice Mbeze
13 Juillet 2005
La délivrance des visas porterait un coup à l'activité de ce secteur économique.
"On n'a pas l'impression que nous sommes déjà dans la haute saison. A cette période de l'année, les clients se bousculaient devant moi. Vous êtes la troisième personne que je reçois depuis le matin. Les consulats, en refusant de délivrer les visas aux gens qui veulent voyager nous rendent la vie dure. La saison est morte." Ces mots, pleins d'amertume et de rage, ont été extraits hier matin de la bouche de Paul Mandengue, le chef d'agence de Cap Evasion, une agence de voyage installée à Bonanjo. A brûle-pourpoint, l'homme indique que son secteur d'activité, jadis prospère à cette période de l'année, traverse une période difficile. La récession est due, selon lui, à un seul facteur : la politique de délivrance des visas dans les consulats. Il y a quelques années, les agences de voyage connaissaient le pic de leur activité pendant les vacances et la saison touristique dans le Grand Nord en novembre. Actuellement, ce n'est plus le cas. Les agences ont le profil bas.
A la délivrance parcimonieuse des visas pour l'espace Schengen, direction la plus prisée des Camerounais, se greffe un autre problème : celui de la cherté des billets d'avion. Cette filière comme chaque secteur d'affaires à ses codes et non-dits. Les nationaux, capables de voyager avec leur compagnie nationale et clients potentiels des agences de voyage locales n'obtiennent pas facilement les visas. Les étrangers- qui se recrutent dans les sociétés de la place- ont le même réflexe. Ils se dirigent vers les compagnies de leurs pays d'origine respectifs via les agences tenues par leurs compatriotes. Les grands groupes internationaux qui emploient une forte main d'oeuvre expatriée disposent même de leurs propres agences.
Le cri de désolation est poussé également par Richard Pepain Kameni, le directeur d'Elwiwa voyages, une autre agence située à Bonanjo. Ce responsable accuse le coup. " Pendant la haute saison, je pouvais vendre en un mois 15 billets d'avion sur les distances long courrier mais là, je ne vois plus rien venir. Les choses deviennent de plus en plus dures avec cette histoire de visas. De plus, le règlement des commissions par billet d'avion vendu prend beaucoup de temps ", se plaint-il. A Moabi voyages, une autre agence située à Bonanjo, la situation est vécue différemment. Ali Djanabou, le chef d'agence a plutôt le sourire aux lèvres. Même si elle reconnaît la " corrélation qui existe entre les visas et les départs " mais surtout l'action des agences pirates et clandestines parce que non agréées, cette sympathique dame reconnaît cependant que la structure qu'elle représente à Douala arrive quand même à vendre une " centaine de billets d'avion par mois toutes destinations confondues ". De bons résultats pour une agence de voyage locale. Rallou Petang, la directrice générale de Moabi Voyages pense que les agences ont une seule solution : le professionnalisme. Sa structure par exemple a imaginé une idée simple en ouvrant un bureau à l'aéroport pour l'assistance et l'émission des billets pour la gestion des cas urgents. L'affaire, à ses dires, mord. Les agences de voyages sont à l'image des compagnies aériennes. Les amateurs souffrent. Les professionnels respirent.
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